jeudi 1 décembre 2016

Il a dit "oui"!

Sept mois que je ne suis pas repassée par ici. Même si mon blog m'a manqué, ça m'a fait du bien de faire une coupure avec le monde de l'infertilité. De ne plus me comporter en PMette, après tout, je n'en suis plus une, même si mon cerveau a parfois du mal à s'en rappeler. J'ai profité de ma fille, énormément. Et je me suis recentrée sur mon couple. L'été nous a enfin permis de nous retrouver. Pâquerette avait 18 mois, il était temps!

J'en ai profité pour regarder au fond de moi, et ce que j'ai vu ne m'a pas trop plu... Je n'aimais pas celle que j'étais devenue. En apparence toujours aimable et sociable. Au fond très amère et envieuse du bonheur des autres. Autant j'étais indulgente avec moi-même avant que mon petit miracle n'arrive, autant maintenant que ma fille était là, je n'avais plus le droit d'être si aigrie. Ça me bouffait la vie. Je n'arrivais pas à encaisser tout ce qui nous était arrivé. Le parcours, l'accouchement, le début de vie si compliqué de Pâquerette. J'ai décidé de faire un travail sur moi.

J'ai osé pousser la porte d'un psy, et je ne regrette pas. Ça m'a fait du bien d'avoir un regard extérieur sur mon parcours. "Vous avez quand même cumulé énormément, entre les difficultés pour tomber enceinte, l'accouchement, puis l'après. Vous avez failli perdre votre fille, mais vous avez failli y rester vous aussi. Pas étonnant que ça laisse des traces." Ça m'a apaisé d'entendre que mon ressenti était normal. Que quelqu'un comprenait et compatissait. Les quelques séances avec la psy m'ont également permis d'ouvrir les yeux sur ma relation fusionnelle avec Pâquerette. Mon parcours, ses hospitalisations, expliquent facilement que j'ai du mal à m'éloigner d'elle, que j'ai l'impression de "rater" des moments dès que je ne suis pas là. Mais je dois aussi la laisser grandir, et elle ne sera pas toujours auprès de moi!

Ce qui m'a fait avancer aussi, c'est de parler à ma gynéco de ville. C'était une des premières fois que j'avais un avis extérieur à l’hôpital, et elle a confirmé ce que je soupçonnais, à savoir que, oui, ils ont merdé. Non, je n'étais pas douillette, et oui j'avais dû souffrir énormément, c'était n'importe quoi de me laisser attendre près de 5h entre la dilatation complète et l'expulsion! Ça fait du bien de l'entendre dans la bouche d'un professionnel. Elle m'a conseillée pour un éventuel deuxième accouchement, et ça m'a redonné confiance.

Et puis, une de mes amies est tombée enceinte. C'était la première depuis que j'avais donné naissance à ma poulette. J'ai un peu accusé le coup je l'avoue, mais ça n'a pas été aussi difficile que je le pensais. Puis une autre. J’appréhendais un peu le premier repas entre amis avec elle. Et finalement ça c'est très bien passé, j'ai réussi à m'intéresser à sa grossesse sans arrières pensées. J'étais même sincèrement heureuse pour elle, une nouveauté! La troisième annonce est tombée la semaine dernière. Les larmes sont justes montées un peu, par habitude sans doute, mais j'ai ravalé, et félicité. Et depuis, pouf, je n'y ai même pas repensé. Je commence à être rodée!

Je vais mieux, et, même si on n'oublie jamais, j'y pense moins, la douleur s'est atténuée. J'arrive à être moins jalouse des filles qui tombent enceintes en quelques mois, des accouchements de rêve, des nouveaux-nés qui dorment... J'ai avancé, et je suis fière de moi. 

Dans le même temps, Pâquerette a poussé comme un champignon. Elle marche, elle court, elle parle de plus en plus, et fait tellement grande fille! On a rangé le parc depuis bien longtemps, puis la chaise haute, et maintenant on ne sort presque plus la poussette. Mon bébé est devenu une petite fille de bientôt 2 ans au caractère bien décidé. 

Et l'envie d'un petit deuxième est revenue. Il y a quelques mois encore, je n'étais pas prête à repartir au combat, mais je sens aujourd'hui que le bon moment approche. Chéri avait lâché du lest il y a 6 mois, en acceptant que j'arrête la pilule (sachant très bien qu'il ne prenait pas beaucoup de risques!) mais refusait depuis d'entendre parler de FIV et compagnie. Il n'était pas encore prêt. Et puis, la semaine dernière, j'ai retenté ma chance...

... et il a dit "oui"!!!

Oui pour une reprise de la PMA à la rentrée prochaine, si pas de petit miracle d'ici là... J'ai même réussi à négocier qu'on reprenne rdv en mai/juin, pour se remettre dans le bain tranquillement, pouvoir caler les examens dans l'été, et programmer une FIV dès septembre. Alors oui, c'est dans plus de 6 mois et nous n'y sommes pas encore, mais enfin on est sur la même longueur d'ondes tous les deux, et ça me soulage d'un immense poids. J'avais tellement peur qu'il me fasse attendre de longs mois encore... c'est pas comme si mes ovaires étaient de première jeunesse!

