jeudi 25 juillet 2013

La peur de l'échec

Je voulais écrire un billet positif, un billet de vacances, de soleil. Avec plein de couleurs et de petites étoiles à l'intérieur. Un billet de fille forte, de fille joyeuse, genre youpi-youplala je vais en FIV mais j'me laisse pas abattre. Et puis je me retrouve avec un titre qui plombe bien l'ambiance, et un billet qui ne va guère être mieux. Avec plein de doute et de larmes à l'intérieur. 

Hier soir, avant de dormir, j'ai relu des passages du livre de la FIV. C'est mon livre de chevet ces dernières semaines. Après l'avoir lu d'une traite, je le relis par petit bout. Avant de dormir, presque chaque soir, c'est mon moment PMA. Et hier, c'était le chapitre "Envisager l'échec".

Je n'avais pas encore envisagé l'échec. Pas sérieusement en tout cas. Evidemment, je connais les chiffres. Je pense souvent à tous ces couples, arrivés sans enfants au bout du chemin. Mais ça c'est bien connu, ça n'arrive qu'aux autres. Et puis, tant que la FIV était loin, c'était facile d'être positive, de se dire que sur les 4 tentatives, plus les éventuels TEC, il y en aurait bien un ou une qui fonctionnerait. Mais à mesure que la première tentative se rapproche, le doute se fait de plus en plus présent. 

Il faut dire aussi que j'ai un certain passé en PMA. Ce n'est pas comme si je passais directement en FIV. Les IAC m'ont bien préparé le terrain. Je sais que l’optimisme et l'excitation de la première insémination laisse vite place, au fil des tentatives, à la routine, la lassitude, le découragement. Puis la désillusion. Sur 4 tentatives d'IAC, aucune n'a fonctionné. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les FIV?

Après tout, j'ai beaucoup plus de chances de rater cette 1ère FIV que de la réussir. D'autant plus que le gygy ne veut me transférer qu'un unique embryon. D'accord, il me fait miroiter ensuite un ou plusieurs TEC en cas d'échec, mais il n'est pas devin. Personne ne peut savoir comment ça va se passer. Est-ce que mes ovaires vont bien répondre aux traitements? Est-ce que j'aurai assez d'ovocytes? Seront-ils d'assez bonne qualité? Arriverais-je à obtenir plusieurs embryon? Résisteront-ils à la décongélation ?

Autant de questions sans réponses. Autant de doutes. Autant de peur. Et par dessus tout, la peur de l'échec.

Quand nous avons commencé le processus de PMA, à l'époque où les FIV nous paraissaient bien lointaines encore, nous avions parlé d'adoption. Moi, surtout, car mon chéri n'était pas prêt. Honnêtement, moi non plus je ne le suis pas encore, mais ça vient petit à petit. Et de toute façon il m'est absolument impossible d'envisager une vie sans enfant. J'avais pris la décision d'entamer les démarches bien avant la fin du processus de PMA. D'abord, pour avoir une porte de sortie quand nous serions arrivés au bout des tentatives. Pour pouvoir se raccrocher à quelque chose, pour ne pas sombrer. Mais également parce que les délais sont extrêmement longs, et nous avons déjà suffisamment attendu. 

Je sais que l'adoption est un autre combat, aussi difficile que celui de la PMA si ce n'est plus. Que la réussite n'est pas forcément au bout du chemin. Qu'il nous faudra batailler des années. J'espère juste que, si nous devons en arriver là, nous aurons encore la force de nous battre. Et surtout, j'espère que notre couple résistera à ce nouveau séisme. J'ai de plus en plus peur que nous ne ressortions pas indemnes de tout ça...

Pour toutes ces raisons, je l'avais claironné haut et fort : au bout du 2ème échec de FIV, nous commencerions les démarches pour obtenir un agrément. Cette échéance se rapproche et il faut bien l'avouer : je ne suis pas prête. Car mettre en route le processus d'adoption, c'est admettre que, peut-être, ça ne marchera pas. Et ça, pour l'instant, je ne suis pas prête à l'entendre.

