samedi 30 novembre 2019

Prise de sang

Pâquerette nous a réveillé vers 5h du matin à cause d'un cauchemar. Elle s’est rendormie, moi pas.

Dès que j'ai posé le pied par terre, j'ai ressenti cette sensation, difficilement explicable mais bien reconnaissable. Celle des règles qui vont débarquer. Et la certitude intime que c'était fini. J'ai ressassé et pleuré pendant une heure, avant de réussir à me rendormir. Ce matin au réveil, j'avais une tête à faire peur...

Je suis allée faire la prise de sang résignée, je connais déjà le résultat. Le ciel était rose ce matin, un signe d'espoir? J'ai malgré tout pleuré pendant une partie du trajet, aller et retour. Je prends de l'avance pour tout à l'heure. C'est plus facile quand je suis seule, je ne veux pas que Pâquerette soit aux premières loges quand je vais m'effondrer. 

Je dois appeler la PMA entre 12h et 13h "pour connaitre la marche à suivre". La marche à suivre... la bonne blague... je la connais déjà. Pleurer pendant deux jours, puis remettre mon armure pour avancer. Et recommencer.

Mais une armure, c'est lourd, et j'ai de moins en moins de forces pour la porter.

EDIT : Sans surprise, c'est négatif...

vendredi 29 novembre 2019

SPM

Je continue à prendre mes capsules d'Utrogestan.
Ainsi que mon acide folique.
J'irai sagement faire ma prise de sang demain.
Mais je sais déjà que c'est fichu. Je le sens dans mes tripes.
Mon syndrome pré-menstruel s'est pointé ce matin.
Exactement comme pour mes deux derniers transferts ratés...

jeudi 28 novembre 2019

DPO 13

Depuis mon retour au boulot, la vie normale a repris le dessus. La journée, les élèves (et même certains parents...) me font payer mon absence de 2 semaines, le soir, c'est la course habituelle que toutes les mamans connaissent, du coup je n'ai pas le temps de penser. J'ai l'impression que cette FIV a été une parenthèse, qu'elle est loin derrière déjà, et que je serai prête à en refaire une autre dans quelques mois. Car le protocole court, ça me va bien. Comme si j'étais déjà passée à autre chose, comme si c'était déjà terminé. Une façon de me protéger sans doute, je m'étais tellement bercée d'espoirs lors du dernier TEC, la chute n'en avait été que plus brutale...

Les signes sont les mêmes que d'habitude, merci la progestérone. Seins comme des obus, avec deux belles veines bleues apparentes. Ventre super gonflé, en particulier le soir, je ne peux plus fermer mes pantalons. Et immense fatigue. Bref, rien que du classique. Et rien d'autre. Ni dans un sens, ni dans l'autre. Pas de SPM, ça c'est chouette. Mais ça ne veut rien dire. Et pas non plus de mal de ventre type contractions, comme j'avais eu au début pour Pâquerette. Rien de rien, tout à l'air désespérément "normal". Comme si Bigflo et Oli s'étaient déjà fait la malle depuis longtemps. Je continue à leur parler, pourtant, on ne sait jamais, sur un malentendu. Il me reste donc un soupçon d'espoir...

Dernière ligne droite avant la prise de sang de samedi matin...

jeudi 21 novembre 2019

Le troisième coup de fil

Malheureusement les 3 embryons restants ne se sont pas assez développés pour être congelés. Nous sommes déçus bien sûr, mais en même temps, tellement habitués à ce cas de figure. Pour nous, la plupart du temps, 1 FIV = 1 chance. C'est comme ça, et c'est mieux que zéro chance.

Alors nous misons tout sur nos petits Bigflo et Oli qui sont bien au chaud dans mon utérus. Je leur parle, je les encourage, et je les nourris à coup de chocolat. Tenez bon les gars!

mercredi 20 novembre 2019

Le deuxième coup de fil


Je ne vais pas faire durer le suspense trop longtemps... au téléphone le biologiste nous a annoncé que 2 beaux blastos nous attendaient gentiment à la PMA! Nous sommes donc allé les chercher en fin de matinée, sous un beau soleil d'automne. Il n'avait pas fait si beau depuis des semaines... un signe?

Les 3 autres petits embryons n'avaient pas atteint le stade blastocyste et on été gardés en culture, je dois rappeler demain matin pour savoir si certains vont pouvoir être congelés.

Il ne me reste plus qu'à vivre normalement pendant les 10 prochains jours. Et c'est plus facile à dire qu'à faire. D'abord 4 jours à la maison, puis la reprise du boulot, tout en gardant la zen attitude. Etre positive, sans trop se projeter non plus. C'est toute la difficulté!

Etant donné ce que j'écoute en boucle ces derniers temps, on a décidé d'appeler notre duo de blastos... Bigflo et Oli!

Image associée

mardi 19 novembre 2019

Entre deux

Je suis en arrêt de travail, j'ai du temps pour moi et pour me reposer. Et tant mieux car, est-ce la faute de la progestérone, du contre-coup de la ponction, ou des deux, je suis crevée. Je fais une sieste tous les jours, et tombe quand même de fatigue à 22h le soir... 

Ce temps de pause est donc amplement nécessaire, mais du coup j'ai l'impression d'être hors du temps, de flotter dans un entre deux bizarre. La semaine dernière, je suis allée 4 jours sur 5 à la PMA, donc mes journées étaient très remplies. Là, j'ai du temps pour penser, or c'est la dernière chose que je veux faire.

Alors j'essaie de m'occuper. Je prépare ma classe, je brique la maison, je prépare des petits plats à congeler, je fais des machines. Une fois que le transfert aura eu lieu, pas question que je fasse du ménage en grand ou que je secoue ma grosse couette, on ne sait jamais. Du coup je fais tout maintenant. J'ai même changé mes draps (qui n'en avaient pas besoin) pour être sûre de ne pas aggraver mes allergies, et éviter les épisodes d'éternuements et de mouchages intensifs tous les matins. Éternuer, se moucher, ça fait contracter l'utérus. Et après je psychote.

Oui je suis cinglée.

Tout est organisé pour demain. Pâquerette va passer l'après-midi avec Mamie. Mon homme rentre de sa formation ce soir exprès pour qu'on puisse partir à la PMA demain matin, directement après le coup de fil. J'ai prévu le jus d'ananas (il parait que ça aurait des effets bénéfiques...), le chocolat qui va bien et les bouquins.

Maintenant reste à attendre le top départ. En espérant qu'il ait lieu...

dimanche 17 novembre 2019

Le premier coup de fil

Ça n'a pas été une nuit des plus reposantes... réveillée environ toutes les heures, les yeux rivés sur le réveil (que j'avais pourtant réglé sur 8h au cas où...), je me suis levée tôt et n'ai pas quitté la pendule des yeux... jusqu'à l'heure fatidique, 8h45.

Pour la FIV qui nous a donné Pâquerette, c'était aussi un dimanche matin. Ce premier coup de fil. 

A 8h44, je composais le numéro en tremblant. A 8h47, je raccrochais, soulagée. Nous avons obtenu... 5 petits embryons. Nous sommes à la fois enthousiastes et sur la réserve. Ne pas trop s'emballer, pour ne pas risquer de tomber de trop haut...

On espère un transfert pour mercredi, on le saura le matin même au téléphone.

D'ici là, repos (la semaine dernière m'a exténuée) et zen attitude...

samedi 16 novembre 2019

Ponction

La ponction s'est bien passé dans l'ensemble, par contre, qu'est-ce que j'ai douillé au réveil! Et toute la soirée! Je ne me rappelais pas avoir vécu une ponction aussi douloureuse par le passé... ou alors je ne me rappelais plus?

Bon, tout ça est secondaire car... roulement de tambour... 6 ovocytes matures ont pu être recueillis!!

C'était un peu inespéré, étant donné que notre dernière FIV a été une cata, et que je n'avais même pas pu avoir une ponction. 

On est donc très contents, même si on reste prudents. Pour notre avant-dernière FIV, on avait eu beaucoup de pertes : sur 9 ovocytes, nous avions obtenu 3 embryons. Alors que pour Pâquerette il y a 5 ans, on avait fait le carton plein... 3 ovocytes qui avaient donné 3 embryons!

Premier début de réponse demain matin...

Well.... I did say I'd keep my fingers crossed for you!! xxx

mercredi 13 novembre 2019

Je lui ai dit

Ça fait longtemps que je voulais lui dire.

Mais jusqu'à présent, ça me semblait si compliqué. Je me disais que c'était des problèmes d'adultes, que ma fille était encore petite, qu'il fallait la préserver de ça. J'avais peur qu'elle se projette, qu'elle soit déçue. Connaissant son côté angoissé, je craignais qu'elle s'inquiète pour maman. Je ne voulais pas ajouter ces préoccupations à son parcours médical. Je redoutais ses questions aussi, et la manière dont j'allais les gérer moi, sans flancher. 

Je savais pourtant qu'elle était tout à fait capable de comprendre, et ce depuis un moment. Elle est tellement mûre pour son âge (4 ans trois quart...). Mais je me faisais une montagne de cette annonce.

Et puis, tout à coup, j'ai su que c'était le moment de lui dire la vérité. Avec ses antennes, elle sentait que quelque chose se tramait. Elle s'endormait mal depuis que j'ai commencé le suivi à la PMA et s’inquiétait de ne pas me voir le lendemain matin. Son père a essuyé plusieurs réveils en pleurs cette semaine, car elle n'avait pas pu me faire un bisou avant que je parte. Ajoutez à ça les questions de plus en plus précises, qui m’obligeaient à inventer des bobards... Nous sommes très fusionnelles toutes les deux, et en temps normal, je lui explique toujours tout, je ne lui mens jamais. Et je ne supportais plus de le faire.

