dimanche 16 décembre 2018

Rêve de gosse

Les fêtes approchant, c'est plus facile de mettre de côté ma tristesse et ma colère. Comment être en colère quand on a déjà la chance d'avoir une merveilleuse petite fille à gâter? Comment être triste en voyant ses yeux s'illuminer rien qu'à l'évocation du Père Noël? Son enthousiasme à décorer la maison, le sapin, à compter les jours sur le calendrier de l'Avent, à fabriquer des décorations en pâte à sel et des cartes de vœux par milliers?


Non, c'est impossible, alors pour quelques jours, quelques semaines, je vais mettre les pensées négatives de côté pour profiter à fond de ces beaux moments. Je suis tellement impatiente qu'elle ouvre ses cadeaux, enfin surtout LE cadeau. Celui qui m'a demandé des heures de boulot, mais que j'ai adoré lui préparer... LE cadeau dont je rêvais gamine. Des heures de jeu en perspective... et pour maman aussi! 


Bonnes fêtes à toutes.

mercredi 5 décembre 2018

On prend les mêmes et on recommence

Ayant eu l'idée lumineuse d'arrêter ma pilule pendant les fêtes, il y a bientôt 8 ans, le nouvel an a longtemps été un cap difficile à passer. Chaque année supplémentaire m'éloignait de ce bébé tant désiré, et je m'étais mise à détester le réveillon du 31 décembre. Ces paillettes, cette joie obligatoire, ces vœux de bonne année, qui ne se réalisaient jamais...

Puis Pâquerette, mon rayon de soleil, est arrivée, et le nouvel an, soudain, est devenu beaucoup plus doux. Je me rappelle du premier réveillon où elle était là, avec nous. Après les embrassades de rigueur au salon, je suis allé la regarder dormir, dans son lit parapluie. J'ai caressé sa petite joue et j'ai remercié la vie, la science, de m'avoir apporté ce bonheur.

Mais l'année dernière, à nouveau, les larmes se sont invitées au réveillon. On avait diagnostiqué la maladie de Pâquerette, et je venais de faire ma fausse-couche. 2017 se terminait bien tristement. Fin décembre, c'était encore trop frais pour que je passe une bonne soirée au milieu des amis de mon homme, de leurs femmes, et du bébé tout neuf de l'une d'entre elle. Alors j'ai enfilé mon masque et j'ai souri toute la soirée, incapable de penser à autre chose qu'à la santé de ma puce et à nos espoirs partis en fumée. A minuit j'ai peiné à retenir mes larmes...

Cette année, malgré mes tentatives pour esquiver, nous fêterons la nouvelle année avec les mêmes amis, au même endroit. Et à nouveau, j'ai pas envie, et à nouveau j'appréhende. Parce que l'année 2018 a été bien pourrie, entre la récidive de Pâquerette, les mois de douleur pour elle, d'inquiétudes pour nous, l'hernie discale de mon homme qui le fait souffrir depuis des mois et l'annonce du côté "incurable" de sa maladie chronique. Je trouve qu'on a beaucoup cumulé, alors j'espère que personne ne va lancer une discussion "bilan de l'année écoulée" car ça va être difficile de garder le sourire... et en même temps j'aimerais tellement que quelqu'un me demande comment je vais, vraiment... mais pas le soir du réveillon! C'est pas le moment de pleurer et de gâcher la fête!

Le coup de grâce est tombé il y a quelques semaines déjà. C. est enceinte de son deuxième. Son premier a le même âge que Pâquerette. Je ne lui ai même pas envoyé de texto, c'était au dessus de mes forces. C'est mon homme qui s'est chargé d'un message de félicitations de la part de nous deux. Je ne l'ai pas revue depuis, je vais découvrir son ventre au réveillon. J'appréhende.

J'appréhende les remarques maladroites. Ça fait une petite année qu'elle avait arrêté la pilule, j'espère ne pas avoir droit aux "J'ai arrêté d'y penser." et autre "J'étais plus détendue, c'est pour ça que ça a marché..." J'espère qu'elle ne râlera pas qu'elle ne peut pas manger de saumon fumé à cause de la toxoplasmose. J'espère ne pas avoir droit à des détails à la guimauve, sur comment elle l'a annoncé au papa. Ni aux conversations sur les préférences filles/garçons... j'espère presque qu'on n’abordera même pas le sujet de sa grossesse. Comme si c'était possible... Comme si je pouvais empêcher les gens de vivre! D'être heureux!