Donc il nous reste à profiter de la vie avec notre poulette, de nos vacances, et nous retournerons tranquillement au combat à la rentrée. Je ne manquerai pas de repasser par ici pour vous donner des nouvelles.

Je pense bien à vous toutes, et particulièrement à celles qui sont encore en train de se battre avec cette saleté de cigogne. 

mercredi 4 mai 2016

Pause

J'avais dit...
... que je ne serai pas de celles qui ne vivent qu'à travers leur enfant.
... que je veillerai à ce que mon homme prenne sa place de père.
... que je ne laisserai pas mon couple de côté.
... que je ne m'oublierai pas, moi non plus.

Et puis je suis devenue mère. 

J'ai découvert l'amour fou, inconditionnel. Ma fille, c'est ma vie. Je m'extasie du moindre de ses progrès, m'inquiète du moindre de ses pleurs. Quand elle est heureuse, je le suis aussi. Quand elle souffre, je souffre avec elle. Nous sommes très fusionnelles, et c'est parfois dur pour mon homme de trouver sa place. Petit à petit, il parvient à prendre son rôle de père, mais c'est un travail de tous les instants de construire notre famille.

J'ai découvert ce que c'était d'être une maman active. De ne pas avoir une minute pour se poser. M'occuper de ma fille est un réel plaisir, et je passe beaucoup de temps à jouer avec elle. Mais pendant ce temps-là, le ménage, les lessives, les papiers, ne se font pas tout seuls. Donc dès qu'elle dort, qu'elle s'occupe toute seule, ou qu'elle joue avec son papa, j’enchaîne le plus efficacement possible les corvées. Ça devient compliqué de se dégager du temps pour s'habiller, se maquiller, s'épiler. Pour être féminine, il me faudrait une 25ème heure à mes journées! Pas facile dans ces conditions d’entretenir la flamme... 

J'ai découvert la fatigue, la vraie. Non parce qu'avant j'ignorais tout simplement ce qu'était la fatigue. Parce qu'on n'arrête jamais. De 6h15 à 23h. Jamais! Et le couple en pâtit forcément. On s'aime, mais on n'a pas le temps, ni l'énergie de se le montrer. En semaine, la soirée "entre adultes" commence à 20h15, quand Pâquerette est couchée. On se nourrit de ce qu'on trouve dans le frigo, on parle un peu de notre journée, et à 21h on s'écroule littéralement de fatigue devant la télé, ou directement dans le lit. 

Mais j'avais dit aussi...
... que jamais je ne la laisserai pleurer. 
... que ma fille passerai avant le boulot.
... que je savourerai chaque instant.

Et ça, je réussi à le faire tous les jours. Notre petite puce est très souriante et épanouie, malgré les misères qu'elle a pu subir, et je me félicite de m'être fait confiance, de l'avoir beaucoup portée en écharpe, de l'avoir bercée des heures durant, de l'avoir câlinée chaque fois qu'elle en avait besoin.

Je suis parvenue à m'organiser différemment pour ne travailler qu'à l'école, ou presque. Ce qui fait que quand je rentre à la maison, je suis disponible à 100% pour Pâquerette. Je ne me laisse plus polluer l'esprit par les problèmes du boulot, quand je suis avec ma fille, j'y suis pleinement, je profite de chaque moment. En semaine, je consacre mes soirées à jouer avec elle. Éventuellement je lance une machine, fait un brin de rangement si elle s'occupe seule, mais si elle réclame des histoires, des chansons, j'arrête tout pour m'occuper d'elle. Elle est ma priorité. Le ménage laisse à désirer, c'est vrai, mais tant pis! Elle ne restera pas petite tout le temps, et j'aurai bien le temps d'astiquer ma salle de bain quand elle aura 15 ans, et qu'elle me dira de lui lâcher les baskets!

Je n'ai pas respecté toutes les promesses que je m'étais faites, mais je trouve que j'ai tenu parole sur l'essentiel : rendre mon bébé heureux. Elle est devenue une petite fille de bientôt 15 mois, joyeuse et pleine de vie, qui rit aux éclats et fait le clown. Notre rayon de soleil.

***
Tout va bien dans nos vies aujourd'hui, et je pense qu'il est peut-être le temps de marquer une pause sur ce blog.

Bien sûr, je reviendrai. Bien sûr, j'aimerais donner un petit frère ou une petite sœur à Pâquerette.

Pour tout vous dire, avant d'accoucher, j'étais fermement décidée à ne pas reprendre la pilule après. Histoire de nous donner une chance, même si elle était infime, de concevoir naturellement. J'avais dans l'idée de laisser passer une petite année. Mais j'étais persuadée qu'il nous faudrait repasser par la PMA, et je ne voulais pas trop tarder. Pour que cette parenthèse douloureuse de notre histoire soit vite refermée. Car pour l'instant, je la considère encore comme ouverte. L'ombre de la PMA plane toujours au-dessus de ma tête.