Je lui ai dit, tout simplement, sans tambours ni trompettes. "Les docteurs essaient de faire pousser des graines dans mon ventre, pour, peut-être, réussir à fabriquer un bébé." Son visage c'est illuminé. "Un vrai bébé?" J'ai tout de suite précisé qu'on essayait, que ça ne marchait pas tout le temps, qu'il n'y aurait peut-être pas de bébé. "C'est pas grave, on ira en adopter un, comme M." J'ai préféré être claire en lui disant d'emblée que ça serait impossible pour nous. 

Donc voilà, elle sait. Elle sait que vendredi les docteurs vont prendre les graines de maman et celles de papa. Qu'ils vont les mettre ensemble pour faire un œuf et que s'il y a un œuf, ils le remettront dans mon ventre. Et que, peut-être, s'il s'accroche, ça fera un bébé. 

Elle n'avait pas l'air inquiète, et passé sa première réaction plutôt enthousiaste, elle ne m'en a plus parlé. Donc elle n'a pas l'air de se projeter plus que ça... tant mieux, c'est ce que je redoutais. Quant à moi, je me sens infiniment soulagée. Apaisée. Ne plus avoir à lui mentir me retire un poids immense. 

Ponction, me voilà!

mardi 12 novembre 2019

Monito #3 et #4

C'était assez inespéré, mais tout semble se dérouler plutôt bien, en témoignent les deux derniers monitos à l’hôpital.

Hier, lundi férié donc, je me sentais un peu seule au monde quand j'ai pris le volant. Je peux vous assurer qu'à 6h30 un 11 novembre, on est tranquille sur la route! J'ai traversé plusieurs villages fantômes, pas un chat! Personne sur le périph! Pareil à l’hôpital. Seul le service PMA était ouvert, et il n'y avait qu'une sage-femme pour gérer la poignée de patientes présente. Ambiance feutrée et presque familiale, c'était étrange.

Aujourd'hui, atmosphère radicalement différente. Les honnêtes gens retournaient au travail, beaucoup de circulation et des bouchons à l'arrivée, comme d'habitude. Et dans la première salle d'attente, un monde dingue, je n'avais jamais vu ça! Il n'y avait même pas assez de chaises. J'ai patienté un petit 3/4 d'heure avant d'avoir droit à ma prise de sang (2 minutes chrono). Puis les choses sérieuses ont commencé, je suis allée m'installer dans la deuxième salle d'attente, celle pour l'échographie, qui était aussi pleine à craquer. Ambiance usine et travail à la chaîne. Il était 9h. La sage-femme m'a appelé à 11h45. Midi moins le quart! C’était très long. Plus de 3h30 sur des chaises dures et inconfortables + 3h de route = un dos en compote! 

Mais l'essentiel n'est pas là, l'essentiel c'est le résultat de tous ces efforts : de beaux follicules! 
A gauche : toujours un très gros follicule (plus de 20mm) 
A droite : de beaux follicules de 14, 15, 16 et 19mm
Et tout ça sans compter les petits!

J'attends la confirmation de la PMA (impossible de les joindre, ça se bouscule au téléphone...) mais la ponction ne devrait plus tarder.

Même si j'essaie de garder les pieds sur terre, ma lueur d'espoir est devenue une lampe qui clignote!

vendredi 8 novembre 2019

Lueur d'espoir

Je vous avoue que je n'étais pas très optimiste, mardi, en sortant de ma première échographie. Le gars était bien sympathique mais très cash "Ah, bah y'a pas grand chose! C'est vraiment très petit! Etc..." J'avais pourtant pris soin de lui dire que j'étais en insuffisance ovarienne, histoire qu'il ne s'alarme pas plus que nécessaire, mais à l'entendre je pensais que c'était fichu...
En ressortant du cabinet, je me suis empressée de lire le compte rendu. Bon, pas si catastrophique que ça! A gauche : un gros follicule et des minus,  à droite : un gros follicule, deux moyens, et des minus. Ça pouvait être jouable, si les moyens évoluaient correctement.

J'avais donc un peu la pression ce matin en prenant la route de la PMA. Ce qui me rassurait, c'est que mes ovaires tiraillaient un peu, bon signe ça. Si ça tire, c'est que ça travaille. 
Ce bon signe a été confirmé par l'échographie! C'est poussif, comme d'habitude, mais ça pousse!
A gauche : toujours un seul gros follicule de 14 mm, et des minus
A droite : un gros follicule de 11mm, 2 de 10mm, et des petits
Quatre follicules, c'est pas énorme, mais c'est le minimum syndical pour avoir une ponction. Donc si les quatre continuent de pousser gentiment, j'aurai droit à ma ponction!

Moi qui avait commencé cette FIV sur pilote automatique, sans trop m'investir émotionnellement, je recommence à y croire, et à espérer que, peut-être, avec énormément de chance... 
Mais ne nous emballons pas. Une étape à la fois. Déjà on va attendre que j'aille à la ponction et on verra pour l'étape suivante...

jeudi 31 octobre 2019

Bac à légumes

Je ne l'ai pas vu venir, accaparée que j'étais par la maladie de notre poulette, mais la FIV3 est déjà arrivée! (enfin, la FIV2 bis pour être exacte...) J'ai arrêté ma pilule il y a quelques jours, mes règles ont débarqué dans la foulée, et demain, je commence les piqûres. On retente un protocole court, comme pour ma toute première FIV il y a... pfiou... 1000 ans? (Ah non, seulement 6 ans, j'ai l'impression que c'était dans une autre vie.)

Stimulation avec du Pergoveris, c'est nouveau a priori, et ça ressemble à du Gonal, ce sont des stylos pré-remplis. Pour le blocage, ça sera de l'Orgalutran, en seringues pré-remplies aussi. Pas de mélanges, tout est prêt. Easy! Déclenchement avec Ovitrelle comme d'hab + Deca, ça je ne sais pas pourquoi. 

Pour l'instant, je suis plutôt zen, j'essaie de ne pas penser au côté décisif de cette FIV. Je vais me piquer consciencieusement, essayer de manger correctement (pas plus d'une tablette de chocolat par jour, promis...), de respirer, de me détendre, et advienne que pourra...

Acte II, FIV2 bis, c'est parti!


Entre les injections de Pâquerette et les miennes, 
ça devient compliqué de manger des légumes!

lundi 28 octobre 2019

Acalmie

Je n'ose pas le dire trop fort, et encore moins l'écrire, mais Pâquerette va beaucoup mieux.

Depuis une dizaine de jour, la crise est passée, d'un coup, comme ça. Je vous avoue qu'on n'a pas tout compris. Le vendredi matin encore, le réveil s'est fait dans les pleurs, elle ne pouvait pas plier le genou. "Comment je vais faire pour aller à l'école? C'est quand qu'on va chercher le fauteuil roulant?" Rien ne laissait présager que je récupérerais une petite Pâquerette en forme le soir même. Le samedi, elle ne boitait presque plus au réveil. Le dimanche matin, elle faisait le lapin au milieu du salon! Le lundi, elle courait dans toute la maison. "Il faut qu'elle y aille doucement" a dit la kiné. Allez dire ça a une petite fille de 4 ans qui n'a pas couru pendant plusieurs mois!!

La bosse est toujours bien présente et dure, mais elle n'a plus mal au genou. En revanche, et depuis une semaine, elle se plaint de la cheville gauche, qui est effectivement gonflée. Principe des vases communicantes? Quand ça va mieux d'un côté, ça ne va plus de l'autre... Heureusement - pour le moment - sa cheville ne l'entrave pas du tout dans ses mouvements comme c'était le cas pour le genou. Elle marche tout à fait normalement. On croise les doigts pour que le traitement fonctionne et que l'inflammation de la cheville disparaisse elle aussi.

Oui, car nous avons finalement continué le traitement, après une injection sous surveillance à l’hôpital (meopa, prise de sang, pose de cathéter, que du bonheur pour un premier jour de vacances...). A priori, l’urticaire qu'elle a fait n'était pas dû à l'Enbrel. On refait donc une 4ème injection demain, près de chez nous, j'espère que tout ira bien.

Si l'embellie pouvait durer quelques mois, franchement ça ferait du bien. 

jeudi 17 octobre 2019

Nous allons donner suite à votre appel (ou pas)

La pédiatre du CHU commence vraiment à me courir sur le haricot.

D'abord, elle nous fait espérer, annonce à Pâquerette la fin de piqûres, puis se ravise une semaine après. Puis elle nous laisse nous débrouiller pour prendre une décision : nouveau traitement ou pas, en piqûre ou en perfusion... "Vous pouvez me joindre par mail ou en passant par le secrétariat si vous avez des questions." Oui, bien-sûr... cette semaine-là, j'ai passé mon temps à essayer de la joindre, j'ai appelé moult fois le secrétariat, envoyé des mails, il a fallu attendre des jours pour qu'elle me réponde.
Pas comme si la situation était urgente et que ma fille ne pouvait plus marcher...

L'impression que l'histoire se répète. Ce week-end, on s’aperçoit que Pâquerette a des boutons et plaques rouges partout, la généraliste le confirmera, c'est une réaction allergique, sans doute à l'Enbrel.
Dès le lundi matin, heure d'ouverture du secrétariat, j'appelais pour prévenir la pédiatre, et pour savoir si on devait ou non poursuivre le traitement. Et pour planifier une rencontre rapide si jamais on devait changer.
"Le docteur D vous rappelle dans la journée." Je me suis promenée toute la journée avec mon portable, sonnerie réglée au maximum. Le docteur D n'a pas rappelé.
Mardi matin, je suis retournée bosser, et par précaution j'ai envoyé un mail dès 7h, pour réexpliquer la situation, et préciser que je ne pourrai répondre qu'entre midi et 14h, et après 16h30. Le docteur D n'a ni rappelé, ni répondu à mon mail.
Mercredi, dès 14h, je rappelle le secrétariat pour dire qu'il est urgent que le docteur D me rappelle. "Elle vous rappelle dans l'après-midi sans faute." Je passe mon après-midi greffée à mon portable, à guetter son appel. Qui ne vient pas. Passé 19h, je me dis que c'est mort. 20h15, je suis en train de coucher Pâquerette quand mon téléphone sonne... le temps d'arriver, c'est trop tard!! Grrr!!!