Comment peut-on être jalouse à ce point? Je ne suis pas très fière de moi, mais c'est ce que je ressens... Je ne suis que tristesse et colère. A tel point que je pourrais réagir un peu trop vivement à la première phrase à la con. Et c'est pas ce que je veux.

Bref, vivement que ce réveillon soit passé, et qu'on soit le 2 janvier... L'année écoulée a été tellement difficile, que 2019 ne pourra qu'être meilleure, non?

jeudi 29 novembre 2018

TEC en préparation

Aujourd'hui, j'ai rempli le calendrier de l'Avent pour Pâquerette... elle compte déjà depuis une semaine les jours qui la séparent du 1er décembre, le mois de Noël! Elle a des étoiles dans les yeux rien qu'à prononcer ce mot magique, et j'ai hâte de pouvoir l'emmener se promener dans les rues illuminées. Pour patienter, nous avons commencé nos fabrications de cartes de vœux pour les grand-parents, la maîtresse, la nounou, les copines. Et on décore la maison ce week-end, en attendant d'aller chercher le sapin, un peu plus tard.

Au milieu de tous ces préparatifs festifs, c'est tout aussi motivée que je prépare mon TEC2 bis de la FIV1 de ce nouveau parcours (ouais, faut suivre!) Je suis allée commander à la pharmacie tout le nécessaire, et suis repartie bien chargée. Notre bac à légumes n'est plus rempli de légumes mais bien de boites de Puregon, Ovitrelle, sans compter l'Humira de Pâquerette... famille piqûres bonjour!

Alors, voici le programme : 

Dès maintenant, je prends de la vitamine E (Toco) et (nouveauté!) un médicament pour l'hypertension (Icaz). Ce dernier me plait moyennement surtout qu'elle m'a dit que ça pouvait coller des effets secondaires. Mais bon, comme c'est censé aider, j'obéis sagement. Je vais quand même demander à ma généraliste ce qu'elle en pense, étant donné mes antécédents (tachycardie, extrasystoles...)

Entre J8 et J20, je vais passer mon examen bactériologique près de chez moi, une grande première ça aussi, et c'est chouette de ne pas avoir à courir à Grande Ville (3h aller/retour...). Le rdv est déjà pris, j'ai essayé de prendre en plein milieu, vers le probable J14 donc, ça tombe juste avant Noël, j'espère que mes règles ne me feront pas de blagues.
Nous devons aussi refaire nos sérologies qui remontent à plus d'un an, penser à remplir et renvoyer les consentements...

Quand mes règles de janvier débarquent, les choses sérieuses commencent! 
Je dois débuter le Kardegic et l'acide folique à J1, le Puregon à J3, et me dépêcher de prendre rdv au cabinet d'échographies pour J10. Vous connaissez la suite, j'appelle la PMA, qui me donne la marche à suivre, jusqu'à ce qu'on déclenche avec Ovitrelle

Puisque pas de blocage d'ovulation, pas de Décapeptyl, et donc pas de seringues et de manipulations, youhou! Seulement des stylos tout mignons. Et comme le but est juste de préparer mon corps au transfert, je vais avoir des mini-doses de Puregon (75 UI, alors que je monte à 450 UI pour mes FIV) donc je ne devrais pas avoir trop d'effets secondaires. 

Reste à ne pas oublier de médicaments. Autant les piqûres, ça s'oublie pas, et généralement on se rappelle les avoir faites, autant les cachets à avaler à la chaîne le matin... comment dire... faut être réveillée!

vendredi 16 novembre 2018

Le jeudi, c'est pédiatrie

Cet été, les injections avec l'infirmier à domicile étaient devenues un véritable enfer. Pâquerette angoissait des jours à l'avance, me demandant à chaque réveil si c'était aujourd'hui la piqûre. Le jour J, elle guettait la voiture par la fenêtre, se sauvait en courant dès qu'il passait la porte, hurlait, se débattait sur mes genoux, et pleurait ensuite pendant de longues, très longues minutes. C'était un vrai calvaire pour moi aussi, et un jour la pression était telle que j'ai fini en larmes devant l'infirmier qui n'en menait pas large... 

Ça a été le déclic. Il fallait changer ça, on ne pouvait plus supporter cette situation pendant des mois encore. Inutile de dire que j'avais déjà testé tout se qu'on pouvait tester : les patchs soit-disant anesthésiants, le doudou bien sûr, la sucette en récompense, le dessin animé pour détourner l'attention... plus rien ne fonctionnait. J'ai essayé de me tourner vers l'hypnose, mais Pâquerette étant trop petite, je me suis faite refouler.

