mercredi 6 février 2019

4 ans

Ma fille. Si petite, et si grande à la fois. 

Si sensible, à fleur de peau, tu vis tes émotions puissance mille, ce qui génère parfois pleurs et incompréhensions. Il nous faut être très attentifs à tout ce que tu vois, et tout ce que tu entends. Car rien ne t'échappe! Tu ressens nos doutes, nos failles. Tu détectes immédiatement une intonation différente dans nos voix, le moindre froncement de sourcil, la moindre émotion qui passe sur nos visages. "Maman, tu es fâchée?".

Réservée, de nature inquiète, tu as besoin d'observer longtemps un environnement nouveau, des personnes inconnues, avant de te sentir à l'aise. Dans les situations nouvelles, surtout en présence d'enfants, tu te fais très discrète, et l'on ne t’entend plus du tout. Au contraire, quand tu es à l'aise, tu es un vrai moulin à paroles qui nous abreuve de "pourquoi?". Ta soif d'apprendre est intarissable, et tu te passionnes pour les livres, en particulier les documentaires. Le corps humain, les dinosaures... tu veux tout comprendre.

A l'école, tu écoutes tout, tu t’intéresses, tu participes volontiers aux activités, et tu épates la maîtresse. Même si elle entend peu le son de ta voix... La récréation est source de stress pour toi. Trop d'enfants, de bruits, de mouvement. Tu te mets en retrait, et joue beaucoup seule, réfugiée dans ton imaginaire. Il te faut encore du temps pour appréhender ce nouvel environnement.

Toujours en train de te poser des questions, tu es facilement angoissée, particulièrement au moment du coucher. Tu as du mal à lâcher prise, à te laisser aller. "Je n'aime pas dormir." Le sommeil ne t’intéresse pas, pour toi c'est comme aller faire pipi : une perte de temps! Il y a tant de choses à faire et à voir! D'ailleurs à la maison, tu ne fais plus de siestes depuis un an déjà.

Ton imagination débordante fait vivre des aventures fantastiques à tes Duplos, Playmobils, figurines d'animaux en tout genre. Tu es souvent demandeuse pour qu'on joue avec toi mais tu passes aussi de longs moment seule, absorbée avec tes jouets, à inventer des scénarios infinis... Que nous avons parfois l'audace d'interrompre pour un motif tout à fait futile, comme venir dîner ou aller se brosser les dents. "Mais Maman, j'ai pas fini mon histoire!"

Bavarde, avec un vocabulaire impressionnant (chipé dans les livres), tu commentes en permanence le monde qui t'entoure, ce qui est parfois fatigant pour tes parents. Calme et concentrée, tu peux passer de longs moments à t'adonner à tes passions. Le dessin, les puzzles... Tu es minutieuse et appliquée, parfois trop, car le moindre grain de sable peut provoquer colère ou crises de larmes, en particulier si tu es fatiguée. Râleuse, tu accuses facilement le feutre ou la pièce de puzzle de ne pas vouloir t'obéir.

Pétillante, tu aimes chanter, danser, faire la fofolle. Tu apportes tellement de gaieté dans la maison, avec ton énergie à toute épreuve, ton enthousiasme, ton imagination exubérante, tes jouets qui traînent partout... Affectueuse, tu demandes beaucoup de câlins, ce qui convient bien à maman, qui a du mal, c'est vrai, à couper le cordon. 

Tu es mon bébé, tu es ma grande fille. Tu es mon rayon de soleil. 

Aujourd'hui tu as 4 ans. Joyeux Anniversaire mon poussin.



samedi 2 février 2019

Taux < 2

C'est clair, c'est net, c'est tranchant.

Et ça fait mal.



jeudi 31 janvier 2019

De mauvaise augure

Jusque là, je n'ai pas du tout abordé ce transfert comme les autres. D'emblée, j'ai été plus sereine, plus confiante, plus positive. 

Etre positive, c'est bien. Mais point trop n'en faut. Car petit à petit, je me suis mise à me bercer de doux rêve... c'est bien les rêves, c'est confortable, c'est moelleux. Mais c'est dur d'en redescendre! 

Il faut dire que mon corps s'y est mis aussi. Les seins comme des obus, c'est classique avec la progestérone. Mais là j'avais (j'ai) l'impression que c'est plus que d'habitude. Ils sont très douloureux et j'ai même vu apparaître 2 veines bleues... J'ai le bide très gonflé, en particulier le soir où je dois déboutonner mon bouton de pantalon. Et malgré moi je me suis mise à poser la main de plus en plus  souvent sur ce petit ventre, à prendre des postures de femme enceinte pour me baisser, me pencher. C'est ridicule je sais. Mais j'avais vraiment l'impression que mon ventre travaillait. J'avais envie d'y croire. 

A tel point que j'ai même lâché la bride à mon cerveau, qui s'est mis à vagabonder, à calculer des dates, à imaginer des annonces, à se projeter... Quelle idée! D'habitude j'arrive à peu près à le faire taire, et à ne surtout, surtout pas penser au but de tout ça.  

J'avoue, en me couchant hier soir j'étais hyper positive. J'y ai cru. 

Et puis, dans la nuit, paf, transpiration excessive, qui est mon SPM par excellence. Et puis des "douleurs" dans le ventre qui ressemblent à des règles. Evidemment elles ne peuvent pas débarquer, bloquées qu'elles sont par la progestérone, mais ça couve.

Pour Pâquerette, pour Polochon, je n'avais pas eu ce SPM de malheur.

Par contre, pour mon TEC1 raté en mars dernier oui.

Ça sent le roussit.

Adieu les rêves, bonjour la réalité. Ça fait mal la réalité. 

mardi 29 janvier 2019

Maurice

Vendredi après-midi, le labo m'a fait une petite blagounette en me téléphonant à 14h (en pleine classe quoi). Quand j'ai vu le numéro de la PMA à la récré, mon sang n'a fait qu'un tour. C'est sûr, Maurice n'avait pas survécu. Sinon, pourquoi ils m'appelleraient? Alors qu'il était prévu, comme d'habitude, que nous, nous appelions le labo le matin du transfert?

Quand ils m'ont rappelée, je pleurais déjà de l'intérieur...
- Allo Mme Gribouillette? 
- Oui.
- C'est Mme Trucmuche du laboratoire de FIV.
- Oui. (Je me liquéfie... c'est sûr il est arrivé malheur à Maurice.)
- Vous deviez appeler demain matin en vu d'un transfert d'embryon dans la journée?
- Oui. (Bon, arrête de faire durer le plaisir, dis-le qu'il n'a pas survécu à la décongélation!)
- Et bien ça ne sera pas la peine d’appeler...
- ... (C'est ça, mon Maurice est mort avant même d'avoir eu sa chance...)
- Vous devez vous présenter directement à 9h15 au bureau des sage-femmes.
- ...
- Votre embryon s'est bien décongelé.
- D'accord. (Mais tu pouvais pas le dire plus tôt? J'ai failli faire un infarctus, moi!)

C'est donc avec bonheur nous sommes allés chercher notre petit Maurice. Il a été transféré vers 9h30 samedi matin, et depuis... l'attente a commencé. J'essaie de faire les choses bien. Je pense positif, je n'ai pas été relire les (mauvais) stats sur les TEC. Je me ménage autant que possible (autant que possible avec une Pâquerette de presque 4 ans à la maison, et 24 monstres à l'école...), j'essaie de me coucher tôt, de rester zen, de ne pas crier après mes élèves, et j'ai ressorti mon auto-hypnose, qui fonctionne toujours pour me calmer.

Je me prends parfois à espérer, à croire à de pseudos signes... Puis après je retombe sur Terre, en me disant qu'il y a quand même peu de chances. Et que les signes, sous progestérone, ça ne veut rien dire du tout...

Bref, vous connaissez,  ces jours si particuliers où on se sent tantôt presque enceinte, tantôt au fond du gouffre tellement on n'y croit plus.

Prise de sang samedi prochain...

mercredi 23 janvier 2019

Allo?

J'avais oublié à quel point faire une FIV, et même un simple TEC, pouvait être chronophage. Le temps passé au téléphone ou à faire de la paperasse...

Et c'est décuplé quand je fais le suivi à côté de chez moi. Quand je vais à la PMA, pas de rdv à prendre, on vient à l'heure des monitos pis c'est tout. Généralement, lors des FIV, à la 2ème semaine de piqûres je suis en arrêt, donc pas de justificatifs à donner à l'école. C'est simple.

Par contre quand je vais à la ville du coin, c'est beaucoup plus compliqué. Je dois appeler pour prendre rdv à la dernière minute, mais généralement les cabinets d'échos sont blindés, donc je tente 1, puis 2, puis 3 cabinets différents. Qui ne répondent pas. Donc je rappelle encore. Le stress.
Faut que je remplisse une demande d'autorisation d'absence que j'envoie par mail à la secrétaire de ma circo (et oui dans l’éducation nationale, on ne peut pas prendre sa matinée...). Que je pense à demander un justificatif au cabinet d'écho. Mais comme j'ai 2 neurones, j'oublie de le demander, donc je dois les rappeler pour le réclamer. Attendre qu'ils me l'envoient, puis le mailer à nouveau à ma secrétaire. Et ça à chaque absence. Rappeler le centre de prélèvement car ils ont oublié de faxer les résultats à la PMA. Finir par envoyer moi-même les sérologies faites il y a presque 1 mois, car la PMA ne les a jamais reçues malgré mes relances auprès de la secrétaire... Et surtout réussir à joindre tout ce petit monde à des moments les plus inopportuns, genre pendant la récré, qui ne dure pas des heures... le stress.

Heureusement, tout ça se termine, ma dernière échographie était hier. Mon utérus est prêt à accueillir notre dernier petit blasto et j'ai commencé avec joie l'Utrogestan. Si tout va bien, le transfert est prévu pour samedi en fin de matinée. Nous avons donc casé Pâquerette chez Mamie (les deux en sont enchantées...) et sommes fin prêts.

Dernière étape : le coup de fil au labo samedi matin pour savoir si notre petit findus a survécu à la décongélation. Croisons les doigts...