Donc à l'heure qu'il est je ne sais toujours pas si on doit on non continuer les piqûres. Je n'ai pas encore annulé celle de demain soir, mais il va bien falloir que je prévienne l'infirmière quand même!

Depuis une demi-heure, je tente en vain de joindre le secrétariat. Invariablement, je tombe sur la même petite musique : "Bonjour. Vous êtes au secrétariat de consultations pédiatriques. Merci de patienter. Nous allons donner suite à votre appel."
Quelques sonneries dans le vide, et puis :
"Votre correspondant est momentanément inaccessible. Veuillez rappeler ultérieurement."

Je suis en colère, vraiment l'impression d'être lâchée dans la nature. Avoir une petite fille malade n'est déjà pas facile, on ne devrait pas en plus se battre pour avoir des réponses des médecins qui sont censés la suivre. J'y passe un temps et une énergie folle, je stresse d'être dans le flou depuis des jours, j'en deviens irritable et pas patiente avec Pâquerette, qui n'y est pour rien.

Hier, de rage d'avoir raté l'appel, je lui ai crié dessus pour une broutille. Elle a beaucoup pleuré, et je m'en suis énormément voulu. "Je suis désolée mon poussin. C'est pas après toi que je suis en colère, c'est après le docteur D."

Si je n'ai pas de nouvelles avant 11h, je débarque dans le service de l’hôpital. Et je ne bougerai pas de la salle d'attente avant d'avoir eu ma réponse.

lundi 14 octobre 2019

Serrer les dents

Pâquerette a commencé les piqûres près de chez nous. Si le nouveau traitement n'est pas magique, il lui permet au moins de marcher, et elle a pu reprendre le chemin de l'école. Pour autant, elle ne court pas, ne saute pas, boîte énormément, et ne se déplace que sur de courtes distances. Elle commence à prendre des mauvaises positions pour marcher, ce qui m'inquiète beaucoup. Ses symptômes et sa fatigue sont tellement variables sur la semaine, sur la journée même, que je passe par des montagnes russes permanentes. Quand elle va bien, je vais bien. Quand elle pleure, je pleure à l'intérieur...

On ne peut plus vivre normalement.
Nous sortons peu, et tout le temps en voiture. Terminé les promenades à vélo, les retours d'école à pied, les ballades en forêt, les goûters au parc. En septembre nous arrivions encore à aller voir le cheval au bout du chemin, ce n'est plus envisageable désormais. Marcher demande trop d'efforts à notre poulette, nous devons beaucoup la porter.

Elle ne peut plus aller avec sa classe faire des promenades autour de l'école, ce qu'elle adorait l'an dernier. Alors elle reste dans la classe des grands. Lors des séances de motricité, quand elle ne peut pas participer, l’enseignante lui donne des petites responsabilités. Elle semble bien le vivre "Je suis l'assistante de la maîtresse!" mais c'est difficile à accepter pour nous, en tant que parents. 

Le week-end prochain, c'est le vide-grenier du village, avec manèges et tout et tout. Nous ne savons pas encore comment gérer ça. Nous avons envisagé de ressortir la poussette mais ce n'est clairement pas la solution, et nous le savons au fond de nous. La généraliste m'a fait une ordonnance pour un fauteuil roulant. Nous ne savons pas encore si nous allons nous en servir. Je crois que je ne suis pas encore prête à voir mon bébé en fauteuil car rien que de l'écrire, les larmes me montent aux yeux. Même si c'est ponctuel, le fait de la voir là-dedans, le regard des autres, les questions... Non, pour une première sortie, il vaut mieux qu'on évite la fête du village...

Pour finir, nous avons eu la mauvaise surprise hier matin de découvrir une Pâquerette couverte de plaques et de boutons... ça serait une réaction allergique, sans doute à l'Enbrel, le nouveau traitement. Donc ce matin, on a couru chez la généraliste, qui a donné un traitement antihistaminique à ma poulette. Et j'ai harcelé le secrétariat de l’hôpital, normalement, la pédiatre doit me rappeler cet après-midi pour qu'on cale un rendez-vous rapidement.

J'essaie de ne pas être pessimiste, mais j'ai très peur de ce qu'elle va me dire...

mardi 1 octobre 2019

Craquer

Jeudi 19 septembre, au vu des douleurs de Pâquerette, nous avons dû reprendre les injections d'Humira. Alors même qu'une semaine avant, la pédiatre avait regardé ma fille de 4 ans dans les yeux et lui avait assuré qu'elle n'aurait plus de piqûres. J'étais folle quand le médecin m'a annoncé ça au téléphone. Et je n'en menais pas large quand j'ai dû l'expliquer à Pâquerette. Elle s'est montrée très calme et raisonnable et a dit d'accord tout de suite pour la piqûre. Elle a bien compris que c'était la seule façon d'améliorer sa qualité de vie, au moins pendant quelques jours.

La mauvaise surprise, c'est qu'à la suite de notre rdv en hôpital de jour, la pédiatre nous a annoncé que le protocole expérimental ne commencerait pas avant fin janvier, au mieux. Fin janvier!! Alors qu'une semaine avant elle nous annonçait fin septembre! J'ai été tellement anéantie que je n'ai même pas eu la force de m'énerver. Nous ne pouvions pas attendre 4 mois. Adieu, le gentil médicament en sirop, qu'on prend tranquille à la maison. Deux options moins sympas s'offraient à nous : la perfusion une fois par mois ou les injections toutes les semaines... Je suis rentrée à la maison avec ce choix à faire, pesant très lourd sur mes épaules. Evidemment, nous en avons discuté longuement avec mon homme, mais comme c'est moi qui suis en première ligne, qui devrait assurer les rdv, il m'a laissé la décision finale. 

Semaine très éprouvante à ne penser qu'à ce choix à faire, à tenter de joindre le secrétariat, le médecin, et à prendre des avis à droite à gauche. Pâquerette a donné son avis elle aussi, après tout, on lui devait bien ça, après lui avoir laissé miroiter un arrêt des piqûres... Elle préfère les injections. Parce qu'elle connait, tout simplement, alors que la perfusion lui fait peur. J'ai dit OK à condition qu'on les fasse près de la maison. Je tomberais dingue si je devais aller toutes les semaines à l’hôpital. 

Pendant ce temps-là, la piqûre d'Humira faisait son effet, on a eu quelques jours sympas. Pâquerette pouvait à nouveau marcher au réveil, et même courir le soir. On a fait une pause d'anti-inflammatoires. Une petite respiration, avant de replonger. 

Hier, enfin, j'ai eu la pédiatre au téléphone, j'ai pu poser mes questions, finaliser ma décision, et elle m'a envoyé les ordonnances par la poste (pas de fax possible car ordonnance spéciale). Nous devrions recevoir tout ça demain, je devrais avoir le temps de courir commander le médicament à la pharmacie, et si tout se passe comme prévu, vendredi, nous pourrons faire la piqûre. 

Il le faut. Car depuis la nuit dernière, l'état de notre petite puce s'est considérablement agavé. Une nuit de douleurs et de pleurs... une nuit en enfer. Nous avions oublié de donner l'Advil, autant dire que je m'en veux beaucoup. Même après avoir installé Pâquerette dans notre lit, nous avons tous assez peu dormi. Ce matin, elle ne tenait même pas debout, et marchait en se tenant aux meubles. Mais elle avait le sourire quand même. Je me suis dit qu'avec l'échauffement, les anti-inflammatoires, ça allait le faire. Et s'améliorer au cour de la journée, comme d'habitude.

Je suis allée la déposer à l'école. Sur le parking, je la soutenais plus que je lui donnais la main pour parcourir les quelques mètres qui nous séparaient du portail. Des gamins nous doublaient en courant. J'avais envie de pleurer. Elle s'est éloignée vers sa classe avec difficulté, et l'ATSEM s'est inquiétée, a pris des nouvelles... les larmes sont montées... que j'ai réussi à retenir jusqu'à ma voiture. C'est en pleurant toutes mes larmes de mon corps que j'ai pris la direction du boulot. Je suis presque allée au bout. Et j'ai fait demi-tour. Je ne pouvais pas. Je n'étais pas en état. Mon extinction de voix m'empêchait de culpabiliser trop, j'avais une "bonne" raison.

J'ai dit à la maîtresse que je pouvais aller chercher Pâquerette si ça n'allait pas, que j'étais à la maison. Elle m'a dit que ça allait. Forcément, elle ne se plaint jamais, à l'extérieur. Mais à la sortie des classes, je l'ai récupérée dans un sale état. Elle s'est traînée jusqu'à moi, puis je l'ai prise dans les bras jusqu'à la voiture. Elle n'a pas pu se déplacer dans la maison, nous l'avons portée. Elle avait très très mal, a réclamé l'Advil, n'a pas souri de la soirée et a réclamé son lit. Pauvre petite puce, d'avoir joué la forte toute la journée. 

La boule à son genou droit a encore enflé, elle ne peut plus plier la jambe. Le moindre choc, le moindre mouvement la fait pleurer. Nous prenons d'infinies précautions pour l'habiller, lui retirer ses chaussures... Je n'ai pas pu retenir mes larmes quand elle m'a dit "Maman, moi j'en ai marre de cette bosse, je veux la couper. De couper carrément ma jambe." Et aussi : 

"Quand est-ce qu'elle va partir la maladie?"

jeudi 19 septembre 2019

Tenir

Cette année, je n'ai pas envie de fêter mon anniversaire. Vraiment.

Plus je vieillis, plus mes chances d'avoir un deuxième enfant s'amenuisent. Je ne vois pas en quoi ça devrait me donner envie de faire la fête?

Et surtout, surtout... Pâquerette ne va pas bien du tout. 
L'infiltration du mois d’août a permis de faire dégonfler le genou, mais n'a pas résolu le problème de fond : les piqûres ne suffisent plus. Pâquerette est en échappement thérapeutique. La prise de sang a confirmé qu'elle était déjà immunisée contre l'Humira, au bout d'un an et trois mois de traitement. Il parait que c'est rare. Quand la pédiatre a osé prononcer ce mot, rare, j'ai eu envie de me pendre. Pourquoi on fait toujours des trucs rares, nous?