C'est donc la mort dans l'âme que j'ai rappelé le service pédiatrie du CHU. Je ne sautais pas de joie à l'idée de passer un jeudi après-midi sur deux à l’hôpital, me rappelant très bien de ce couloir d'attente dans lequel j'ai passé des heures avec Pâquerette quand elle était bébé. Mais je me suis dis que ça serait plus cohérent pour elle, que les soins se fassent là-bas. Et que la maison ne soit plus associée à la piqûre, à la douleur. Et puis surtout, en pédiatrie, les infirmières sont formées et habituées aux enfants. J'espérais que ça se passerait mieux.

Et effectivement, même si ça ne s'est pas fait en un jour, ça va beaucoup mieux. Déjà, quand les infirmières l'appellent, Pâquerette ne se sauve pas. Elle n'hurle pas et ne se débat pas quand j'enlève son pantalon, ce qui est quand même plus pratique... Après, ce qui marche, c'est d'aller vite. Elles sont sympas les infirmières en pédiatrie, elles ont tout essayé pour ne pas faire ça comme des sauvages : les comptines, lui détourner l'attention avec un dessin animé, elles lui ont proposé de faire la piqûre à doudou, de faire des bulles, le MEOPA... en vain. Ce qui fonctionne, c'est de faire le plus vite possible, avant qu'elle n'ait le temps de monter en pression. Je la monte sur mes genoux, face à moi pour faire un câlin/maintien des mains, les infirmières font la piqûre le plus vite possible, Pâquerette pleure (ou hurle) un bon coup, selon les jours, et hop c'est fini, et, invariablement, elle réclame une sucette. Qu'elle obtient bien sûr, les infirmières ayant d'immenses boites remplies de Chupa Chups pour consoler les bambins.

Je ne stresse plus à l'idée que la piqûre approche, elle doit le sentir et être moins angoissée aussi, cercle bénéfique. Ce n'est pas un moment agréable, mais c'est devenu la routine.

Reste le temps qu'on passe à l’hôpital, et là, c'est quitte ou double. 
Y'a des jours, on sait pas pourquoi, tout va comme sur des roulettes. Je me gare sans problèmes, il n'y a personne à l'accueil, à peine le temps de se poser dans la salle d'attente, c'est notre tour. En 45 minutes, on est sorties, et c'est réglé, on peut profiter du reste de la journée.

Et puis, il y a les mauvais jours, comme jeudi dernier, ou tout va de travers. J'arrive pourtant exactement à la même heure, mais le parking est plein, obligée de le parcourir en long en large et en travers avec des idiots qui ne savent pas lire le sens des flèches. Mais vous êtes à contre-sens Monsieur!!! Vous bloquez tout le parking!!! Y'a un monde dingue à l'accueil et il faut déjà attendre 15 minutes rien que pour récupérer ses étiquettes. Et évidemment, ce monde croisé à l'accueil, je le retrouve dans le couloir d'attente, où on ne sait où s'asseoir au milieu des poussettes. Après 10 pages de gommettes et 4 lectures du même livre (le seul qui n'est pas déchiré), Pâquerette commence à s'ennuyer et, du coup, à stresser... Au bout d'une heure c'est enfin notre tour, et là, loi des séries oblige, c'est pas une infirmière qu'on connait. Elle prend son temps pour essayer de mettre ma puce à l'aise (grave erreur madame, faut aller vite!), me parle du MEOPA (on connait merci mais non), Pâquerette commence déjà à pleurer alors que l'aiguille n'est pas encore en vue... Heureusement, celle qu'on connait arrive, prend les choses en main, et hop c'est fini. Enfin, pas tout à fait. Il faut encore passer à la borne pour le ticket de parking, et évidemment, des petits vieux bloquent le passage pour demander comment ça marche. Quand on monte enfin dans la voiture, ce n'est pas terminé pour autant car il faut maintenant faire la queue derrière une file d'automobilistes qui attendent, leur ticket à la main, que la barrière se lève. Et bien sûr, j'ai choisi la file qui n'avance pas. Du tout.

Bref, y'a des fois, on met 3h, trajet compris. On y passe l'après-midi. Dans ces moments-là, je regrette un tout petit peu l'infirmier à domicile. Puis je me rappelle, et je me dis qu'en fait, c'est pas si mal l’hôpital...