Pour finir notre saga "poissons", commencée avec Polochon (qui s'est fait la malle) et Nemo (qui ne s'est pas accroché) j'ai décidé de l'appeler Maurice, comme le poisson rouge de la pub, vous savez.
J'adore cette pub!

Allez Maurice, accroche-toi, on vient te chercher!

lundi 14 janvier 2019

Le bleu

Combien j'ai pu me faire de piqûres dans ma "carrière" de PMette? Faudrait que je compte tiens, pour voir. 38 rien que pour la dernière FIV, alors en tout... plus de 100 c'est sûr. 150? Plus peut-être? J'ai bien eu quelques bleus, de temps en temps mais des petits, assez clairs...


C'est bien la première fois que j'ai un énorme bleu violet, genre de 3cm de diamètre! Me demande comment j'ai réussi à me faire ça avec l'aiguille du Puregon, qui est quand même hyper fine...
Bref, j'ai commencé les injections pour TEC2 bis depuis 4 jours. Et bien c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas!


jeudi 10 janvier 2019

C'est le jour 1, celui qu'on retient...

Après avoir fait durer le plaisir, mes règles sont arrivées en fanfare hier matin. Et j'ai chanté Louane toute la journée...
En route pour le TEC2 bis! C'est parti pour la valse des piqûres, des cachets, des échos, des prises de sang, des coups de fil pour organiser tout ça, des demandes d'autorisation d'absence à envoyer au boulot, puis les justifs...

La semaine prochaine s'annonce chargée. Mon homme est en déplacement du lundi au samedi, et en plus de gérer le quotidien seule, je dois caser une réunion, un rdv plombier, un rdv important pour Pâquerette au CHU, les monitos pour le TEC... bref je ne vais pas m'ennuyer!
Faut pas que le stress vient s'en mêler car j'ai déjà recommencé à palpiter... depuis que j'ai retrouvé mes chers élèves en fait. Il faut donc que je respiiiire et que je me calme.

Mon homme n'étant pas là, je vais devoir la jouer fine pour me piquer entre 18h et 20h (la fameuse heure du tunnel bain/repas/coucher) Reprise de l'école oblige, Pâquerette est un vrai pot de colle en ce moment, elle s'est remise à me poursuivre même dans les toilettes. Et à l'aube de ses 4 ans, je ne peux plus autant la gruger que quand elle avait 2 ans 3/4...

Hop hop hop, on y va, on se motive!

dimanche 30 décembre 2018

L'heure du bilan

En 2018, il y a eu:

La grosse récidive de la maladie de Pâquerette. Celle qu'on redoutait depuis le diagnostique de son arthrite juvénile 6 mois plus tôt. Une des épreuves les plus difficiles de ma vie.

La sciatique de mon homme devenue hernie discale, l'opération qui n'a pas été une réussite puisque des mois après, ils souffre toujours.

L'annonce du côté "génétique" de la maladie de mon homme.

Un décès tragique dans l'entourage proche, qui nous a bien chamboulés.

Un TEC foiré, et un TEC annulé pour cause de pétage de câble.

Un burn-out à l'école, des pleurs en salle des maîtres.


Mais aussi:

Le soutien des collègues, des amis, de la famille à travers ces épreuves.

Notre couple qui tient bon contre vents et marées.

Notre Pâquerette heureuse, une rentrée en petite section réussie, des parties de cache-cache et de chatouilles, des rires et des câlins à gogo.


Et en 2019...

Peut-être un espacement des piqûres pour Pâquerette?
Sans doute un changement d'école pour moi...
J'espère moins de douleurs pour mon homme.
Et pourquoi pas une belle surprise?

Tout est possible... alors wait and see...

dimanche 16 décembre 2018

Rêve de gosse

Les fêtes approchant, c'est plus facile de mettre de côté ma tristesse et ma colère. Comment être en colère quand on a déjà la chance d'avoir une merveilleuse petite fille à gâter? Comment être triste en voyant ses yeux s'illuminer rien qu'à l'évocation du Père Noël? Son enthousiasme à décorer la maison, le sapin, à compter les jours sur le calendrier de l'Avent, à fabriquer des décorations en pâte à sel et des cartes de vœux par milliers?


Non, c'est impossible, alors pour quelques jours, quelques semaines, je vais mettre les pensées négatives de côté pour profiter à fond de ces beaux moments. Je suis tellement impatiente qu'elle ouvre ses cadeaux, enfin surtout LE cadeau. Celui qui m'a demandé des heures de boulot, mais que j'ai adoré lui préparer... LE cadeau dont je rêvais gamine. Des heures de jeu en perspective... et pour maman aussi! 


Bonnes fêtes à toutes.

mercredi 5 décembre 2018

On prend les mêmes et on recommence

Ayant eu l'idée lumineuse d'arrêter ma pilule pendant les fêtes, il y a bientôt 8 ans, le nouvel an a longtemps été un cap difficile à passer. Chaque année supplémentaire m'éloignait de ce bébé tant désiré, et je m'étais mise à détester le réveillon du 31 décembre. Ces paillettes, cette joie obligatoire, ces vœux de bonne année, qui ne se réalisaient jamais...

Puis Pâquerette, mon rayon de soleil, est arrivée, et le nouvel an, soudain, est devenu beaucoup plus doux. Je me rappelle du premier réveillon où elle était là, avec nous. Après les embrassades de rigueur au salon, je suis allé la regarder dormir, dans son lit parapluie. J'ai caressé sa petite joue et j'ai remercié la vie, la science, de m'avoir apporté ce bonheur.

Mais l'année dernière, à nouveau, les larmes se sont invitées au réveillon. On avait diagnostiqué la maladie de Pâquerette, et je venais de faire ma fausse-couche. 2017 se terminait bien tristement. Fin décembre, c'était encore trop frais pour que je passe une bonne soirée au milieu des amis de mon homme, de leurs femmes, et du bébé tout neuf de l'une d'entre elle. Alors j'ai enfilé mon masque et j'ai souri toute la soirée, incapable de penser à autre chose qu'à la santé de ma puce et à nos espoirs partis en fumée. A minuit j'ai peiné à retenir mes larmes...

Cette année, malgré mes tentatives pour esquiver, nous fêterons la nouvelle année avec les mêmes amis, au même endroit. Et à nouveau, j'ai pas envie, et à nouveau j'appréhende. Parce que l'année 2018 a été bien pourrie, entre la récidive de Pâquerette, les mois de douleur pour elle, d'inquiétudes pour nous, l'hernie discale de mon homme qui le fait souffrir depuis des mois et l'annonce du côté "incurable" de sa maladie chronique. Je trouve qu'on a beaucoup cumulé, alors j'espère que personne ne va lancer une discussion "bilan de l'année écoulée" car ça va être difficile de garder le sourire... et en même temps j'aimerais tellement que quelqu'un me demande comment je vais, vraiment... mais pas le soir du réveillon! C'est pas le moment de pleurer et de gâcher la fête!

Le coup de grâce est tombé il y a quelques semaines déjà. C. est enceinte de son deuxième. Son premier a le même âge que Pâquerette. Je ne lui ai même pas envoyé de texto, c'était au dessus de mes forces. C'est mon homme qui s'est chargé d'un message de félicitations de la part de nous deux. Je ne l'ai pas revue depuis, je vais découvrir son ventre au réveillon. J'appréhende.

J'appréhende les remarques maladroites. Ça fait une petite année qu'elle avait arrêté la pilule, j'espère ne pas avoir droit aux "J'ai arrêté d'y penser." et autre "J'étais plus détendue, c'est pour ça que ça a marché..." J'espère qu'elle ne râlera pas qu'elle ne peut pas manger de saumon fumé à cause de la toxoplasmose. J'espère ne pas avoir droit à des détails à la guimauve, sur comment elle l'a annoncé au papa. Ni aux conversations sur les préférences filles/garçons... j'espère presque qu'on n’abordera même pas le sujet de sa grossesse. Comme si c'était possible... Comme si je pouvais empêcher les gens de vivre! D'être heureux!

Comment peut-on être jalouse à ce point? Je ne suis pas très fière de moi, mais c'est ce que je ressens... Je ne suis que tristesse et colère. A tel point que je pourrais réagir un peu trop vivement à la première phrase à la con. Et c'est pas ce que je veux.

Bref, vivement que ce réveillon soit passé, et qu'on soit le 2 janvier... L'année écoulée a été tellement difficile, que 2019 ne pourra qu'être meilleure, non?

jeudi 29 novembre 2018

TEC en préparation

Aujourd'hui, j'ai rempli le calendrier de l'Avent pour Pâquerette... elle compte déjà depuis une semaine les jours qui la séparent du 1er décembre, le mois de Noël! Elle a des étoiles dans les yeux rien qu'à prononcer ce mot magique, et j'ai hâte de pouvoir l'emmener se promener dans les rues illuminées. Pour patienter, nous avons commencé nos fabrications de cartes de vœux pour les grand-parents, la maîtresse, la nounou, les copines. Et on décore la maison ce week-end, en attendant d'aller chercher le sapin, un peu plus tard.

Au milieu de tous ces préparatifs festifs, c'est tout aussi motivée que je prépare mon TEC2 bis de la FIV1 de ce nouveau parcours (ouais, faut suivre!) Je suis allée commander à la pharmacie tout le nécessaire, et suis repartie bien chargée. Notre bac à légumes n'est plus rempli de légumes mais bien de boites de Puregon, Ovitrelle, sans compter l'Humira de Pâquerette... famille piqûres bonjour!

Alors, voici le programme : 

Dès maintenant, je prends de la vitamine E (Toco) et (nouveauté!) un médicament pour l'hypertension (Icaz). Ce dernier me plait moyennement surtout qu'elle m'a dit que ça pouvait coller des effets secondaires. Mais bon, comme c'est censé aider, j'obéis sagement. Je vais quand même demander à ma généraliste ce qu'elle en pense, étant donné mes antécédents (tachycardie, extrasystoles...)

Entre J8 et J20, je vais passer mon examen bactériologique près de chez moi, une grande première ça aussi, et c'est chouette de ne pas avoir à courir à Grande Ville (3h aller/retour...). Le rdv est déjà pris, j'ai essayé de prendre en plein milieu, vers le probable J14 donc, ça tombe juste avant Noël, j'espère que mes règles ne me feront pas de blagues.
Nous devons aussi refaire nos sérologies qui remontent à plus d'un an, penser à remplir et renvoyer les consentements...