Elle s'est montré positive, comme toujours. On allait pouvoir intégrer un essai clinique qui devait commencer fin septembre. Pour une biothérapie en cachet. Il nous suffisait de tenir jusque là, avec une bonne grosse dose d'anti-inflammatoires, ça allait le faire. Elle a vendu du rêve à ma Pâquerette. Lui a annoncé qu'elle n'aurait plus de piqûres. J'aurais voulu tempérer tout ça, la protéger, mais je me suis laissée gagnée par l'espoir, l'envie d'y croire. Ma puce était si heureuse, vous auriez vu son sourire! Elle a chantonné dans la voiture, sur tout le chemin du retour, qu'elle n'aurait plus de piqûres, que c'était le bonheur.

Bon, le bonheur n'est pas au rendez-vous pour l'instant. Pâquerette a mal, toutes ses articulations la font souffrir, en particulier le matin. On a repris nos petits rituels, je la porte jusqu'aux toilettes, puis jusqu'au canapé. On met du chaud, on donne l'Advil. Elle prend le petit déjeuner les jambes allongées sur une autre chaise. On essaie de rester positifs, mais comment faire quand chaque jour elle nous dit qu'elle a mal? Qu'elle ne peut pas courir, sauter? Quand je la laisse au portail de l'école et que je la vois boiter jusqu'à sa classe, son petit sac sur le dos, j'ai envie de pleurer.

Elle en a marre, a hâte de commencer le médicament. Au bout d'une semaine à attendre sagement le coup de fil du toubib qui s'occupe de l'essai clinique, j'ai pris les devants et j'ai téléphoné moi-même ce matin. Et j'ai bien fait. On n'est plus du tout sur les délais annoncés par la pédiatre. La première réunion aurait lieu le 16 octobre, avec un début de traitement fin octobre. Et ça c'est dans le meilleur des cas, car si les autorisations prennent du retard, alors on ne pourrait pas commencer avant novembre. Novembre!

Il faut donc que ma puce tienne encore 5, 6, 7 semaines comme ça. Si elle tient. Car dans le cas contraire, il faudrait lâcher l'idée de l'essai clinique, et envisager un nouveau traitement. En piqûre ou en perfusion. Et ça, ça voudrait dire qu'on lui a menti. Menti.

Je ne peux pas m'arrêter de pleurer depuis ce coup de fil... 

Comment je vais lui annoncer ça?

dimanche 11 août 2019

Boule au ventre

Demain, notre petite puce de quatre ans va vivre sa deuxième infiltration. Elle n'a aucun souvenir de la première, il y a deux ans. Nous, si. Et ça avait été l'horreur.
Alors depuis plusieurs jours, on prépare le terrain, on joue au docteur, à mettre le masque de Meopa, on dédramatise, on fâche ce vilain genou qui ne veut pas dégonfler et on lui parle (oui, on parle à un genou...) "Tu vas voir quand le docteur t'aura fait la piqûre tu rigoleras moins, ah, ah, ah!
Mais au fond on ne rigole pas, nous non plus.
Pâquerette semble pour l'instant rester très calme mais nous savons bien que tout peut basculer à la seconde où on entrera dans la chambre d’hôpital...
Si elle accepte de tenir elle-même le masque sur son visage, si elle me serre fort la main, si elle regarde papa qui fait des bulles... Peut-être que ça va le faire.
Mais si elle refuse, s'il faut la maintenir, lui appliquer de force ce satané masque pendant qu'elle se débat, ça va être beaucoup plus sportif. Et plus traumatisant pour tout le monde. Or, des infiltrations, il y en aura sans doute d'autres... J'aimerais autant que possible ne pas créer un nouveau souvenir traumatisant.
Allez, on respire un bon coup. Elle est grande maintenant. Elle comprend. Et puis les piqûres, elle commence à être habituée, à coup d'injections tous les 15 jours depuis plus d'un an. Ça n'a rien à voir avec une infiltration, on est d'accord, mais les aiguilles, tout ça, on maîtrise un peu maintenant.
Ça va le faire.
Il faut y croire.

EDIT : Ça s'est très bien passé, au delà de nos espérances. On a bien fait de faire des répétitions générales à gogo, ça a porté ses fruits. Pâquerette a accepté le masque, nous avons fait diversion avec des bulles, avec sa peluche, et elle n'a pas versé une larme. Du coup ça a été très rapide, par rapport à la dernière infiltration. Nous sommes soulages, et surtout très fiers d'elle. 

vendredi 2 août 2019

Insomnie

C'est un peu avant minuit que j'ai entendu pleurer Pâquerette depuis son lit.
- Maman!
J'ai débarqué dans sa chambre, à moitié endormie.
- Qu'est-ce qu'il y a mon poussin?
- Je peux avoir la glace, pour mon genou...
- Tu as mal?
- Oui.

Je suis allée au frigo, j'ai pris machinalement cet objet bleu et mou, que je ne peux plus voir en peinture. Son "Actipoche". Emballé dans une serviette, je lui ai calé sur le genou. Elle s'est réinstallée pour s'endormir, serrant son doudou contre son cœur. Je lui ai donné un bisou. "Ça va aller, rendors toi mon cœur." C'est la gorge nouée et la boule au ventre que je suis retournée me coucher. Et depuis bien sûr, impossible de me rendormir.

La maladie nous a retrouvé. Elle était restée tapie pendant plus d'un an, on l'avait presque oubliée. Et puis, sournoisement, elle a recommencé à se manifester, à la fin du mois de juin. D'abord discrètement, par des douleurs juste avant une nouvelle dose d'Humira. On a mis ça sur le compte de la croissance. De la chaleur. De la fatigue de la fin de l’année scolaire. Pâquerette avait mal un ou deux jours avant la piqûre, et puis hop, sitôt l'injection faite, ça allait mieux. Elle se remettait à gambader, et nous à respirer. 

Et puis, mi-juillet, ça s'est gâté. La piqûre n'a fait effet qu'une petite semaine. Son genou droit, celui par qui tout a commencé, a recommencé à gonfler. A nouveau, Pâquerette est limitée dans ses mouvements, ne peut plus courir, sauter. Elle boite. Je ne m’habituerai jamais à voir ma petite fille de 4 ans boiter je crois. Les réveils sont compliqués, puisque son genou est rouillé après la nuit. On met du chaud, on met du froid. On donne du Doliprane. Et on se sent si impuissant. La maladie la fatigue énormément, elle est irritable, pleure souvent. Moi aussi je pleure, mais à l'intérieur seulement. Pour l'extérieur, j'ai enfilé mon armure de maman forte et positive qui sourit et affronte les épreuves une à une. Le costume est un parfois un peu grand pour moi, mais je n'ai pas le choix...

Devant ce tableau alarmant, la rhumatologue est passée en coup de vent examiner Pâquerette, lors de notre injection de mercredi. Le couperet est tombé, sans surprise : une nouvelle infiltration du genou est programmée pour notre poulette. Et il est possible que son corps soit (déjà!) immunisé à l'Humira et dans ce cas, il faudra changer de biothérapie. La rhumatologue m'a parlé d'Enbrel, une injection par semaine. Actuellement, avec une piqûre tous les 15 jours, j'ai déjà l'impression de passer ma vie à l’hôpital. Dire qu'on espérait un espacement des piqûres... Cette saleté d'arthrite est revenue si vite. J'ai tellement peur de l'avenir. Il n'y a pas beaucoup d'alternatives thérapeutiques, et si dans un an le nouveau traitement ne fait plus effet, c'est quoi la suite?

Ma psy me dirait qu'on ne sait pas ce que nous réserve le futur. Ne ne pas ruminer sur l'avenir. De vivre le moment présent et profiter des petits bonheurs. Elle a raison, et la plupart du temps j'y arrive. Mais quand le moment présent c'est ton enfant de 4 ans qui t'appelle la nuit en pleurant de douleur? Quand le moment présent c'est annoncer à ta fille qu'elle va devoir subir à nouveau une infiltration? Quand le moment présent ce sont des vacances rythmées par la maladie?

La journée, c'est assez facile de tenir, car Pâquerette est là, avec sa force, son sourire, ses questions à n'en plus finir. Mais la nuit, quand il ne reste plus que le noir et mon cerveau en ébullition... c'est un peu la descente aux enfers...

Et une fois encore je suis surprise de cette capacité du cerveau à prioriser les problèmes. A la seconde où la maladie est revenue, notre projet de bébé 2 m'a à nouveau semblé si futile, la souffrance, pourtant bien réelle, endurée pendant ces trois années d'échec, si dérisoire. Ce qui compte, c'est ma fille. Ma fille que je dois parfois porter dans les magasins. Comment je ferais si j'avais un bébé 2 dans la poussette? Ma fille à qui je lis des histoires sans compter tous les matins, en attendant que son "Actipoche" fasse un peu effet. Comment je ferais si j'avais un bébé 2 qui réclamait son biberon? Ma fille qui passe avant tout le reste et à qui je peux consacrer tout mon temps.

La nature, après nous avoir envoyé une insuffisance ovarienne pour moi, une dystonie pour mon conjoint, et maintenant une arthrite juvénile pour notre enfant, ne serait-elle pas en train de me dire STOP?

STOP. Arrête les frais, vous n'avez pas assez de problèmes à gérer?

STOP. Tu vois bien que, pour vous, la roue ne tourne jamais.

STOP. Ta fille et ton homme ont besoin de toi.

STOP la PMA?

mercredi 10 juillet 2019

Pause

Une bonne nouvelle professionnelle, de quoi me remotiver dans mon boulot.

Un besoin de me ressourcer, de profiter de ma fille, de ma famille.

Des vacances qui arrivent à point nommé.

Depuis quelques jours déjà, je ne pense plus à la PMA, à cette douloureuse attente, à ce désir de petit deuz'.

Je fais une pause. Et ça fait du bien.

