mardi 11 novembre 2014

A part

Hier, ma collègue Gégé, est venu présenter son bébé à l'école. J'avais déjà vu sa fille car Gégé est plus qu'une collègue, c'est une bonne copine, alors j'étais allée lui rendre visite pendant les vacances. On avait discuté accouchement et retour à la maison, et j'avais bien géré. Mais avec Gégé c'est pas pareil. Elle sait. Elle a été là pendant les années de galère. Et ça, ça change tout.

En revanche, cette séance de "présentations" au milieu de tous les collègues m'a filé un bourdon pas possible. Toute la discussion était centrée autour du bébé et de la joie (ou de la galère) d'être parent, et je me suis sentie malgré moi très seule.

Je les regardais tous, plaisanter, raconter les nuits trop courtes, les couches qui débordent, les dents et autres petits malheurs. Et au fur et à mesure, je me suis échappée. J'étais présente, physiquement, mais à l'intérieur, j'étais bien loin. Au pays des infertiles, dans un monde où l'on ne se plaint pas du bébé qui ne fait pas ses nuits.

Car même s'il parait que je vais bientôt être maman moi aussi, j'étais la seule autour de la table à avoir connu ce parcours du combattant. Et je me suis revue il y a un an. Si je n'avais pas eu la chance inouïe de tomber enceinte, ce pot de bienvenue aurait été un véritable calvaire. En rentrant, je me serais sans doute effondrée en larmes dans les bras de mon chéri.

Voilà ce qui me passait par la tête, en grignotant ma part de gâteau au chocolat et en sirotant mon jus de fruit.

Je sais que mon sort est enviable, je vous rassure, je suis la plus heureuse du monde. L'objectif de cet article n'est certainement pas de me plaindre, mais de comprendre. Pourquoi je n'arrive pas à passer à autre chose? Pourquoi mon parcours est-il toujours omniprésent dans ma tête? Pourquoi j'ai encore cette pointe d'amertume, de jalousie, en regardant mes collègues, tous si normaux...

Pourquoi j'ai encore du mal à croire que ça sera mon tour, dans quelques mois, de venir présenter ma Pâquerette?

L'infertilité, ça marque au fer rouge...

14 commentaires:

  1. Je suis comme toi. Infiniment heureuse. Je n'ai d'ailleurs pas les mots pour exprimer combien je suis heureuse... Mais j'ai toujours cette boule dans la gorge quand j'apprends que telle ou telle copine/connaissance/collègue est tombée enceinte... Ou quand j'entends qu'on se plaint de ses petits... Même si je sais qu'élever un enfant est tout sauf une tâche aidée, je me sens, comme toi, à côté. La PMA marque à vie... Bonne fin de grossesse à toi. Qu'elle soit douce et sereine...

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    1. Merci Lutine. Ça me rassure, je ne suis pas la seule dans ce cas...

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  2. Tellement compréhensible... je fais de même tu sais. Et c'est tellement "normal"... Des bises

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  3. Et ça ne va malheureusement sûrement pas s'arrêter tout de suite...

    Mon bonheur a bientôt un an... Je suis une maman heureuse et pourtant les annonces de + au c1 ou c2 et les questions indiscrètes et l'étalage de "chance", ben... ça passe toujours pas!

    Quand tu n'as pas le parcours classique (ie un + dans les 6 mois qui suivent l'arrêt de la pilule,un bébé 8 mois et demi + tard et un petit deuz 2 ou 3 ans après, si possible pas du même sexe!), ben tu réagis différemment...

    Profite de ton bonheur, savoure! Et essaie de ne pas faire cas de ce qui te gêne (je sais c'est pas toujours facile..)

    J'ai supprimé mon com car grosse faute d'ortho...

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    1. Merci Lauced pour ton gentil commentaire. :)

      Oui j'essaie de profiter un max, même quand la PMA me rattrape, mais c'est ponctuel...

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  4. Ton article résonne avec le mien :-)
    Oui, c'est normal, tu es et resteras une pmette. En plus, je ne sais pas si tu souhaites avoir plusieurs enfants, mais dans ce cas,tu sais que cette page n'est pas complètement tournée. Tu vas être maman, et tu en es heureuse, tout comme moi, c'est magique c'est vrai! Mais non, tu ne te sentiras jamais complètement normale dans un monde de fertiles. Et au moins, tu profites de chaque instant à fond, et ça ça n'a pas de prix. On croise tellement de monde qui se plaint de tout dans la vie, alors qu'ils ont tout ce qu'il faut pour être heureux. Le bonheur se choisit, et clairement, une pmette enceinte et maman voit les choses avec plus de recul que la plupart des mamans fertiles, et c'est tant mieux, c'est le petit bonus auquel on a droit. BIsous

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    1. Bien sûr qu'on souhaite faire une petit deuxième (au moins) et effectivement, tant qu'on n'y sera pas parvenus, la page ne sera pas tournée.
      Je fais déjà des calculs savants sur quand reprendre les essais, quand reprendre la PMA...

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  5. J'espère du fond du coeur que le jour où tu auras Pâquerette tout contre toi, la PMA ne sera plus qu'un "ancien" souvenir.
    Je ne pense pas que sa naissance fasse disparaitre toutes tes blessures mais j'espère vraiment qu'elle les apaisera.
    Des gros bisous Gribou.

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    1. Merci Boupe. Tu sais que je pense toujours fort à toi. <3

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  6. Ta douleur se taira quand tu auras pâquerette dans les bras mais tu ne l oublieras jamais on ne sort malheureusement pas indemne de la pma....quand d autres parleront bébé 2,3 et que toi tu voit s esquisser de nouveau un parcours du combattant pour y arriver: non tu n oublieras jamais la pma ça fait parti de toi mais ça permet aussivde mesurer davantage sa chance ♡

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    1. C'est exactement ça, tu as tout bien résumé. :)

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  7. ma poulette a 10 mois demain... et j'ai tjrs "en boucle" dans ma tête ce genre de choses... certainement parce que je me pose en ce moment la question du "comment ça va se passer pr un 2ème bébé?", "quand reprendre les essais?" etc etc...
    malgré tout, ta petite pâquerette apportera quand même bcp de douceur à ta vie pour t'aider à surmonter tout ça.
    Bises

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    1. Merci pour ton commentaire et profite bien de ta poulette. <3

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