Quand mes règles de janvier débarquent, les choses sérieuses commencent! 
Je dois débuter le Kardegic et l'acide folique à J1, le Puregon à J3, et me dépêcher de prendre rdv au cabinet d'échographies pour J10. Vous connaissez la suite, j'appelle la PMA, qui me donne la marche à suivre, jusqu'à ce qu'on déclenche avec Ovitrelle

Puisque pas de blocage d'ovulation, pas de Décapeptyl, et donc pas de seringues et de manipulations, youhou! Seulement des stylos tout mignons. Et comme le but est juste de préparer mon corps au transfert, je vais avoir des mini-doses de Puregon (75 UI, alors que je monte à 450 UI pour mes FIV) donc je ne devrais pas avoir trop d'effets secondaires. 

Reste à ne pas oublier de médicaments. Autant les piqûres, ça s'oublie pas, et généralement on se rappelle les avoir faites, autant les cachets à avaler à la chaîne le matin... comment dire... faut être réveillée!

vendredi 16 novembre 2018

Le jeudi, c'est pédiatrie

Cet été, les injections avec l'infirmier à domicile étaient devenues un véritable enfer. Pâquerette angoissait des jours à l'avance, me demandant à chaque réveil si c'était aujourd'hui la piqûre. Le jour J, elle guettait la voiture par la fenêtre, se sauvait en courant dès qu'il passait la porte, hurlait, se débattait sur mes genoux, et pleurait ensuite pendant de longues, très longues minutes. C'était un vrai calvaire pour moi aussi, et un jour la pression était telle que j'ai fini en larmes devant l'infirmier qui n'en menait pas large... 

Ça a été le déclic. Il fallait changer ça, on ne pouvait plus supporter cette situation pendant des mois encore. Inutile de dire que j'avais déjà testé tout se qu'on pouvait tester : les patchs soit-disant anesthésiants, le doudou bien sûr, la sucette en récompense, le dessin animé pour détourner l'attention... plus rien ne fonctionnait. J'ai essayé de me tourner vers l'hypnose, mais Pâquerette étant trop petite, je me suis faite refouler.

C'est donc la mort dans l'âme que j'ai rappelé le service pédiatrie du CHU. Je ne sautais pas de joie à l'idée de passer un jeudi après-midi sur deux à l’hôpital, me rappelant très bien de ce couloir d'attente dans lequel j'ai passé des heures avec Pâquerette quand elle était bébé. Mais je me suis dis que ça serait plus cohérent pour elle, que les soins se fassent là-bas. Et que la maison ne soit plus associée à la piqûre, à la douleur. Et puis surtout, en pédiatrie, les infirmières sont formées et habituées aux enfants. J'espérais que ça se passerait mieux.

Et effectivement, même si ça ne s'est pas fait en un jour, ça va beaucoup mieux. Déjà, quand les infirmières l'appellent, Pâquerette ne se sauve pas. Elle n'hurle pas et ne se débat pas quand j'enlève son pantalon, ce qui est quand même plus pratique... Après, ce qui marche, c'est d'aller vite. Elles sont sympas les infirmières en pédiatrie, elles ont tout essayé pour ne pas faire ça comme des sauvages : les comptines, lui détourner l'attention avec un dessin animé, elles lui ont proposé de faire la piqûre à doudou, de faire des bulles, le MEOPA... en vain. Ce qui fonctionne, c'est de faire le plus vite possible, avant qu'elle n'ait le temps de monter en pression. Je la monte sur mes genoux, face à moi pour faire un câlin/maintien des mains, les infirmières font la piqûre le plus vite possible, Pâquerette pleure (ou hurle) un bon coup, selon les jours, et hop c'est fini, et, invariablement, elle réclame une sucette. Qu'elle obtient bien sûr, les infirmières ayant d'immenses boites remplies de Chupa Chups pour consoler les bambins.

Je ne stresse plus à l'idée que la piqûre approche, elle doit le sentir et être moins angoissée aussi, cercle bénéfique. Ce n'est pas un moment agréable, mais c'est devenu la routine.

Reste le temps qu'on passe à l’hôpital, et là, c'est quitte ou double. 
Y'a des jours, on sait pas pourquoi, tout va comme sur des roulettes. Je me gare sans problèmes, il n'y a personne à l'accueil, à peine le temps de se poser dans la salle d'attente, c'est notre tour. En 45 minutes, on est sorties, et c'est réglé, on peut profiter du reste de la journée.

Et puis, il y a les mauvais jours, comme jeudi dernier, ou tout va de travers. J'arrive pourtant exactement à la même heure, mais le parking est plein, obligée de le parcourir en long en large et en travers avec des idiots qui ne savent pas lire le sens des flèches. Mais vous êtes à contre-sens Monsieur!!! Vous bloquez tout le parking!!! Y'a un monde dingue à l'accueil et il faut déjà attendre 15 minutes rien que pour récupérer ses étiquettes. Et évidemment, ce monde croisé à l'accueil, je le retrouve dans le couloir d'attente, où on ne sait où s'asseoir au milieu des poussettes. Après 10 pages de gommettes et 4 lectures du même livre (le seul qui n'est pas déchiré), Pâquerette commence à s'ennuyer et, du coup, à stresser... Au bout d'une heure c'est enfin notre tour, et là, loi des séries oblige, c'est pas une infirmière qu'on connait. Elle prend son temps pour essayer de mettre ma puce à l'aise (grave erreur madame, faut aller vite!), me parle du MEOPA (on connait merci mais non), Pâquerette commence déjà à pleurer alors que l'aiguille n'est pas encore en vue... Heureusement, celle qu'on connait arrive, prend les choses en main, et hop c'est fini. Enfin, pas tout à fait. Il faut encore passer à la borne pour le ticket de parking, et évidemment, des petits vieux bloquent le passage pour demander comment ça marche. Quand on monte enfin dans la voiture, ce n'est pas terminé pour autant car il faut maintenant faire la queue derrière une file d'automobilistes qui attendent, leur ticket à la main, que la barrière se lève. Et bien sûr, j'ai choisi la file qui n'avance pas. Du tout.

Bref, y'a des fois, on met 3h, trajet compris. On y passe l'après-midi. Dans ces moments-là, je regrette un tout petit peu l'infirmier à domicile. Puis je me rappelle, et je me dis qu'en fait, c'est pas si mal l’hôpital...

samedi 10 novembre 2018

Incompréhension

Lors de notre premier parcours PMA, j'étais soutenue de tout part. Je pouvais crier ma douleur, vider mon sac, pleurer un peu... La société, mes proches, tous m'en donnaient le droit.

Puis Pâquerette est née, faisant de moi la plus heureuse des mamans.

Aujourd'hui, alors que nous espérons tellement notre deuxième petit miracle, et même si j'ai la chance d'avoir déjà un enfant, la douleur, le manque reviennent souvent. Mais sont moins bien perçus, moins bien compris. Les proches, les moins proches... même mon homme. Tous y vont de leur petites remarques bien pensantes...

Pourquoi t'affliger à nouveau des FIV? Tu as déjà ta fille. Tu sais que les traitements c'est cancérigènes?
Quoi, tu es encore jalouse des femmes enceintes? Mais toi aussi tu as déjà été enceinte!
OK, tu viens de foirer ta FIV. Mais tu as déjà un enfant...
Comment ça, les discussions accouchement/bébé te font du mal? Mais tu as déjà vécu tout ça!
Oui, tu as fait une fausse couche. Mais bon, tu as déjà la chance d'avoir Pâquerette. 

Et vous savez quoi? Moi-même, avant d'avoir la chance de devenir maman, je pensais comme ça. Tu n'as pas le droit de te plaindre, tu as déjà un enfant. Moi même je ne me serais pas comprise, je me serais détestée... Parce qu'on est d'accord, galérer pour BB2 n'a rien à voir avec galérer pour BB1.

C'est pas pour autant que c'est indolore. 

Mais ça j'ai pas le droit de le dire...

jeudi 1 novembre 2018

Triste anniversaire

Il y a un an, jour pour jour, j'étais enceinte. Du moins, je croyais encore l'être. Je pensais que c'était à notre tour d'avoir de la chance. Une chance insolente, enceinte dès la première FIV du nouveau parcours. Un jour plus tard, j'apprenais que c'était fichu. Que Polochon ne naîtrait jamais. Le 6 novembre, je faisais ma fausse-couche.

J'ai été mal, longtemps, et puis je me suis efforcée de ne plus y penser, reportant toute mon attention sur ma petit Pâquerette. Jusqu'à il y a quelques semaines. Nous sommes allé consulter une psy pour notre poulette qui avait de gros problèmes d'endormissement. 
La psy, perspicace, m'a immédiatement parlé du fait que nous étions très fusionnelles toutes les deux, m'a parlé de la séparation, de "couper le cordon"... Et m'a posé LA question : "Elle vient de rentrer à l'école, elle approche des 4 ans, c'est une petite fille maintenant. Ce n'est pas trop dur de la voir grandir?"
En guise de réponse, je me suis mise à pleurer comme une madeleine...

Même si c'est merveilleux de la voir grandir et évoluer, c'est douloureux aussi.
Je suis bien consciente que Pâquerette est devenue une petite grande fille (Mais oui Maman, j'ai 3 ans 1/2 quand même!), je l'encourage d'ailleurs à faire seule, à prendre de l'autonomie, je suis très fière d'elle et de tout ce qu'elle a appris cette dernière année. Mais au fond de moi, c'est dur. Car mon petit bébé, mon petit deuxième tant attendu, n'arrive pas...

Depuis ce rendez-vous et cette prise de conscience, j'ai un peu broyé du noir. Malgré moi, je me suis plusieurs fois refait le film de la fausse couche. Quand je l'ai appris. Quand je suis allée faire la prise de sang de confirmation avec ma puce. Quand les saignements sont arrivés. Quand j'ai craqué. 