Je vous donne donc RDV à la rentrée.

D'ici là, prenez soin de vous, j'essaierai de prendre soin de moi.

lundi 10 juin 2019

Vous voulez continuer?

La question est arrivée très brutalement, sans emballage psychologique. Sans l'ombre d'une parole compatissante à propos de cette récolte si décevante. Je devine pourquoi. Elle ne voulait pas que je pleure, elle ne voulait pas gérer ça. Elle est gynéco, après tout, pas psy... Pourtant j'attendais autre chose de ce rendez-vous post FIV foirée. 

"Bonjour, Mme G, asseyez-vous. Bon, la FIV ne s'est pas déroulée tout à fait comme prévu... Du coup, faut que je vous pose la question. Etant donné que vous avez déjà une petite fille... Vous voulez continuer quand même?"

Comment ça, "quand même"? Alors même qu'elle m'avait expliqué au téléphone qu'il pouvait s'agir "juste" d'un mauvais cycle. Elle me condamnait déjà? La douche froide.

J'ai dû respirer à fond pour ne pas laisser mes larmes déborder. Bien sûr qu'on veut continuer, on n'est pas prêts du tout à faire le deuil du 2ème. On n'a même pas envisagé une seule seconde d'arrêter la PMA! Et puis, si on ne retente pas le coup, comment savoir si c'était juste une erreur de parcours, ou si mes ovaires sont vraiment hors service?

Elle a dit OK, qu'effectivement c'était défendable, d'autant que j'avais bien mieux réagit à la FIV précédente, qu'elle allait défendre notre dossier en commission, mais que ça devrait passer. 

J'ai abordé le sujet du don d'ovocyte, elle s'est montrée surprise. Chaque chose en son temps, on va déjà refaire une FIV. Euh, y'a pas 5 minutes tu me condamnais, excuse-moi de me renseigner... Donc la bonne nouvelle c'est que les délais ont raccourci depuis quelques temps, on est passé de 4 ans à 2 ans et demi. Moins si je trouve une donneuse bien sûr. Bref, ce n'est pas encore d'actualité, mais ça me rassure d'avoir un plan B.

Si tout se passe comme prévu, ça sera une FIV d'octobre, avec un protocole court pour changer (comme pour ma toute première FIV dans mon premier centre). Elle sera décisive. Soit ça passe : j'obtiens assez de follicules, puis d'ovocytes, et on pourra continuer le parcours. Soit ça casse : mes ovaires ne répondent plus, mes ovaires sont rabougris comme de vieux raisins secs. Et alors ça sera sans doute la dernière FIV. J'ai quelques mois pour m'y préparer psychologiquement. Je me rends compte en l’écrivant que j'ai un travail à faire sur moi car je ne suis pas du tout prête à accepter cette idée. Cette idée que mes ovaires sont ceux d'une vieille mamie. A 32 ans et demi. 

Ça sera ma FIV2 bis. Comme pour Pâquerette.
Nous en serons à 3 ans et demi d'essais. Comme pour Pâquerette.

Moi qui suis pourtant peu superstitieuse, j'essaie d'y voir un signe du destin.

mercredi 29 mai 2019

Sans surprise, c'est négatif

N’étant pas autant gavée de progestérone que pour mes transferts, j'ai eu la surprise de voir mes règles débarquer assez tôt. Ce qui fait que la prise de sang d'hier n'a été qu'une formalité, je savais déjà que c'était foutu. Je ne me suis pas effondrée, le coup de massue avait eu lieu bien avant, il y a 15 jours. Quand on m'a annoncé que ma FIV était en train de foirer et qu'on la transformait en IAC.

Les autres, ceux qui fabriquent des enfants sous la couette j'entends, les autres n'imaginent pas du tout ce que ça implique. Ce n'est pas juste un échec, on encaisse et on recommence, non. Cette fois c'est différent. Je n'ai pas répondu aux traitements. Pas du tout. Alors, soit c'est juste un cycle manqué, comme l'a suggéré la gynéco au téléphone, soit, et c'est l'autre hypothèse qu'elle a évoquée, je suis déjà en pré-ménopause. Et on aura beau stimuler, quand il n'y a plus d'ovocytes, bah y'en n'a plus. On ne va pas les inventer.

Je me sens comme une vieille machine hors service. A 32 ans. Et je ne suis pas prête à faire ce deuil d'un deuxième bébé. Pas du tout. Alors on fait quoi?

Dans l'ordre, on retente une FIV bien sûr. Histoire de vérifier si c'était juste un raté, ou si vraiment, mes ovaires sont périmés. Ça sera sans doute la FIV la plus stressante que j'aurai à faire, la plus décisive aussi. Pas avant octobre je pense...

Et si c'est confirmé? Si je ne peux plus du tout espérer avec un enfant avec mes ovocytes? Il y a le don, bien sûr, on en parle avec mon homme. Mais on ne sait pas si on y aura droit, vu qu'on a déjà un enfant. Et on sait que les délais sont énormes. Pourrais-je encore rester quatre ou cinq ans dans l'attente, sans péter un plomb? Oui peut-être, mais à condition de tout virer. Le lit à barreau, la table à langer, les sièges autos, les cartons de fringues... tout ce qui patiente dans cette chambre d'amis de malheur. Je ne pourrai pas supporter de les avoir sous les yeux pendant encore des années. Tout virer, et essayer de profiter de la vie, tous les trois. Ne pas se projeter, ni espérer. Peut-être que j'y arriverai?

Et avoir un enfant à presque 40 ans? Avec Pâquerette qui en aura 10? Est-ce vraiment ce que l'on veut? Dans tous les cas, ce n'était pas ça, notre rêve.

Mon homme refuse d'entendre parler d'aller à l'étranger, c'est non catégorique, et je doute fortement de pouvoir le faire changer d'avis. 

Bref, c'est tempête sous un crâne. Pendant quelques minutes, j'envisage assez sereinement une vie heureuse, à trois. La seconde d'après, je pleure toutes les larmes de mon corps à l'idée de ne plus jamais avoir de bébé à pouponner. A l'idée que Pâquerette restera fille unique. Et qu'il sera d'autant plus douloureux de la voir grandir.

Parallèlement, et c'est assez paradoxal, j'essaie d'être souriante et joyeuse, et de profiter de chaque minute comme si c'était la dernière, en particulier avec ma fille. J'applique ce que m'a dit la psy "Demain, tout peut basculer, on ne peut pas savoir. Profitons du moment présent.
Alors je profite, comme une urgence. Je vois grandir Pâquerette sous mes yeux, et j'essaie de retenir le temps qui file entre mes doigts. Ne grandis pas trop vite s'il te plait mon bébé. Maman n'est pas prête.

vendredi 10 mai 2019

Ne passez pas par la case ponction, ne recevez pas d'embryon

Mardi, je suis allée faire mon premier monito à la PMA. Veille de jour férié oblige, il y avait un monde dingue! J'ai patienté pas loin de deux heures en tout, d'abord pour la prise de sang, puis l'écho... J'avais oublié mon bouquin mais je ne m'en suis même pas agacée, habituée que je suis à attendre sagement. Au moment de l'échographie, je vois la sage femme bien embêtée. 1 seul follicule, bien gros à gauche. Et 3 minuscules à droite. 

Et c'est tout. 

Avec mon insuffisance ovarienne, je suis habituée à des échos pas terrible, mais là c'était vraiment pourri. La FIV allait sans doute être annulée, j'en étais consciente. Et pourtant je suis ressortie de là étonnamment calme. Déjà résignée. J'ai attendu l'heure d'appeler la sage femme, en me demandant bien ce qu'elle allait me dire. Impossible d'augmenter la dose de Puregon, j'étais déjà au max!

Et bien elle m'a fait changer de produit. Fertistart. Produit inconnu au bataillon, pourtant j'en ai déjà testé pas mal! La sage femme a faxé l'ordonnance à ma pharmacie pour qu'elle en commande au plus vite. Mais je devais quand même faire un aller/retour à l’hôpital (3h de route...) pour aller chercher de quoi commencer le traitement. 

Chouette. 

Mercredi, retour à la PMA. Je tombe sur une jeunette que je n'avais jamais vu. Je lui explique qu'il me faut du Fertistart pour deux jours. Elle me donne deux seringues pré-remplies. deux seringues de 150 UI. Je lui dis que je suis surprise, parce que je prends des doses assez fortes, elle est sûre qu'il ne me faut pas plusieurs seringues par jour? Pour le Puregon, je suis à 450, ça devrait faire 3 fioles de Fertistart, non?

Elle part demander à la sage femme, puis me confirme que c'est une seule seringue par jour. Bon, je me dis que ce n'est pas le même produit, et que la concentration ne doit pas être la même... Le soir, sagement, je m'injecte 150 de Fertisart.

Jeudi, deuxième monito près de chez moi. "Je vous laisse vous déshabiller, mettez-vous en soutien-gorge et culotte." Tu peux toujours courir! Le toubib n'a pas besoin de voir mes seins en plus du reste, je garde mon pull! Par contre je retire ma culotte, ça sera plus pratique pour la sonde! Non je ne lui ai pas répondu ça à cette greluche, mais c'est pas l'envie qui m'en manquait.
Echographie catastrophique. Toujours un gros follicule à gauche, plus que 2 à droite, mais qui daignent pousser tout doucement.

L'après-midi j'appelle la sage femme, qui s'étonne que je ne me sois injectée que 150 de Fertistart. "Mais non, vous deviez prendre 450! C'est écrit sur l'ordonnance!"Ordonnance que je n'ai pas vu puisqu'elle a directement été faxée à ma pharmacie... Je suis furax! Du coup elle me dit de continuer avec 450. Ce que je fais, mais sans trop y croire.

Vendredi, aujourd’hui donc. Troisième monito, toujours près de chez moi. Toujours la même greluche. "Mettez-vous mettez en soutien-gorge et culotte." Gnagnagna. Le toubib ne prend même pas la peine de commenter l'échographie mais conclut par un "Ça ne pousse pas." sans appel. Je ressors du cabinet attristée, mais étonnement calme et insensible à ce qui se passe. De toute façon, je le sentais depuis la première écho, que c'était mal parti.