Puis la naissance tumultueuse de notre fille, son passage en néonat, ses soucis de santé à répétition ont changé la donne. Mon homme a été traumatisé, pour lui c'était hors de question d'envisager un autre bébé tout de suite. Je me suis rangée à son avis, j'ai attendu quelques mois. Je pensais que ça pouvait aussi être bénéfique pour notre couple, qui avait été bien malmené. Prendre un peu de temps pour se retrouver avant de se lancer à nouveau dans l'aventure ne pouvait que nous faire du bien.

15 mois déjà se sont écoulés. Mon homme n'est toujours pas prêt. Quant à moi, je me suis habituée à une vie ou personne ne vous demande d'écarter les jambes pour un oui pour un non. Et j'apprécie! Du coup, j'ai encore moins envie de retourner en PMA. En même temps, je ne perd pas de vue mon insuffisance ovarienne, et mes 30 ans qui vont arriver cette année. Nous n'avons pas non plus un temps infini devant nous si nous voulons que d'éventuelles FIV fonctionnent à nouveau. Et peut-être même que ça ne remarchera jamais.

Dans 1 an? Dans 2 ans? Dans tous les cas je repasserai par ici, c'est sûr, pour vous raconter la suite de l'histoire.

En attendant, je ne vous oublie pas. Je vous remercie pour ces années de soutien, pour ces mots si doux quand j'étais au plus bas. Et pour celles qui attendent encore leur tour, je croise les doigts.

samedi 16 avril 2016

Plouf

1 an!

1 an avant le prochain rdv à l’hôpital!
Quand le chirurgien nous a annoncé ça mardi, je lui aurait volontiers sauté au cou! 
La cicatrisation de Pâquerette se passe bien, il n'y a pas de risques de récidives de l'hémangiome puisque qu'il a été retiré à 99%. A priori, on peut dire que cet épisode est vraiment derrière nous. Cette galère aura quand même duré 10 mois (avec une petite pause au milieu) alors on n'est pas mécontents d'en sortir.

Nous avons repris une vie normale. Plus de médicaments du tout. Plus de pansement à changer tous les jours, et ça c'est un vrai soulagement car j'en étais arrivée à redouter ce moment. Plus de stress à l'idée de toucher son hémangiome ou sa cicatrice, plus de peur de lui faire mal en la portant, en la posant...

Pâquerette n'a jamais été aussi souriante. Aussi apaisée. Elle passe son temps à papoter et à se marrer toute seule. En en bonus, depuis quelques jours, elle a redécouvert les joies du bain et s'éclate à éclabousser partout.

On revit!

mardi 22 mars 2016

1 mois plus tard

Déjà un mois que ne ne suis pas repassée par ici! Il y a eu pourtant des rebondissements après le retrait des points de suture. La cicatrice de Pâquerette s'est rouverte à un endroit. Puis à un autre... Bien sûr, rien d'aussi grave que la première fois, quand les fils avaient lâchés, mais quand même. On n'en pouvait plus. A chaque changement de pansement, je craignais la mauvaise surprise. Et puis, enfin, la cicatrice a commencé à se refermer. Vraiment. Depuis une dizaine de jours, les infirmières ne passent plus, j'ai pris le relais pour les pansements. Notre petite fille n'a jamais été aussi souriante et épanouie, et à nouveau je me dis que si on avait su, on l'aurait opérée plus tôt...

... à 4 mois, quand son hémangiome à commencé à s'ulcérer. Il était moins gros à l'époque, et Pâquerette bougeait très peu, la cicatrice ne se serait sans doute pas rouverte. On aurait évité une deuxième intervention. Des mois de bêtabloquants pour rien. Et on lui aurait épargné bien des souffrances. Quand je vois comment elle est heureuse maintenant, je me dis que cet hémangiome devait quand même bien lui gâcher la vie! Mais on ne savait pas, le chirurgien n'avait même pas évoqué cette possibilité. Et on ne pouvait pas prédire ce qui allait arriver. La plupart des hémangiomes ne s'ulcèrent pas. Ceux qui le font se résorbent sous l'effet des médicaments. Mais nous, on ne fait jamais comme tout le monde...

Bref, je ne le dis pas trop fort, mais aujourd'hui tout va bien.

A un tout petit détail près. La fragile peau de Pâquerette ne supporte plus du tout les pansements, et elle fait des réactions de plus en plus spectaculaires et de plus en plus étendues. Ça la gratte énormément, et plus elle se gratte, pire c'est! On a tout tenté, mais là ce n'est plus possible. On ne pouvait pas attendre le rdv à l’hôpital du mois prochain, alors on y retourne vendredi pour faire un point. Peut-être que le chirurgien va nous autoriser à arrêter les pansements? Ça serait le bonheur... des mois qu'on attend ça...