Je me suis efforcée aussi de me mettre un coup de pied aux fesses pour avancer, accepter que ma fille grandisse, et continuer à profiter chaque jour du moment présent.

Demain, nous serons le 2 novembre. Il y a 1 an, tous mes espoirs s'effondraient.
Mais la vie est trop courte pour ressasser le passé. Alors demain je ferai tout mon possible pour que cette journée soit une belle journée. Je me le promets.

mercredi 10 octobre 2018

L'horloge tourne...

Cela fait plus d'un an que nous avons repris le parcours, et sommes toujours au point mort... il faut dire que cette année a été éprouvante, médicalement parlant...

En septembre, il y a eu FIV1, en octobre, la grossesse éclaire, la montée sur un petit nuage. Si peu de temps, et pourtant tellement d'espoir. En novembre, il y a eu le crash. La fausse-couche. Qui a laissé des traces indélébiles. En parallèle, il y a eu le diagnostique de la maladie de notre Pâquerettes, le retour à l’hôpital, ponction du genou, infiltration, et tant d'autres misères pour mon bébé de 2 ans 1/2 à l'époque... 

Les fêtes sont passées, douloureuses (j'aurais pu passer mon écho du 1er trimestre, si...) Janvier, nouveau départ. Envie d'y croire... 2018 serait peut-être notre année?
Février... une embellie. L’arthrite de Pâquerette était en rémission, mon moral était un peu remonté, le printemps allait arriver, c'est dans la joie que nous avons fêté ses 3 ans. 
En mars, le TEC 1 est un échec. Dans un contexte professionnel difficile... je m'effondre en pleurs en salle des maîtres...

En avril, début de la descente aux enfers... Grosse poussée de la maladie de notre puce. Les articulations douloureuses, les réveils dans les pleurs tous les matins, les rdv à l'hopital... deviennent notre quotidien.
En parallèle de ses rdv médicaux, je gère notre tentative de TEC 2. Enfin, je gère... jusqu'à ce que je m'écroule de fatigue. 
En mai, je dis STOP. On met la PMA sur pause (de toute façon le traitement pour TEC 2 avait foiré...) et on laisse notre pingouin au congélateur. La toubib m'arrête, et c'est le bon moment car j'étais tous les jours à deux doigts de fondre en larmes devant mes élèves. Je consacre le peu d'énergie qu'il me reste à m'occuper de ma poulette.

En juin, enfin, on trouve le traitement qu'il lui faut. Fini les douleurs et l'inquiétude. Elle revit, nous aussi. Pendant les vacances, on panse nos plaies, on se reconstruit, pour repartir à l'attaque en septembre...
Et puis, fin août, juste avant le rdv PMA, on apprend que la maladie de mon homme ne guérira jamais. Paf. Et qu'elle peut être génétique. Le coup de massue, la peur, la tristesse qui s'abat à nouveau sur nous. La gynéco qui sent mes hésitations et m'envoie prendre rdv en génétique... rdv pris pour le 12 octobre, j'étais contente.

Voilà où on en était, aux dernières nouvelles.

Nouveau rebondissement... il y a eu quiproquo avec le service de génétique. Moi je croyais - naïvement - que la PMA se chargerait de faire les prélèvements alors qu'en fait ce n'est qu'un rdv consultatif, après qu'on ait fait les tests. Du coup le rdv est annulé. Et ça change tout. Car mon homme ne verra sa neurologue que dans 2 mois, et après il faudra organiser tout ça, puis attendre la réponse... qui peut prendre entre 6 mois et 1 an!!

Pendant ce temps-là, je vieillis (j'ai amèrement fêté mes 32 ans le mois dernier...) mon insuffisance ovarienne ne s'arrange pas... et nos chances d'avoir un 2ème enfant s'amenuisent à chaque seconde. Je suis tellement consciente, en permanence, de cette horloge au dessus de ma tête, de cette aiguille qui ne s'arrête jamais de tourner. Qui me terrifie. Et tellement pas prête à renoncer pour l'instant.

Du coup, après en avoir pas mal discuté, on a décidé avec mon homme de ne pas annuler le rdv avec la gynéco du mois de novembre, et de tenter quand même TEC2. On n'est même pas sûre que ça soit génétique, et si ça l'est, est-ce que des chiffres nous aiderons à prendre notre décision? Il est fort probable que même avec les résultats, on se lance. Et en attendant, on aura perdu une précieuse année à se torturer. Alors on a décidé de foncer. En espérant que ça soit le bon choix.

mardi 11 septembre 2018

Par où commencer?

J'ai pris tellement de retard dans mes publications, que vous avez loupé environ 245 épisodes... Alors avant de lâcher complètement l'affaire, je m'oblige à prendre un peu de temps pour faire un petit bilan des dernières semaines écoulés, en mode accéléré :

Episode 477 : Biberon. Pâquerette a arrêté le biberon du petit dèj. Ça n'a l'air de rien comme ça mais ça a été très difficile pour mon cœur de maman. C'était un peu le dernier élément qui la reliait à son statut de bébé. Depuis 1 an la mutation avait commencé, lentement mais sûrement. Il y a eu le lit de grand, l'arrêt des couches la journée, puis la nuit, l'arrêt de la tétine, et maintenant du bib. Pâquerette répète à qui veut l'entendre qu'elle est une grande fille, et c'est vrai. Je n'ai plus de bébé. En aurais-je un autre un jour?

Episode 478Océan. Nous sommes partis tous les 3 en vacances à la mer, et c'était génial. Une semaine loin de la maison, pour oublier les problèmes, déconnecter, profiter, se ressourcer... du bonheur en barre. 

Episode 479 : RDV neurologue. Nous avons appris que la maladie de mon homme (une dystonie) pouvait être génétique. PAN. Le coup de massue sur la tête pour te faire redescendre de ton nuage estival... Des jours à stresser, des nuits sans dormir, à craindre que Pâquerette puisse être atteinte (en plus de son arthrite juvénile, franchement DNLP n'oserait pas, si?) A se demander s'il fallait qu'on continue à vouloir agrandir la famille ou si, clairement, la nature nous envoyait un signe. Signe de tout arrêter. Des tonnes de questions, qui, plus de 15 jours après le rdv, sont toujours sans réponses. Mais maintenant je commence à être habituée à me prendre des portes dans la tête... alors je m'efforce d'avancer, en serrant les dents. Et puis, depuis la rentrée, je n'ai pas le temps de m'inquiéter.

Episode 480 : Nounou. Ma puce a fait son dernier jour chez nounou, et j'ai pleuré comme une madeleine. Comique de répétition, il se trouve que 3 ans avant, quasiment jour pour jour, j'étais en larmes dans ma voiture, car je venais de laisser mon bébé pour la première fois... Une étape de plus. C'est si merveilleux et si douloureux de la voir grandir.

Episode 481 : rdv PMA. J'ai avoué à la gynéco nos interrogations concernant la maladie de mon homme. Elle a directement mis TEC 2 en stand bye, et m'a envoyé prendre rdv avec le généticien de la PMA. Qui voulait d'abord les compte-rendus médicaux des neurologues qui suivent mon homme. Que j'ai réclamé et enfin obtenu. Et que j'ai envoyé aujourd'hui. Je ne sais pas quoi attendre de ce rendez-vous, partagée entre l'envie de foncer malgré tout (après tout, le risque zéro n’existe pas de toute façon) et la peur d'une malédiction qui infligerait une maladie chronique à chaque membre de la famille... (On est déjà à 2 sur 3...) Tout ce que je sais c'est que ça recule encore la date de la prochaine tentative. Déjà 1 an de passé depuis notre retour en PMA, et une seule FIV... pendant ce temps-là, mes ovaire vieillissent...

Episode 482 : Rentrée. J'ai fait ma rentrée, qui s'est passée aussi mal que prévue, merci. Vivement que je quitte cette école... Mais surtout, ma Pâquerette, mon poussin, mon bébé, a fait sa première rentrée en maternelle. Sans moi donc puisque j'avais mes propres élèves à gérer... mais ça s'est très bien passé avec son papa, c'est tout ce qui compte. Elle semble se plaire à l'école, même si les réveils sont parfois difficiles. Il faut dire que les couchers sont à nouveau très compliqués et traînent en longueur, la peur des loups étant de retour...

Episode 483 : Connasse. Ma belle-mère m'a annoncé avec enthousiasme que la cousine de mon homme en était déjà à 7 mois de grossesse, et a conclu par : "Et oui, ça passe vite!" Pour les autres sans doute...

jeudi 26 juillet 2018

3 ans 1/2

J'ai plein d'articles qui me trottent dans la tête, des brouillons dans les placards, mais je n'arrive pas à trouver le temps de venir par ici. Ce sont les vacances, enfin. 

Des vacances sans douleur pour ma fille, où l'on réussit à oublier la maladie, même si elle est toujours présente. On la fait taire à coup de piqûres tous les 15 jours, et on profite de notre petite Pâquerette qui n'a jamais autant couru et sauté, un vrai kangourou! "Regarde Maman! Regarde Maman!" Elle rattrape tout ce qu'elle n'a pas pu faire ces derniers mois.

Des vacances sans PMA, où l'on réussit - presque - à oublier notre condition d'infertiles. Je ferme les yeux sur les femmes enceintes, je bouche mes oreilles quand les conversations sont douloureuses, et j'essaie de profiter de cette accalmie. 

Et puis, au milieu de tout ça, les 3 ans et demi de Pâquerette qui arrivent. Et je m'entends dire aux gens qui le demandent "Elle a bientôt 3 ans et demi".

3 ans et demi... que le temps file! Notre petite puce a encore grandi d'un coup ces derniers mois. Elle a arrêté la tétine du jour au lendemain, la propreté de nuit semble s'installer, et on a choisi le cartable pour l'entrée en petite section. Ça fait drôle. Mon bébé n'en est plus un.

La visite de l'école, fin juin, s'est très bien passée. J'ai essayé de profiter du moment au maximum. Mais dans la classe riquiqui, je n'ai pas pu esquiver les mamans enceintes jusqu'aux yeux...
Moi aussi, j'aurais dû être enceinte jusqu'aux yeux. Ma DPA était pour juillet.
Moi aussi j'aurais dû faire la première rentrée de ma fille. Le congé mat était ma seule chance de la faire.
Double jalousie...