A 14h, coup de téléphone. Ce n'est pas la sage femme, comme d'habitude, mais la gynéco. Dès que j'entends sa voix, je sais que c'est fini. On ne va pas ponctionner pour un seul ovocyte, bien sûr. Mais elle me propose une IAC lundi. 

Tout cet investissement. Toute cette fatigue. Un mois de piqûres. Des aller/retour à la PMA. De précieuses heures que je n'ai pas passées avec ma fille. Pour ça?

Honnêtement, je n'imagine pas une seconde que ça puisse marcher. A mon avis, on a plus de chance de gagner au loto sans jouer. Des inséminations, j'en ai déjà fait quatre, et j'étais sept ans plus jeune. Elles n'ont jamais marché. Même les FIV classiques n'ont pas suffit, il n'y a qu'en ICSI qu'on obtient des résultats. Donc je ne vois pas comment ça pourrait marcher. Mais bon, il y a ce follicule, là, à mon ovaire gauche. Le seul qui a daigné pousser, je lui dois bien ça. 

Je n'arrive même pas à mettre des mots sur ce que je ressens. Je suis si indifférente. Comme anesthésiée. Vide d'émotions. J'ai pris l'habitude de me blinder. Mais le vernis risque de bientôt craquer...

jeudi 2 mai 2019

La bienveillance...

Mardi, c'était la première échographie, celle dite "de pré-stimulation", on allait me donner le feu vert pour débuter la stim, normalement. J'ai fait ma petite prise de sang aux aurores, mon écho, suis repassée à la maison déjeuner et j'ai filé à l'école récupérer ma classe. A 15h, j'ai envoyé mes élèves en récréation, et sauté sur le téléphone.
"Mme G, votre prise de sang est bonne, mais pas l'échographie. Vous ne pouvez pas commencer le Puregon avec un endomètre à 6. Vous devez repasser une écho jeudi matin pour qu'on vérifie tout ça."
OK
J'ai passé la demi-heure de récréation a appeler successivement 6 cabinets d'échographie. Aucun ne pouvait me la faire. Soit parce que le médecin ne fait pas ce genre d'écho, soit parce qu'il n'y avait évidemment plus de place. A 15h30, fin de la récré, j'ai repris mes élèves. J'ai fini ma journée de boulot sans trop m'inquiéter, si je ne trouvais pas de place, je pouvais toujours aller à la PMA. Le suivi est sans rdv, il faut juste venir entre 7h30 et 8h30 et prendre son ticket.

Ce matin, aux aurores, j'ai donc rempli mon petit papier, et déposé à l'endroit indiqué. Par précaution quand même, je suis allée frapper aux bureaux des sages-femmes pour expliquer la situation. Je me suis faite bouler car je n'étais pas prévue au planning, et on m'a vertement ordonné d'aller attendre l'ouverture du secrétariat. Ce que j'ai fait, pendant 45 minutes. Heureusement que j'avais prévu le bouquin. Le secrétariat ouvre, je frappe, tombe sur une dame pas souriante pour un sou, à qui j'explique mon cas. Visiblement irritée, elle me répond d'un ton désagréable qu'il aurait fallu appeler dès mardi soir et que ça ne sera sûrement pas possible. Elle passe un coup de fil et me dit sèchement que non, c'est mort, pas de place. Je me fais réprimander comme une gamine "Il fallait prendre rdv!"

Et là je ne sais pas ce qui m'a pris, mais mon sang n'a fait qu'un tour et je me suis énervée. Il était hors de question je me parte sans mon écho. Je m'étais levée à 5h30 et venait de faire 1h30 de route, pour me faire engueuler, d'abord au bureau des sages femmes, puis maintenant ici. On m'avait prévenue à 15h mardi, j'avais eu 2h pour trouver un cabinet et prévenir la PMA avant qu'elle ne ferme, ça faisait court sachant que j'étais au boulot! Voilà en gros ce que je lui ai dit, pendant que les larmes me montaient aux yeux...

Elle a dit qu'elle allait voir ce qu'elle pouvait faire, et je suis allée me calmer dans le couloir... Cinq minutes après elle revenait avec une solution. Elle m'avait calée dans le planning d'une collègue gynéco qui a l'habitude de les dépanner. Comme quoi, quand on veut...

Installée dans la salle d'attente habituelle, j'ai repris la lecture de mon bouquin jusqu'à 10h (ça valait le coup de s'être levée si tôt, tient). Les PMettes défilaient pour leur écho de suivi, le sage-femme les enchaînant à une cadence effrénée, comme à l'usine. C'est toujours comme ça là-bas. Bonjour, déshabillez-vous, au-revoir. Des robots...

Et puis la gynéco m'a appelé. Et je suis entrée dans un autre monde. Souriante, gentille. Elle a pris le temps de se présenter, de m'expliquer (lol, j'étais au courant pour l'écho vaginale, hein), de me proposer un passage aux toilettes (euh, j'avais déjà pris mes dispositions... habituée je vous dis!). Elle  a pris le temps pour l'échographie, on n'était pas dans l'urgence. Elle m'a posé des questions sur mon métier, mes antécédents obstétricaux... J'ai évoqué mon accouchement catastrophe, et elle m'a dit que si je souhaitais une césarienne pour un éventuel deuxième, ça serait tout à fait recevable compte tenu de ce que j'avais vécu. Wouah. Ça fait tellement de bien de se sentir écoutée, de se sentir considérée comme un être humain, et pas comme un numéro.

Il faut donc que je tombe sur une gynéco obstétricienne pour y avoir droit. En PMA, c'est niet pour la bienveillance. Alors OK, ils n'ont pas beaucoup de temps, nous sommes nombreuses, mais un sourire, ça ne fait pas perdre de temps, si? Dans ce service, on dirait que le mot d'ordre est d'être le plus laconique et le moins souriant possible. C'est à peine si on ose poser une question, de peur de se faire envoyer promener...

Bref, la FIV vient juste de commencer, et déjà la fatigue, la lassitude et le découragement me gagne. 

Allez, haut les coeurs!

mardi 16 avril 2019

Les gens oublient

Je voulais intituler cet article : Les gens sont cons
Mais ça aurait été méchant, non?

Réunion de famille ce week-end, Pâquerette "s'occupe" du bébé, lui fait des gouzi gouzi. Le bébé n'a d'yeux que pour elle, lui adresse de grands sourires édentés. Comme tout le monde, je souris devant la scène. Mais au fond j'ai envie de pleurer.
Et bien sûr, un oncle de mon homme se sent obligé de lancer : 
"Bah faut lui faire un petit frère à Pâquerette!"
Mon sourire disparaît. Je ne réponds pas. Surtout ne pas répondre. Mais il insiste lourdement. 
"Hein Pâquerette que tu voudrais un petit frère ou une petite sœur?!"
Heureusement, ma fille, occupée au-dessus du bébé, semble ne pas entendre, ou fait mine de...
J'ai envie d'étriper l'oncle. De lui dire la souffrance. Les 3 ans d'attente qui approchent. La fausse couche. L'hystéroscopie. La FIV2 qui commence le lendemain. Les piqûres, les échographies, les passages sur le billard.
Mais Pâquerette est là. Je ne peux pas.
Je me contente d'un "On ne fait pas toujours ce qu'on veut. On fait ce qu'on peut, surtout..."
Pourtant, toute la famille sait qu'on est passés par la PMA pour Pâquerette. Enfin, ils l'ont su. Et puis ils ont oublié. 

Les gens oublient. Pas nous...


Comme hier soir je n'ai pas oublié de faire ma première piqûre de Décapeptyl. 
Acte II, Fiv 2, top départ.

mercredi 3 avril 2019

Brèves

Choucroute
Comme tous les ans depuis que nous sommes ensemble avec mon homme, nous avons participé avec ses amis à la soirée choucroute du patelin. Bon, j'aime pas la choucroute, mais la musique est bonne (bonne bonne bonne) donc habituellement je passe une bonne soirée. Même si peu à peu, ce côté rituel, répétitif, me rend un peu triste. Les années passent, c'était ma 10ème choucroute (10ème!!!). Dans la même salle des fêtes, à la même table, avec les mêmes amis. Qui avancent dans leur vie. Non pas qu'on n'avance pas, nous, mais tellement pas comme on voudrait. Ajoutez à ça, la copine C, enceinte jusqu'aux yeux de son 2ème, après avoir attendu une petite année, et qui malgré tout se plaint comme pas possible de ses "maux" de grossesse... Ça a été très dur, et plusieurs fois dans la soirée, les larmes sont montées rien qu'à la vue de son gros ventre... La naissance est prévue pour ce mois-ci. J'essaie de me préparer mais je sais que ça va piquer.

Hystéroscopie
Jeudi dernier, j'ai donc passé, sous AL, l'hystéroscopie conseillée par ma gynéco pour booster les chances d'implantation des futurs embryons (on croise). Le personnel médical a été très sympa et prévenant, mais je tiens à rétablir la vérité : OUI on sent ce qu'on nous fait et OUI ça fait mal, même si ce n'est pas insurmontable. Grace au masque, heureusement, j'étais très détendue et j'ai réussi à gérer. Mais ça me conforte dans l'idée de rester sous AG pour mes ponctions...

Famille piqûre
Je suis aller passer ma grosse commande à la pharmacie ce week-end : injections pour Pâquerettes et tous mes produits pour la FIV à venir. Ne cherchez pas qui creuse le trou de la sécu... c'est nous! 800€ par mois pour ma poulette, et moi, rien qu'avec mes 6 boites de Puregon... 2000€!!!

SPM à rallonge
Je suis sous pilule depuis un mois, et mes règles ont envie de débarquer et le font savoir depuis une semaine maintenant, à grand coup de boutons sur le visage et de sueurs nocturnes. Chouette. J'espère que ça ne va pas durer jusqu'à ce que je prenne le dernier cachet, à savoir le 14 avril...