Les vacances sont venues chasser mon amertume et j'ai mis ma blessure de côté. Elle cicatrisera, mais ça prendra du temps...

Et pour finir sur du positif...

3 ans et demi... c'est aussi le temps que j'ai mis à tomber enceinte. Bientôt nous aurons passé plus de temps avec notre petite puce qu'à l'attendre.

jeudi 14 juin 2018

Humira

Presque un mois que je ne suis pas repassée par ici. Pourtant j'en ai écrit des articles, dans ma tête. Le matin, dans la voiture, en partant au boulot. Le soir quand le sommeil ne venait pas. Mais je n'ai pas pris le temps de me poser pour répondre à vos gentils messages de soutien, et pour raconter nos galères, au jour le jour. 

La rhumatologue a confirmé que le Méthotrexate, bien qu'à l'origine des rhinites et conjonctivites à répétition de Pâquerette, n'avait que peu d'effet sur l'inflammation de ses articulations. Ça ne suffisait pas. Nous devions déjà passer au level supérieur, à savoir des injections d'Humira tous les 15 jours, (en plus du Méthotrexate!). Chouette. A vrai dire j'étais tellement au bout du rouleau que je ne désirais qu'une chose : avoir un traitement qui marche, vite vite vite, pour que ma poulette ne souffre plus. Du coup j'ai à peine posé des questions sur les effets indésirables de ce nouveau traitement de choc, me doutant bien des réponses. Baisse de l’immunité ça c'était sûr, et plein de trucs qui font peur et que je n'irai pas lire dans la notice (celle du Méthotrexate m'a suffit!). J'ai même pas demandé combien de temps ça durerait. Je savais que la réponse serait 6 mois, 1 an, des années, en fonction de l'évolution de la maladie. Evolution qu'on ne peut pas prévoir.

J'ai couru le jour même à la pharmacie, commander le médicament et on a pris rendez-vous le plus tôt possible pour la première piqûre. Qui ne s'est pas bien passée, évidemment. Notre petite puce a un lourd passé médical, et comme dit ma généraliste "le corps se souvient de la douleur". Autant dire que ces injections tous les 15 jours ne s'annoncent pas comme une partie de plaisir. Pâquerette se sauve en pleurant et en criant "Ça va faire mal!" dès que l'infirmier passe le pas de la porte, refuse de retirer son pantalon, de venir d'elle-même s'asseoir sur mes genoux. Elle se débat, se met dans un état pas possible, on n'est pas trop de 3 pour la maintenir. C'est très éprouvant. Les larmes ne sont jamais très loin pour moi non plus, même si devant elle j'essaie de me cacher derrière mon masque de maman calme et sereine...

Mais quelques jours après cette première injection... le miracle a eu lieu. Pâquerette a recommencé à courir dans tous les sens, sauter à pieds joints, et à s’accroupir! Petit à petit, elle s'est plainte de moins en moins, et aujourd'hui, presque plus. Essentiellement le matin au réveil, alors on continue de mettre la poche de chaud sur les chevilles. Mais plus de grosses crises de pleurs, plus de nuits blanches... et plus d'Advil! Notre poulette qui était tout le temps fatiguée, et qui réclamait sans arrêt Doudou-tétine est aujourd'hui en grande forme. Après seulement 2 injections d'Humira. C'est vous dire si je bénis ce traitement, car même si les piqûres sont éprouvantes, le résultat est là.

Après deux mois de douleurs (pour elle) et d'inquiétude (pour nous), enfin, on revit! On peut à nouveau aller se promener sans peur que notre fille s'arrête au bout de quelques mètres en pleurant pour qu'on la porte. On peut vivre "normalement". Evidemment, l'angoisse est toujours présente, et chaque jour j'appréhende qu'elle me dise à nouveau "Maman, j'ai mal." Evidemment la maladie plane toujours au dessus de nos têtes. Comme le jour où on a été visiter sa future école. Pâquerette s'est éclatée, et a couru dans tous les sens dans la cour de la maternelle. Un beau moment. Mais dès qu'elle est montée en voiture le "J'ai mal aux chevilles." nous a fait redescendre sur Terre...

Donc oui, ça va infiniment mieux, mais la maladie reste là. Et tout le médical qui va avec et qui remplit mon agenda (pharmacie, cachets, injections, prises de sang, rendez-vous en pédiatrie, en ophtalmologie, ostéopathe...) Ça fait partie de la vie de notre puce, et on veut la lui rendre la plus belle possible. Alors on sourit, on va de l'avant, et on profite des bons moments. Car finalement ils sont bien plus nombreux que les mauvais.

mercredi 16 mai 2018

De mal en pis

Au bout d'un mois de crise, il nous a semblé que notre petite puce allait un peu mieux ces derniers jours. Elle parlait toujours de douleurs aux chevilles, mais moins souvent, était en forme, de bonne humeur, même au réveil. Je pensais à diminuer l'Advil, et puis les circonstances ont fait qu'on l'a arrêté carrément (une petite virée aux urgences jeudi soir pour mon homme, une Pâquerette déposée à la hâte chez Mamie sans médicaments...)

Ma mère m'a assuré que Pâquerette était en forme, peu douloureuse malgré l'arrêt des anti-inflammatoires, alors bêtement, je ne lui en ai pas donné vendredi. Samedi, elle s'est un peu plainte, alors je lui en ai donné à midi. Idem le dimanche, une seule dose au lieu de deux. Ça avait l'air d'aller...

Jusqu'à ce qu'elle se réveille à 2h du matin en pleurant qu'elle avait mal aux chevilles et aux poignets.  J'ai dit "Maman est là, ça va aller." Au fond de moi, j'ai pensé que non, ça n'allait pas aller. Que j'allais péter un câble à force de voir ma toute petite fille de 3 ans subir tout ça. J'ai redonné de l'Advil, j'ai mis du chaud sur ses chevilles, massé ses poignets... rien n'y faisait. Ça a été une nuit horrible. Au bout de 3h et à bout de solution j'ai fini par me coucher avec elle dans son lit, et, enfin, elle s'est endormie. Mais pas moi. Comment dormir après ça?

Depuis, bien sûr, on est repassés à 2 doses par jour, mais les endormissements et les réveils sont compliqués. Ce matin, ça a été pire que tout. Elle pleurait à chaudes larmes, souffrant des chevilles et des genoux, n'arrivait pas à grimper sur le canapé pour prendre son biberon. On a donné l'Advil, comme tous les matins. On a mis du chaud, on a massé, on a fait des câlins. Et après? Je suis sa mère, et je ne peux rien faire de plus. Je me sens si impuissante.

Une heure après le réveil, enfin, elle allait mieux, son sourire était revenu, et je l'ai laissée chez la nounou avec un gros pincement au cœur. Heureusement que je suis en arrêt... car comment aller bosser après ça? 

Je m'en veux, je n'aurais pas dû arrêter les anti-inflammatoires. J’aurais dû me méfier, car elle se plaint très peu, voire jamais quand il y a du monde à la maison, quand elle est chez Mamie, ou chez la nounou... Du coup les gens ne voient que le côté immergé de l'iceberg. "Ça a l'air d'aller!" Ils ne voient pas les réveils douloureux, les couchers qui durent jusqu'à 22h, les nuits affreuses...

L'autre jour, une amie est venue passer l'après-midi avec ses filles, Pâquerette s'est amusée comme une petite folle, ne s'est plainte à aucun moment. Tout semblait normal, si normal... à tel point que j'y ai cru. Et puis les invités sont partis, immédiatement ou presque, elle s'est assise. "Je suis fatiguée". Et puis, "Maman, j'ai mal aux chevilles, je veux doudou-tétine." Et mon cœur s'est serré...

Du coup j'ai rappelé la rhumatologue, et réussi à avancer la consultation à l’hôpital. On y va demain. Je mets beaucoup d'espoirs dans ce rdv, j'espère qu'on va nous proposer un nouveau traitement qui sera plus efficace...

jeudi 3 mai 2018

STOP

J'ai craqué.

Je savais que ça allait arriver, c'était inévitable. Depuis septembre, j'essaie de maintenir la barque à flot, de ne pas couler, mais je n'y arrive plus.

J'ai cru avoir touché le fond début mars, quand je me suis effondrée en pleurs en salle des maîtres. C'était le lendemain de ma prise de sang négative pour le TEC 1, et mes élèves, déjà gratinés, avaient été plus ignobles que jamais (je pense qu'ils ont des antennes...). Mes collègues, vraiment sympas, ont réussi à trouver une organisation qui me permet de me libérer de la moitié de la classe quelques heures par semaine. Une bouffée d'air, au moins côté boulot.

Seulement côté perso, les soucis ont continué d'affluer. Surtout, la maladie de notre petite Pâquerette a recommencé à se manifester. Sur de nouvelles articulations cette fois-ci. Retour à l’hôpital. Retour de la boule au ventre en permanence. La rhumatologue a décidé de mettre notre fille sous Méthotrexate, un traitement assez fort, qui nécessite une surveillance attentive. J'ai eu du mal à accepter que ma puce de 3 ans prenne un tel médicament, surtout quand j'ai lu la liste des effets secondaires. Mais pour le bien de Pâquerette, nous n'avions pas le choix. Va pour le médicament.

Sauf que pour l'instant, il ne fait pas effet (ça peut prendre plusieurs mois) et que depuis 15 jours Pâquerette fait une très grosse poussée d'arthrite. Notre poulette si joyeuse et souriante, est soudain devenue fatiguée en permanence. Comme éteinte. Au début j'ai mis ça sur le compte de sa rhinite et conjonctivite (elle les enchaîne depuis un mois, on espère que c'est pas à cause du médicament qui peut jouer sur l'immunité...). Puis je me suis aperçue que sa cheville était gonflée. Et, rapidement, les douleurs sont arrivées. Au coude, aux poignets, aux chevilles... jusqu'à l'empêcher de s'endormir. 

Je crois que n'y a rien de pire que de voir son enfant souffrir. On se sent tellement impuissant. Je suis tout le temps sur mes gardes, je redoute à chaque instant qu'elle me dise qu'elle a mal. J'essaie de faire bonne figure pour elle mais à chaque douleur, je pleure à l'intérieur... 

Heureusement, l'Advil a fait effet en quelques jours, et Pâquerette a recommencé à chanter à tue-tête et à trottiner dans toute la maison... mais elle se plaint toujours de douleurs, au réveil, et régulièrement au cours de la journée. Et puis, l'Advil, c'est un traitement d'appoint. Elle ne pourra pas le prendre en permanence. Et après?

L'incertitude quant à l'avenir est difficile à vivre. Le Méthotrexate va-t-il fonctionner ou faudra-t-il passer à un autre traitement, encore plus fort? La maladie finira-t-elle par entrer en rémission? Notre fille souffrira-t-elle toute sa vie? C'est terrible de se poser sans cesse ce genre de questions.

Malgré cette inquiétude omniprésente, je me lève, je m'occupe de ma poulette, je vais au boulot, je gère mes rdv pour TEC 2, les aller/retour à l’hôpital, pour elle, pour moi, mes absences à justifier au boulot, mes médicaments, ses médicaments, et le tout avec le sourire. Bref, je gère. 

Enfin, je gérais.

Jusqu'au moment où mon corps a dit STOP. Samedi, je me suis levée extrêmement faible, mal au crâne, la nausée. Au bout de quelques heures, inquiète, je débarquais chez le généraliste. Qui m'a annoncé que mon cœur battait à 145 et que si je ne me calmais pas, c'était les urgences direct.

Cet événement m'a soudain ouvert les yeux. Je suis à bout de nerf, épuisée, au bord du burn-out. Je ne peux plus continuer comme ça. Je suis la seule de la famille a avoir à peu près la santé, je ne peux pas me rendre malade. Mon homme et ma fille comptent sur moi. 

Alors pour la première fois de ma vie, j'ai réclamé "une pause" à la gynéco. Je ne suis pas Wonder Woman. Je ne peux pas tout gérer. Retirer la PMA du jeu, ça fera déjà moins de médicaments, moins d'absences au boulot, moins de route, moins de fatigue, et moins de stress. Ça n'a pas été facile car malgré tout, je rêve tellement d'une bonne nouvelle, qui apporte un peu de positif dans notre vie. Mais en ce moment, dans ces conditions, c'est juste impossible. En sortant de l’hôpital, j'ai déjà ressenti un immense soulagement. J'ai su que j'avais pris la bonne décision.

Ma fille est ma priorité absolue. Et elle a besoin d'une maman en forme. Alors je vais essayer de souffler. De prendre du temps pour moi. De prendre soin de moi.

Pour pouvoir prendre soin d'elle.

jeudi 8 mars 2018

Négatif

C'est ainsi que se termine ce TEC n°1... 
< 2

mercredi 7 mars 2018

Veille de la prise de sang

Un petit état des lieux à 11DPO... 
- la fatigue? J'ai. Sans doute dû à la progestérone.
- le ventre lourd et gonflé? J'ai. Mais pas du tout de la même façon que pour Pâquerette et Polochon. Peut-être un effet secondaire du Provames?
- poitrine sensible et tendue? J'ai un petit peu. Mais pas autant que pour mes transferts "gagnants"... C'est sûrement la progestérone là aussi.

Bref, je n'y crois pas... la fin de la torture aura lieu demain. Prise de sang aux aurores, et appel à la PMA à 15h. La journée va me sembler bien longue...


lundi 5 mars 2018

Déprimée

Jusqu'à présent, j'oscillais entre pessimisme et espoir, comme d'habitude. Mais ce matin je me suis réveillée transpirante, ce qui est THE symptôme prémenstruel par excellence chez moi... J'ai la sensation très nette que mes règles vont débarquer. Ce qui ne se produira pas tant que je serai sous traitement, mais au fond de moi, je suis persuadée que c'est fichu...

Il va falloir patienter jusqu'à jeudi pour que cette attente interminable  cesse...

samedi 3 mars 2018

Sous cloche

Après un transfert d'embryon, on est sensées vivre normalement. La bonne blague! Comment vivre normalement alors qu'on ne pense qu'à notre petit blasto? Alors qu'à chaque mouvement, on sent qu'on contracte notre utérus?

Je n'y suis jamais parvenue! Pour tous les précédents transferts, j'ai demandé un arrêt de travail. Au début, aux sages-femmes de la PMA, puis après à ma généraliste car ils sont devenus catégoriques à la PMA : Vivez normalement! Pas d'arrêt de travail! Mais évitez le stress quand même. Ah oui, et si je vous dis que c'est la pire classe que j'ai jamais eu de ma carrière? Et bah non, tu vas bosser. Pour la FIV d'octobre, c'est non sans culpabilité, et un peu gênée, que je suis donc allée quémander un arrêt à ma généraliste. 

Mais là je n'ai pas osé le faire. Déjà je n'avais pas toute la fatigue d'une FIV d'1 mois dans les pattes. Pas de restes de douleurs de ponction. Ce n'est "qu'un" TEC. Et puis j'ai déjà tellement raté l'école cette année, entre ma FIV, la fausse-couche, les soucis de santé de Pâquerette. Qui plus est, ils ont rétabli le jour de carence. Et je dois avouer que les 50€ qu'on allait perdre on fait pencher aussi un peu la balance. Surtout que je n'avais qu'un jour à faire : le vendredi. Et après j'avais le week-end pour me reposer.

Je me suis donc dit que pour une fois, j'allais écouter les sages-femmes, et le biologiste qui nous l'a encore répété lors du RDV de jeudi. Que j'allais VIVRE NORMALEMENT. Et puis, au boulot, vous aurez moins le temps d'y penser. C'est mal me connaitre...

Je n'ai pensé qu'à ça. Toute la journée. J'ai essayé de rester calme, de me ménager, et j'ai même tenté de m'asseoir. Mais avec cette classe, ce n'est clairement pas possible. J'ai donc fini par m'énerver, crier, tempêter, séparer des élèves qui se battaient, en courser d'autres... à tel point que j'ai failli fondre en larmes devant mes élèves. J'ai terminé ma journée exténuée et à bout de nerf.

Pour ce qui est d'éviter le stress, on repassera! Et je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser. Comme si j'avais piétiné tous nos espoirs. Si Nemo s'accroche après ça, c'est vraiment qu'il est un petit warrior!

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jeudi 1 mars 2018

Transfert sous la neige

C'est toute tremblante que j'ai composé le numéro de la PMA ce matin... mais les nouvelles étaient bonnes, notre petit findus a survécu à la décongélation! Nous avons donc filé au CHU, bravant le froid et la neige, et Nemo et a pris place dans mon utérus peu avant midi. J'avais, selon le gynéco, un endomètre parfait, et un joli blastocyste... tous les paramètres sont donc réunis. 30% de chances que ça marche, on y croit...

Prise de sang dans une semaine, on croise les doigts!

samedi 24 février 2018

En mode touriste

Je prends sagement des petits cachets tout ronds, tout mignons. Aucun effet secondaire. J'ai été faire une seule échographie et une prise de sang. Et c'est tout. Le TEC, c'est vraiment la PMA en mode touriste! Et ça fait du bien. C'est moins accaparant, moins fatiguant, moins stressant... à tel point que j'ai sans arrêt peur d'oublier mon traitement. D'ailleurs je viens de courir prendre ma capsule de progestérone, un peu après l'heure prévue... J'ai commencé l'Utrogestan aujourd'hui, quelque chose me dit qu'à chaque passage aux toilettes, ça va me rappeler que je suis en tentative! 

Le transfert est prévu pour jeudi prochain, j'espère maintenant que notre petit Nemo va supporter la décongélation... on croise les doigts et on reste zen. Du moins on essaie, car ils annoncent de la neige justement pour jeudi, et on a 1h30 de route de campagne pour aller jusqu'au CHU...

dimanche 11 février 2018

De quoi je me mêle?

La femme de ménage de l'école est du genre très bavarde et très curieuse. J'évite au maximum de rester coincée avec elle car une fois qu'elle tient sa proie, elle ne la lâche plus. Depuis qu'elle a réussi à obtenir le prénom de Pâquerette, elle ne me manque pas de me demander comment elle va à chaque fois qu'on se croise. Et j'ai beau lui répondre de la manière la plus laconique possible, elle ne comprend pas que je n'ai pas la moindre envie de discuter avec elle...
Elle m’empêche de me concentrer, souvent je suis obligée d'aller me cacher en salle des maîtres, à faire des photocopies, le temps qu'elle ait terminé de nettoyer ma salle de classe. Vraiment, elle me fatigue, d'autant plus que quand je reste travailler tard à l'école, c'est pour être efficace et vite rentrer chez moi, pas pour raconter ma vie à une inconnue. Et alors vendredi soir, clairement, ça a été le pompon...

- Ça lui fait quel âge à Pâquerette? 
- 3 ans.
- Ah, bientôt l'école?
- Oui, bientôt. 
- Ce qui faudrait maintenant, c'est un petit frère! 
Ça y est, la phrase est lâchée. Et sa violence me transperce. Je ne m'y attendais pas, pas déjà, au bout de deux phrases échangées sur le sujet... Je suis prise au dépourvu, et la colère m'envahit. 
IL FAUT lui faire un petit frère. Maintenant. Vous savez, 3 ans, le fameux écart idéal qu'on est tenus de respecter. Et puis, évidement, si on a déjà la fille,  IL FAUT le garçon. C'est marqué où? Je ne sais pas, mais IL FAUT.

- On ne fait pas toujours ce qu'on veut. (Je ne relève même pas la tête de mon classeur, mais elle ne comprend pas que la discussion doit s'arrêter là, et continue son laïus.)

- Ah ça oui. Bah moi, j'ai deux enfants. Je les ai pas eu facilement. Mais je les ai eu naturellement! 
Alors là, les insultes les plus monstrueuses me sont passées par la tête. C'est une fierté, donc, de procréer naturellement? Elle veut quoi, une médaille pour ses enfants conçus en batifolant sous la couette? C'est une tare de faire ses enfants avec l'aide de la science?
Sous le coup de la colère, j'ai eu envie de lui demander si ma fille conçue artificiellement valait moins que les autres... mais je me suis abstenue. Elle aurait été trop contente de connaitre des détails croustillants de ma vie.