Mentir
Avec Pâquerette, même si je fais très attention aux mots que j'emploie, je m'efforce d'être toujours sincère, et habituellement, je réponds facilement à ses questions. Elle connait son histoire, elle connait sa maladie, on en parle librement. Mais ça, je ne peux pas lui dire. Elle n'a que 4 ans, elle est tellement sensible, empathique, angoissée de nature... évidemment je ne peux pas lui dire. Que maman se fait des piqûres, qu'on essaie de faire un deuxième bébé. Je ne veux pas qu'elle se projette / qu'elle espère / qu'elle souffre des échecs / qu'elle soit inquiète pour maman... Surtout qu'elle n'est pas du genre à s'arrêter à une explication de surface, elle voudra tout savoir, posera 1000 questions comme à son habitude, sondera mes silences, analysera mes émotions... Ma fille a des antennes. Alors je suis obligée de lui mentir, ce que je déteste. J'essaie de rester évasive, pour mentir le moins possible "Maman a un rdv..."  Je ne suis pas dupe, ma fille non plus. Malgré nos précautions, elle entend certaines conversations, je suis sûre qu'elle ressent qu'il y a un truc. Mais je préfère qu'elle ne sache pas de quel truc il s'agit...

C'est pas comme le vélo
Comme à chaque fois, j'ai oublié que le Déca était fourni sans les seringues et aiguilles, du coup je n'ai pas pensé à en demander à la PMA. Donc je vais devoir retourner à la pharmacie pour commander mon petit matériel de junkie...
Première piqûre le 15 avril. C'est reparti pour un tour.

lundi 11 mars 2019

4 ans, 1 mois et 5 jours

C'est le temps que nous avons passé à attendre notre petite puce (grossesse incluse). Tous ces jours, ces mois, ces années... à l'imaginer, à rêver, à angoisser, à souffrir... C'est passé si lentement. Sans elle, vie était si terne.

4 ans, 1 mois et 5 jours, c'est aussi l'âge de Pâquerette aujourd'hui. Tous ces jours, ces mois, ces années, à la chérir, à la regarder grandir... C'est passé si vite! Avec elle, la vie est tellement plus belle, pleine de couleurs comme ses peintures!


Aujourd'hui s'opère la bascule. 

A partir de maintenant, nous aurons passé plus de temps avec toi que de temps à t'attendre.

Je t'aime ma fille.


mercredi 6 mars 2019

Acte II FIV2 en préparation...

Hier, c'était retour en PMA pour parler de la suite de notre parcours. La gynéco ne s'est pas appesantie sur le bilan de cette FIV1 (que je trouve pourtant positif malgré la fausse couche, trois transferts pour une seule FIV, ça ne nous était jamais arrivé!). 

D'emblée, on s'est projetés dans la nouvelle FIV, et ça va aller vite! Dès que mes règles arrivent, je commence la pilule. Dans trois semaines je passe une hystéroscopie. Je n'ai a priori pas de problème d'utérus, mais comme ça peut aider à la nidation, pas d'hésitations, on fonce! Début des piqûres pendant les vacances d'avril, premier jour de surveillance le 7 mai (une bonne date), ponction vers le 17 mai (une très bonne date), et prise de sang vers la fête des mères... un signe? 

Ça se goupille pas trop mal, mis à part un monito qui devrait tomber sur un jour de RDV rhumatologue + piqûre pour ma poulette. Bon, ça donnera l'occasion à son papa de gérer... mais j'ai du mal à déléguer pour ça. Avec Pâquerette, on a maintenant nos habitudes à l’hôpital, notre "protocole" pour gérer au mieux, et ça sera forcément différent avec son père. J'espère que ça se passera bien...

Le gros point positif du RDV, c'est que la gynéco a donné son feu vert pour un transfert de 2 blastos la prochaine fois! Reste à les obtenir... allez, faut y croire! 

Haut les cœurs, le moral remonte, l'espoir renaît. Les montagnes russes de la PMA...

mardi 26 février 2019

Comme si de rien n'était

Je ne suis pas revenue sur notre dernier échec cuisant. J'avoue que je n'ai pas eu le temps de m'appesantir dessus, ni sur le blog, ni dans la vie. Quand j'ai découvert le résultat par internet, Pâquerette était juste à côté, il a fallu faire bonne figure, c'est à peine si j'ai pu pleurer 5 minutes dans un coin et hop la vie a continué. Comme si de rien n'était.

Alors que pour être honnête, cet échec, je ne l'avais pas vu venir. C'est la première fois que j'étais aussi confiante pour un transfert. On dit qu'il faut être positif, et bah je l'ai été. Trop peut-être. Est-ce que j'ai surinterprété les signes? Est-ce que mon cerveau, mon corps les ont fabriqués? Est-ce que la progestérone a d'avantage fonctionné que d'habitude? Je ne sais pas, mais j'y croyais dur comme fer. Pour moi, c'était sûr, j'étais enceinte. Et je suis tombée de haut en voyant le résultat. 

J'ai eu mal, je me suis sentie idiote d'y avoir cru autant. Et puis la vie a rapidement pris le dessus. Le jour même nous avons eu, pour la première fois, une invasion de poux à la maison. Passer le peigne sur Pâquerette, sur moi, changer les draps, faire des lessives, ça m'a bien occupée. Et puis il a fallu organiser son anniversaire, d'abord tous les trois, puis avec les papys mamies. Gâteaux, déco, cadeaux... j'ai fait mon maximum pour que Pâquerette passe de belles journées, et ça a été le cas. 

Avec tout ça, 10 jours s'étaient écoulés. Au bout de quelques jours sans progestérone, j'ai dégonflé de partout. Et oui, ce n'était qu'un leurre. Ne reste que la marque du bleu, qui ne veut pas partir. Je la vois le matin dans le miroir de la salle de bain, qui me dit "Ouhouh, je suis là, tu m'as oublié?".

Un peu comme ce TEC 2 bis, elle laisse une trace persistante, mais discrète, cachée, qu'on oublie toute la journée... et qui revient de plein fouet aux moments les plus inattendus...

Bref, fin de la FIV1, qui aura duré presque 1 an 1/2 en tout. Place à FIV2. Le RDV avec la gynéco est mardi prochain (déjà!), nous n'avons pas eu à attendre longtemps.

C'est reparti pour un tour...

mercredi 6 février 2019

4 ans

Ma fille. Si petite, et si grande à la fois. 

Si sensible, à fleur de peau, tu vis tes émotions puissance mille, ce qui génère parfois pleurs et incompréhensions. Il nous faut être très attentifs à tout ce que tu vois, et tout ce que tu entends. Car rien ne t'échappe! Tu ressens nos doutes, nos failles. Tu détectes immédiatement une intonation différente dans nos voix, le moindre froncement de sourcil, la moindre émotion qui passe sur nos visages. "Maman, tu es fâchée?".

Réservée, de nature inquiète, tu as besoin d'observer longtemps un environnement nouveau, des personnes inconnues, avant de te sentir à l'aise. Dans les situations nouvelles, surtout en présence d'enfants, tu te fais très discrète, et l'on ne t’entend plus du tout. Au contraire, quand tu es à l'aise, tu es un vrai moulin à paroles qui nous abreuve de "pourquoi?". Ta soif d'apprendre est intarissable, et tu te passionnes pour les livres, en particulier les documentaires. Le corps humain, les dinosaures... tu veux tout comprendre.

A l'école, tu écoutes tout, tu t’intéresses, tu participes volontiers aux activités, et tu épates la maîtresse. Même si elle entend peu le son de ta voix... La récréation est source de stress pour toi. Trop d'enfants, de bruits, de mouvement. Tu te mets en retrait, et joue beaucoup seule, réfugiée dans ton imaginaire. Il te faut encore du temps pour appréhender ce nouvel environnement.

Toujours en train de te poser des questions, tu es facilement angoissée, particulièrement au moment du coucher. Tu as du mal à lâcher prise, à te laisser aller. "Je n'aime pas dormir." Le sommeil ne t’intéresse pas, pour toi c'est comme aller faire pipi : une perte de temps! Il y a tant de choses à faire et à voir! D'ailleurs à la maison, tu ne fais plus de siestes depuis un an déjà.

Ton imagination débordante fait vivre des aventures fantastiques à tes Duplos, Playmobils, figurines d'animaux en tout genre. Tu es souvent demandeuse pour qu'on joue avec toi mais tu passes aussi de longs moment seule, absorbée avec tes jouets, à inventer des scénarios infinis... Que nous avons parfois l'audace d'interrompre pour un motif tout à fait futile, comme venir dîner ou aller se brosser les dents. "Mais Maman, j'ai pas fini mon histoire!"

Bavarde, avec un vocabulaire impressionnant (chipé dans les livres), tu commentes en permanence le monde qui t'entoure, ce qui est parfois fatigant pour tes parents. Calme et concentrée, tu peux passer de longs moments à t'adonner à tes passions. Le dessin, les puzzles... Tu es minutieuse et appliquée, parfois trop, car le moindre grain de sable peut provoquer colère ou crises de larmes, en particulier si tu es fatiguée. Râleuse, tu accuses facilement le feutre ou la pièce de puzzle de ne pas vouloir t'obéir.

Pétillante, tu aimes chanter, danser, faire la fofolle. Tu apportes tellement de gaieté dans la maison, avec ton énergie à toute épreuve, ton enthousiasme, ton imagination exubérante, tes jouets qui traînent partout... Affectueuse, tu demandes beaucoup de câlins, ce qui convient bien à maman, qui a du mal, c'est vrai, à couper le cordon. 

Tu es mon bébé, tu es ma grande fille. Tu es mon rayon de soleil. 

Aujourd'hui tu as 4 ans. Joyeux Anniversaire mon poussin.



samedi 2 février 2019

Taux < 2

C'est clair, c'est net, c'est tranchant.

Et ça fait mal.



jeudi 31 janvier 2019

De mauvaise augure

Jusque là, je n'ai pas du tout abordé ce transfert comme les autres. D'emblée, j'ai été plus sereine, plus confiante, plus positive. 