Je me suis tue, et elle a continué de parler toute seule, pendant que je ne répondais pas, faisant mine d'être très absorbée à mon bureau... elle a dû comprendre le malaise et a fini par conclure:

- L'essentiel, c'est qu'elle soit en bonne santé! 
Le coup de grâce quand on sait que ma fille a cumulé les soucis depuis sa naissance et qu'on vient de lui diagnostiquer une maladie chronique. Bien sûr, tout ça, elle ne le sait pas, mais elle n'a qu'à se la fermer!!! De quel droit se mêle-t-elle de la vie des autres?

Les gens sont toujours aussi cons, et moi toujours aussi peu blindée finalement... sur la route du retour, je n'ai pas pu retenir mes larmes...

mercredi 7 février 2018

3 ans

Hier, notre petite puce a fêté ses 3 ans. En plus du gâteau aux pépites de chocolat et des bougies soufflées, soufflées et re-soufflée 10 fois, un cadeau inattendu est venu parfaire la soirée... la neige! C'était la première fois pour Pâquerette, qui était toute fofolle devant les quelques flocons qui saupoudraient le jardin.


Avant de la coucher, au moment du câlin, je lui ai dit :
- Tu sais, il y a trois ans, tu née, tu es sortie de mon ventre, et depuis je suis la plus heureuse des mamans!
- Et avant?
- Et avant... j'étais souvent triste car je n'arrivais pas à avoir un bébé dans mon ventre.
- Pourquoi? 
- Mes graines étaient cassées. Heureusement, le docteur les a réparées, et tu es arrivée!

Alors merci docteur, et merci la science, pour ces 3 belles années, qui sont passées si vite. 

jeudi 18 janvier 2018

Protocole TEC 1

Ça y est, j'ai le protocole pour mon TEC du mois prochain! Je n'irais pas jusqu'à dire que je saute de joie, mais dans le contexte actuel (emmerdes sur emmerdes et moral à zéro), cette petite dose d'espoir fait du bien. Et comme c'est tout nouveau (jamais eu de findus jusqu'à présent), ça rajoute une pointe d'excitation.

Au programme...
Dès le 1er jour des règles :
- Provames par voie orale, 2 le matin et 1 le soir
- Kardegic, 1 sachet le soir
Puis, si le contrôle PMA est OK:
- Utrogestan par voie vaginale 3 fois par jour
- Progestérone retard, 1 ampoule en intra-musculaire le jour du transfert puis tous les 10 jours si grossesse

Oui, vous avez bien lu... pas de piqûres! Seulement des petits cachets tout mignons (bon y'a bien la progestérone, mais tous les 10 jours, ça compte pas). Et si tout va bien, un seul aller/retour à prévoir à la PMA avant le transfert. Ce qui signifie moins de fatigue et moins de stress sur la route. J'ai un peu l'impression d'être une PMette touriste!

Ne reste plus qu'à croiser les doigts pour notre premier petit blasto se décongèle correctement... allez Nemo, accroche toi!


mardi 9 janvier 2018

Je n'aime pas le nouvel an.

Il y a 7 ans (7 ans déjà!), début décembre, c'est le cœur battant et des espoirs plein la tête que j'ai arrêté ma pilule. Le J1 de mon cycle 1 est arrivé le 31 décembre 2010, à l’aube d'une nouvelle année. On était jeunes, heureux, confiants en l'avenir. Tous les réveillons qui ont suivi ont marqué la date anniversaire de ce désir d'enfant qui n'aboutissait pas. 2012. 2013. 2014. Mon ventre restait désespérément vide. Le réveillon est devenu une torture. 

Et puis un beau jour, notre miracle est arrivée. Une parenthèse de bonheur. Les réveillons sont devenus un peu plus doux à vivre. 2015, j'étais enceinte de 8 mois, sur le point d'accueillir notre petite Pâquerette. 2016, elle était avec nous, et à minuit je n'ai pas pu m’empêcher d'aller regarder ma petite merveille dormant dans son lit parapluie. Tellement chanceuse. Tellement heureuse. Presque 18 mois à reprendre une contraception, profiter de ma fille, de la vie, à - presque - oublier notre condition d'infertiles. Et puis, l'envie d'un petit frère ou d'une petite sœur est arrivée, si forte. J'ai à nouveau arrêté la pilule. Janvier 2017, mon chéri a enfin cédé à une reprise prochaine de la PMA, et j'étais impatiente à l'idée de reprendre le parcours. Non pas que ça m'avait manqué, mais reprendre voulait dire terminer aussi, peut-être bientôt?

2018. Une FIV et une fausse-couche plus tard, l'enthousiasme à disparu. Il ne reste que l'amertume, la tristesse, la lassitude, la fatigue. Ce réveillon entre amis, j'ai eu l'impression de l'avoir déjà vécu il y a quelques années. Comme si j'avais remonté le temps. Mêmes amis. Un peu plus d'enfants, forcément. Des petits frères, des petites sœurs, des bébés. Mêmes conversations qui font mal. Même sourire de façade sur mon visage. Mêmes larmes à peine montée dans la voiture...

Ça y est, je suis redevenue celle que j'étais en 2014. Envieuse. Aigrie. Je ne pensais pas revivre ça avec une telle intensité. Après tout, j'ai la chance d'être maman. Oui, c'est vrai, ma fille est là. Elle est mon rayon de soleil et avec elle, tous les jours, je souris, je ris. Mais tout au fond de moi, la tristesse est là. Et la culpabilité aussi, ça c'est nouveau. J'ai tant pensé pendant des années que quand j'aurai mon bébé, je ne me plaindrai plus jamais. L'impression de trahir la PMette que j'ai été, et honteuse quand je pense à toutes celles qui attendent encore leur premier petit miracle... mais peut-on lutter contre ses émotions? Contre ses rêves?

2018 sera peut-être l'année de la dernière chance. Le temps de faire un ou deux TEC. De refaire une FIV. Et après? Me restera-t-il de la force? Du courage? Notre couple ne sera-t-il pas à bout de souffle? Ma culpabilité vis à vis de Pâquerette ne prendra pas le dessus sur mon désir d'enfant? Autant de questions qui me font peur. Les réponses viendront en 2018...

En attendant, on va essayer d'être positifs... et d'y croire.

Bonne année à toutes, que 2018 puisse être une année plein de bonheur, pour vous comme pour moi.

dimanche 24 décembre 2017

Joyeux Noël

Cette fête qui était si difficile à traverser il y encore quelques années est devenue si belle depuis trois ans, aux côtés de notre petite Pâquerette. Avec elle, tout à une saveur si particulière. Décorer la maison, le sapin, ouvrir chaque jour le calendrier de l'Avent. Tout est nouveau pour elle, car du haut de ses presque 3 ans, elle ne se souvient pas du Noël de l'an dernier. Et je trépigne d'impatience de la voir ouvrir ses cadeaux, avec des étoiles dans les yeux...


Je vous souhaite de passer les fêtes les plus douces possibles.
Que tous vos rêves se réalisent.

mercredi 20 décembre 2017

Et pendant ce temps là, côté PMA...

Alors que toute notre attention était tournée vers notre petite puce, mes règles m'ont fait la fleur de revenir, quasiment un mois jour pour jour après le début de ma fausse couche, soit le 9 décembre. J'avoue que j'ai surtout été soulagée de ce retour de couches rapide. On allait pouvoir passer à autre chose, et espérer retenter rapidement un TEC.

Je savais que je devais appeler la PMA, mais j'avoue que je ne me suis pas précipitée sur mon téléphone. On était samedi, j'ai donc attendu lundi. Et puis, prise par le boulot, j'ai oublié. Quand j'y ai repensé je me suis dit que je n'étais plus à un jour près, et qu'au lieu de courir à la récréation entre deux cahiers à corriger, j'appellerai tranquillement mercredi, de la maison. J'ai donc naïvement passé le coup de fil 4 jours après le début de mes règles. Et je me suis faite bouler gentiment car c'était bien trop tard et qu'il n'y avait plus de place. "La prochaine fois, appelez dès le premier jour de vos règles!"

Je me suis sentie très bête. Mais pourquoi j'avais autant traîné pour appeler? Pour Pâquerette j'aurais appelé dès le lundi à 8h tapantes, qu'il pleuve qu'il neige ou qu'il vente. Que je sois au boulot ou ailleurs. Et j'aurais rappelé à 8h05, 8h10, 8h15, jusqu'à avoir la secrétaire en ligne. J'aurais même tenté d'appeler le week-end, au cas où. Je me serais montrée bien plus combative. Est-ce une certaine lassitude qui s'installe, déjà, alors que nous venons juste de reprendre le parcours PMA?

Plus j'y réfléchis, plus que pense que c'est un acte manqué. Même si ça me fait suer qu'on ait perdu un mois, je dois avouer que je n'étais pas folle d'impatience à l'idée de refaire une tentative. Le dernier échec n'est pas encore tout à fait digéré je crois, je ne suis pas encore assez forte pour y retourner tout de suite. Et puis je dois faire une overdose d'hopitaux, car entre Pâquerette et la FIV, on y a passé beaucoup trop de temps depuis 4 mois.

Alors on va passer les fêtes tranquillement, sans rdv à l’hôpital, et attendre sagement que mes règles se pointent. Et cette fois-ci, je ne raterai pas le coche pour téléphoner!

jeudi 7 décembre 2017

Plus de peur que de mal

Jeudi dernier, il a fallu annoncer à Pâquerette que nous avions rendez-vous le lendemain avec la pédiatre du CHU qui la suit pour son arthrite. Elle a immédiatement fondu en larmes et mon cœur s'est brisé. "Elle va me faire une piqûre? Je veux pas une piqûre!" Je ne pouvais pas répondre à sa question, ne sachant pas moi-même si ma poulette allait avoir droit à une deuxième infiltration. C'est ce qu'on craignait plus que tout... et ouf de soulagement, ce n'est pas une récidive! Le gonflement est "seulement" un épanchement extérieur à l'articulation, et devrait disparaître (je croise les doigts, c'est en bonne voie) avec des pansements d'anti-inflamatoires. Ces pansements sont tout à fait indolores mais en grande angoissée, Pâquerette pleure quand même à chaque changement, de peur que ça tire (quand on le décolle) et que ça fasse mal. Avec le temps et mille précautions (on mouille bien le pansement, on explique, etc...) ça va mieux. On retourne voir la pédiatre jeudi prochain pour confirmer que "la bosse" est bien en train de se résorber.

Pâquerette qui veut tout comprendre et s'angoisse d'un rien, a cru qu'elle avait cette bosse car elle était tombée sur les genoux l'autre jour. Il a fallu lui expliquer que ce n'était pas de sa faute, que ce n'était pas dû à une chute. Pour la première fois je lui ai dit qu'elle avait une maladie qui s'appelait l'arthrite. Terrible pour une maman de dire ça à sa petite puce de même pas 3 ans, même si bien sûr elle ne comprend pas pour le moment.  Pourquoi? m'a-t-elle demandé. Et je n'avais pas la réponse. Moi-même, tous les jours je me demande pourquoi...

Enfin, ce qu'il faut retenir c'est que ce n'est pas une récidive, et ça c'est plutôt positif. Ma petite puce a le droit de tout faire, même d'aller à la babygym, puisque l'épanchement n'est pas dans l'articulation. C'est seulement au contact que c'est douloureux, mais pas quand elle sollicite son genou. Elle doit juste éviter d'appuyer dessus en se mettant à genou ou à quatre pattes. Elle a très vite compris et fait très attention, j'en reviens pas, elle est si petite. Ça me met en confiance pour plus tard, pour l'école. Elle saura se préserver.

Les fêtes arrivent, nous espérons que ce nouvel épisode médical sera réglé avant Noël. Et qu'une éventuelle récidive arrivera le plus tard possible....

En attendant, notre petite fille court, saute, dit "pourquoi" 457 fois par jour, chante et rit aux éclats. Elle est heureuse, et c'est tout ce qui compte. Je me raccroche à ça de toutes mes forces.

jeudi 23 novembre 2017

Etat des lieux

Moi
La FIV a épuisé mon corps et mon cœur. Je me sens tout le temps fatiguée, je suis irritable, moins patiente que d'habitude avec Pâquerette. La tristesse ne me quitte pas, ainsi qu'une certaine lassitude. Je n'ai plus aucun courage, pour rien. Je me demande si je ne couve pas une petite déprime. La fausse couche a fait remonter à la surface ma peur de ne jamais voir notre famille au complet. Ainsi que l'amertume, la jalousie. Le bonheur des autres me fait mal aux yeux. Je noie mon chagrin dans le chocolat. Ajouté à tout ce que j'ai grignoté pour tromper le stress de la FIV (et de ce qui a suivi...), ça commence à se répercuter sur la balance. Je ne supporte plus de voir tous ces bourrelets dans le miroir. Et ce petit ventre plein de gras, mais vide de bébé, me renvoie sans cesse à ce que j'ai perdu.

Mon homme
Fidèle a lui même, il extériorise peu, mais je sens que son moral n'est pas au beau fixe non plus. La fausse couche, nos espoirs perdus, l'AVC de son grand-père, ça fait beaucoup à encaisser. Alors, comme il n'exprime pas ses sentiments, c'est son corps qui le fait. Il a mal à peu près partout. Et son problème d'épaule prend des proportions encore jamais atteintes. Je m'inquiète pour lui.

Notre couple
Nous n'avons pas réussi pour le moment à nous retrouver "comme avant". Comme avant la reprise de la PMA. On s'aime, mais la flamme aurait besoin d'être entretenue. Or, on n'a plus de relations intimes depuis des lustres (avant la ponction quoi). On est tous les deux tellement englués dans notre mal être qu'on a du mal à communiquer. On s'occupe du quotidien, de Pâquerette, de la maison, le soir on s'évade devant des séries pour oublier tous nos problèmes. Et on se parle de moins en moins. 

Ma fille
Pâquerette a de nouveau le genou enflé, et c'est de loin ce qui nous mine le plus le moral. Pour l'instant, elle n'est pas encore trop gênée dans ses mouvements, rien à voir avec la crise de septembre, mais elle se plaint régulièrement. Elle a dû repasser une échographie, et nous avons repris rendez-vous avec la rhumatologue pour début décembre. On craint le début d'une récidive d’arthrite, à peine deux mois après sa première infiltration. Le produit étant censé durer plusieurs mois, on pensait être tranquilles un petit moment, mais non. La maladie est déjà de retour. Ça me rend folle de savoir que ma fille va encore devoir subir des misères à l’hôpital, et que ce n'est que le début. Je suis en colère, j'ai envie de hurler ma haine à la terre entière. De dire à tous les parents qui se plaignent de se la fermer, car leur enfant est en bonne santé. Notre petite Pâquerette avait déjà tellement morflé. La vie est injuste. C'est pas nouveau, mais autant j'avais à peu près réussi à l'accepter pour moi, quand ça concerne son enfant c'est pas pareil. Je n’accepte pas.

Le boulot
OK, le boulot passe bien après ma vie de famille, mais il n'empêche que mon métier fait partie de moi. De mon équilibre. Et fort est de constater que cette année scolaire est la pire que j'ai jamais vécue. D'abord parce que j'ai une classe ignoble, et plusieurs élèves incontrôlables qui me poussent à bout. Ensuite parce que j'ai passé plus de temps en arrêt de travail qu'à l'école. Du coup, malgré mes efforts, je n'ai pas réussi à imposer mon autorité, à installer une routine de travail, un cadre sécurisant pour ces élèves qui en ont tellement besoin. Et pour la première fois en sept ans d'enseignement j'ai vraiment l'impression de mal faire mon boulot.

Et en parlant d’arrêt de travail, ils vont rétablir le jour de carence pour les fonctionnaire. Joie. Rien qu'avec mes 3 arrêts depuis octobre, j'aurais perdu 150€ (et c'est pas comme si on roulait sur l'or...). La double peine quoi. Non seulement tu te tapes des traitements lourds, mais en plus tu paies. T'avais qu'à faire des gosses dans un lit comme tout le monde! Et la colère, à nouveau, qui s'empare de moi. 

Alors oui, je me lève le matin, j'avance, je souris. Je tiens pour ma fille. Mais au fond, je suis à bout. Rien ne va dans notre vie en ce moment, rien. Alors j'espère que cette satané roue va tourner...

vendredi 17 novembre 2017

Question de point de vue

Il y a bien longtemps que je n'ai pas parlé de M. et Mme Lachance sur le blog. Il faut dire que tant que j'étais en pause de PMA, j'arrivais à supporter plus facilement leurs jérémiades incessantes concernant leurs filles de 3 et 6 ans. Parfois fatiguée par ma propre Pâquerette, il m'est même arrivé de participer à ces doléances. Mais il ne faut pas exagérer non plus! A écouter M. Lachance, il vivrait l'enfer dans sa propre maison. De par mon métier je croise quand même pas mal d'enfants, et je peux vous assurer que ses filles sont tout à fait "normale", pas hyperactives, pas particulièrement bruyantes ni pénibles. Normales. 

Samedi dernier, il s'est à nouveau lancé dans ses lamentations de père exaspéré qui ne supporte plus ses enfants. Il nous lançait des perches, essayait de nous faire participer, voulait qu'on se plaigne nous aussi. Il s'est vite aperçu que ça ne marcherait pas, et que je n’allais pas dire moi aussi que ma fille était insupportable ou toute autre horreur! D'abord parce qu'elle était dans la pièce, et qu'en plus, ce n'est pas le cas! De guerre lasse, il en a conclu que c'était "bien plus facile avec un seul enfant. Deux, c'est l'horreur, elles se relaient. Quand il y en a une qui est calme, c'est l'autre qui est chiante..."

Alors même qu'il sait qu'on a recommencé un parcours PMA pour un deuxième enfant. Alors même qu'il est au courant pour ma fausse couche. Alors même que j'étais encore en train de perdre du sang.

Vraiment les enfants n'auraient pas été présents, je crois que je lui serai rentrée dedans!

Il est persuadé que Pâquerette est un petit ange docile (bon, c'est vrai qu'en société, on ne l'entend pas beaucoup!) alors que ses filles seraient de petits monstres malfaisants. Je ne crois pas, non. Je pense juste qu'on n'a pas la même façon de voir les choses. Pâquerette aussi laisse traîner ses jouets dans toute la maison, nous réveille aux aurores le week-end (alors qu'il faut la tirer du lit en semaine pour aller chez nounou...) fait des colères pour ne pas aller au lit, nous sollicite beaucoup, et quand elle est fatiguée, pleure à la moindre frustration... mais je trouve ça plutôt normal, c'est un enfant! Et même s'il faut parfois se fâcher, rappeler les règles, c'est notre rôle de parent. Rôle qu'on a choisi d'endosser, non? 

Et surtout, elle nous apporte tant de bonheur! Le réveil à 7h le dimanche matin est certes matinal, mais les câlins qui vont avec nous donnent la pêche pour la journée. Voir les jouets traîner partout, moi j'aime ça, au moins la maison est vivante. C'était tellement triste, avant Pâquerette, quand tout était à sa place. Oui elle demande beaucoup à jouer avec Papa et Maman, et tant mieux car on adore ça! On passe de très bons moments, et tant pis si le linge à plier attend dans la panière ou si l'aspirateur n'est toujours pas passé. Elle ne restera pas petite tout le temps, alors on en profite à fond, elle est notre priorité. Et on ne se lasse pas de la voir progresser, imaginer, créer, et grandir à toute vitesse.

Bien sûr tout n'est pas toujours rose, parfois on est fatigués et donc moins patients, souvent on pousse un "ouf" de soulagement une fois que Pâquerette est couchée, mais on l'aime notre vie de famille. On l'apprécie sans doute d'autant plus qu'on a galéré des années pour l'obtenir, c'est vrai. Et qu'on est conscient que d'autres n'ont pas cette chance...

Si M. Lachance ne réalise pas le bol qu'il a d'avoir deux petites filles en bonne santé, je ne peux rien pour lui...