Etre positive, c'est bien. Mais point trop n'en faut. Car petit à petit, je me suis mise à me bercer de doux rêve... c'est bien les rêves, c'est confortable, c'est moelleux. Mais c'est dur d'en redescendre! 

Il faut dire que mon corps s'y est mis aussi. Les seins comme des obus, c'est classique avec la progestérone. Mais là j'avais (j'ai) l'impression que c'est plus que d'habitude. Ils sont très douloureux et j'ai même vu apparaître 2 veines bleues... J'ai le bide très gonflé, en particulier le soir où je dois déboutonner mon bouton de pantalon. Et malgré moi je me suis mise à poser la main de plus en plus  souvent sur ce petit ventre, à prendre des postures de femme enceinte pour me baisser, me pencher. C'est ridicule je sais. Mais j'avais vraiment l'impression que mon ventre travaillait. J'avais envie d'y croire. 

A tel point que j'ai même lâché la bride à mon cerveau, qui s'est mis à vagabonder, à calculer des dates, à imaginer des annonces, à se projeter... Quelle idée! D'habitude j'arrive à peu près à le faire taire, et à ne surtout, surtout pas penser au but de tout ça.  

J'avoue, en me couchant hier soir j'étais hyper positive. J'y ai cru. 

Et puis, dans la nuit, paf, transpiration excessive, qui est mon SPM par excellence. Et puis des "douleurs" dans le ventre qui ressemblent à des règles. Evidemment elles ne peuvent pas débarquer, bloquées qu'elles sont par la progestérone, mais ça couve.

Pour Pâquerette, pour Polochon, je n'avais pas eu ce SPM de malheur.

Par contre, pour mon TEC1 raté en mars dernier oui.

Ça sent le roussit.

Adieu les rêves, bonjour la réalité. Ça fait mal la réalité. 

mardi 29 janvier 2019

Maurice

Vendredi après-midi, le labo m'a fait une petite blagounette en me téléphonant à 14h (en pleine classe quoi). Quand j'ai vu le numéro de la PMA à la récré, mon sang n'a fait qu'un tour. C'est sûr, Maurice n'avait pas survécu. Sinon, pourquoi ils m'appelleraient? Alors qu'il était prévu, comme d'habitude, que nous, nous appelions le labo le matin du transfert?

Quand ils m'ont rappelée, je pleurais déjà de l'intérieur...
- Allo Mme G? 
- Oui.
- C'est Mme Trucmuche du laboratoire de FIV.
- Oui. (Je me liquéfie... c'est sûr il est arrivé malheur à Maurice.)
- Vous deviez appeler demain matin en vu d'un transfert d'embryon dans la journée?
- Oui. (Bon, arrête de faire durer le plaisir, dis-le qu'il n'a pas survécu à la décongélation!)
- Et bien ça ne sera pas la peine d’appeler...
- ... (C'est ça, mon Maurice est mort avant même d'avoir eu sa chance...)
- Vous devez vous présenter directement à 9h15 au bureau des sage-femmes.
- ...
- Votre embryon s'est bien décongelé.
- D'accord. (Mais tu pouvais pas le dire plus tôt? J'ai failli faire un infarctus, moi!)

C'est donc avec bonheur nous sommes allés chercher notre petit Maurice. Il a été transféré vers 9h30 samedi matin, et depuis... l'attente a commencé. J'essaie de faire les choses bien. Je pense positif, je n'ai pas été relire les (mauvais) stats sur les TEC. Je me ménage autant que possible (autant que possible avec une Pâquerette de presque 4 ans à la maison, et 24 monstres à l'école...), j'essaie de me coucher tôt, de rester zen, de ne pas crier après mes élèves, et j'ai ressorti mon auto-hypnose, qui fonctionne toujours pour me calmer.

Je me prends parfois à espérer, à croire à de pseudos signes... Puis après je retombe sur Terre, en me disant qu'il y a quand même peu de chances. Et que les signes, sous progestérone, ça ne veut rien dire du tout...

Bref, vous connaissez,  ces jours si particuliers où on se sent tantôt presque enceinte, tantôt au fond du gouffre tellement on n'y croit plus.

Prise de sang samedi prochain...

mercredi 23 janvier 2019

Allo?

J'avais oublié à quel point faire une FIV, et même un simple TEC, pouvait être chronophage. Le temps passé au téléphone ou à faire de la paperasse...

Et c'est décuplé quand je fais le suivi à côté de chez moi. Quand je vais à la PMA, pas de rdv à prendre, on vient à l'heure des monitos pis c'est tout. Généralement, lors des FIV, à la 2ème semaine de piqûres je suis en arrêt, donc pas de justificatifs à donner à l'école. C'est simple.

Par contre quand je vais à la ville du coin, c'est beaucoup plus compliqué. Je dois appeler pour prendre rdv à la dernière minute, mais généralement les cabinets d'échos sont blindés, donc je tente 1, puis 2, puis 3 cabinets différents. Qui ne répondent pas. Donc je rappelle encore. Le stress.
Faut que je remplisse une demande d'autorisation d'absence que j'envoie par mail à la secrétaire de ma circo (et oui dans l’éducation nationale, on ne peut pas prendre sa matinée...). Que je pense à demander un justificatif au cabinet d'écho. Mais comme j'ai 2 neurones, j'oublie de le demander, donc je dois les rappeler pour le réclamer. Attendre qu'ils me l'envoient, puis le mailer à nouveau à ma secrétaire. Et ça à chaque absence. Rappeler le centre de prélèvement car ils ont oublié de faxer les résultats à la PMA. Finir par envoyer moi-même les sérologies faites il y a presque 1 mois, car la PMA ne les a jamais reçues malgré mes relances auprès de la secrétaire... Et surtout réussir à joindre tout ce petit monde à des moments les plus inopportuns, genre pendant la récré, qui ne dure pas des heures... le stress.

Heureusement, tout ça se termine, ma dernière échographie était hier. Mon utérus est prêt à accueillir notre dernier petit blasto et j'ai commencé avec joie l'Utrogestan. Si tout va bien, le transfert est prévu pour samedi en fin de matinée. Nous avons donc casé Pâquerette chez Mamie (les deux en sont enchantées...) et sommes fin prêts.

Dernière étape : le coup de fil au labo samedi matin pour savoir si notre petit findus a survécu à la décongélation. Croisons les doigts...

Pour finir notre saga "poissons", commencée avec Polochon (qui s'est fait la malle) et Nemo (qui ne s'est pas accroché) j'ai décidé de l'appeler Maurice, comme le poisson rouge de la pub, vous savez.
J'adore cette pub!

Allez Maurice, accroche-toi, on vient te chercher!

lundi 14 janvier 2019

Le bleu

Combien j'ai pu me faire de piqûres dans ma "carrière" de PMette? Faudrait que je compte tiens, pour voir. 38 rien que pour la dernière FIV, alors en tout... plus de 100 c'est sûr. 150? Plus peut-être? J'ai bien eu quelques bleus, de temps en temps mais des petits, assez clairs...


C'est bien la première fois que j'ai un énorme bleu violet, genre de 3cm de diamètre! Me demande comment j'ai réussi à me faire ça avec l'aiguille du Puregon, qui est quand même hyper fine...
Bref, j'ai commencé les injections pour TEC2 bis depuis 4 jours. Et bien c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas!


jeudi 10 janvier 2019

C'est le jour 1, celui qu'on retient...

Après avoir fait durer le plaisir, mes règles sont arrivées en fanfare hier matin. Et j'ai chanté Louane toute la journée...
En route pour le TEC2 bis! C'est parti pour la valse des piqûres, des cachets, des échos, des prises de sang, des coups de fil pour organiser tout ça, des demandes d'autorisation d'absence à envoyer au boulot, puis les justifs...

La semaine prochaine s'annonce chargée. Mon homme est en déplacement du lundi au samedi, et en plus de gérer le quotidien seule, je dois caser une réunion, un rdv plombier, un rdv important pour Pâquerette au CHU, les monitos pour le TEC... bref je ne vais pas m'ennuyer!
Faut pas que le stress vient s'en mêler car j'ai déjà recommencé à palpiter... depuis que j'ai retrouvé mes chers élèves en fait. Il faut donc que je respiiiire et que je me calme.

Mon homme n'étant pas là, je vais devoir la jouer fine pour me piquer entre 18h et 20h (la fameuse heure du tunnel bain/repas/coucher) Reprise de l'école oblige, Pâquerette est un vrai pot de colle en ce moment, elle s'est remise à me poursuivre même dans les toilettes. Et à l'aube de ses 4 ans, je ne peux plus autant la gruger que quand elle avait 2 ans 3/4...

Hop hop hop, on y va, on se motive!

dimanche 30 décembre 2018

L'heure du bilan

En 2018, il y a eu:

La grosse récidive de la maladie de Pâquerette. Celle qu'on redoutait depuis le diagnostique de son arthrite juvénile 6 mois plus tôt. Une des épreuves les plus difficiles de ma vie.

La sciatique de mon homme devenue hernie discale, l'opération qui n'a pas été une réussite puisque des mois après, ils souffre toujours.

L'annonce du côté "génétique" de la maladie de mon homme.

Un décès tragique dans l'entourage proche, qui nous a bien chamboulés.

Un TEC foiré, et un TEC annulé pour cause de pétage de câble.

Un burn-out à l'école, des pleurs en salle des maîtres.


Mais aussi:

Le soutien des collègues, des amis, de la famille à travers ces épreuves.

Notre couple qui tient bon contre vents et marées.

Notre Pâquerette heureuse, une rentrée en petite section réussie, des parties de cache-cache et de chatouilles, des rires et des câlins à gogo.


Et en 2019...

Peut-être un espacement des piqûres pour Pâquerette?
Sans doute un changement d'école pour moi...
J'espère moins de douleurs pour mon homme.
Et pourquoi pas une belle surprise?

Tout est possible... alors wait and see...