23 commentaires:

  1. Décidément, j'ai l'impression que tu écris mes pensées, parfois en décalé, parfois en avance :) C'est normal d'avoir peur, parce qu'il y a des histoires où tout marche simplement, et d'autres pas. Et on ne sait pour l'instant pas de quel coté on se situera. On sait aussi qu'il faut garder un peu d'espoir, parce que ça peut marcher ! Et quand même, globalement, tu as plus de chances que ça fonctionne que l'inverse. Je pense toujours à une très bonne amie qui a eu 4 IAC négatives, puis 1ère FIV + mais FC, puis à nouveau + à la 4ème FIV. Elle est l'heureuse mamans de deux adorables jumelles. Parfois il faut se battre jusqu'au bout et ne pas trop penser à cet échec possible, c'est trop dur sinon :(

    Moi aussi j'ai beaucoup réfléchi à l'adoption. J'attends le verdict de la 2ème fiv pour y réfléchir concrètement, si on n'a pas d'embryons à nouveau, je lance les démarches. C'est aussi un long chemin... Il faut du temps.

    Bisous !!

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    1. C'est vrai qu'il faut éviter de penser à l'échec, mais parfois y penser aussi me permet de revenir sur Terre. De ne pas trop m'emballer...

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  2. j'espère de tout coeur, que cette FIV marchera pour toi, que l'adoption ne seront que dans tes pensée ... je vais entamé bientôt ma 2eme IAC, et pourtant j'ai peur de ne jamais réussir, que ce bonheur ne sera pas pour moi ...
    des bisous de soutiens !

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  3. En fait ce que tu ressens, je ne pense pas me tromper en pensant qu'on y pense toutes. J'en parlais justement à mon chéri ce midi. Toutes, à un moment donné, on se dit "et si c'était moi cette fille qui reste au bord de la route... et si ça n'arrivait pas qu'aux autres".

    Malgré une première fiv positive, j'ai cette peur incontrôlable que ça ne marche plus jamais ... que ma chance soit passée définitivement. Tant qu'on est dans l'espoir et dans la projection, on se dit que tout est possible ... mais quand c'est concret, qu'on la fait cette fichue FIV, on sait que ça peut être la fin de notre galère ou la fin de notre possibilité d'avoir un bébé... et dans ce dernier cas, la fin de tout espoir ...

    J'espère que cette prochaine FIV sera TA solution.

    Quoi qu'il en soit tes interrogations et peurs sont légitimes. On en est toutes là :)

    Je t'embrasse bien fort

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    1. C'est ça. J'ai peur qu'on devienne ce couple au bord de la route...

      Merci BDM.
      J'espère que la FIV sera NOS solutions. :)

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  4. Je suis exactement dans le même état d'esprit. D'ailleurs on va se suivre pour notre première FIV. J'ai les mêmes craintes mais je crois qu'on les as toutes. J'essaye de ne pas trop stressé mais j'ai toujours cette pensée dans un coin de ma tête. Profite bien quand même de tes vacances!!
    Bisous

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    1. Merci, je vais essayer.

      En effet, on va se suivre!
      Nos parcours se ressemblent par bien des côtés. A part que tu as d'avantage enchaîné les tentatives, alors que les miennes ont été plus espacées.

      Je vais ajouter ton blog à ma liste. :)

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  5. Oh petite Gribouillette... J'espère fort que la FIV vous évitera ces questions difficiles. Et sans aller jusqu'à deux.

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  6. C'est bizarre, mais avant la première FIV, je n'avais pas vraiment peur. Je pense que j'étais confiante, en restant en même temps réaliste. La FIV a échoué, je me prépare pour le premier transfert et j'ai peur de plus en plus... Je m'interroge de plus en plus... J'essaie de maîtriser mon angoisse. Parfois je réussis, parfois non. Mais je me dis que ça fait partie de notre parcours et qu'il faut faire avec... ça prouve que nous sommes toujours vivantes, que nous ressentons toujours quelque chose, même si parfois c'est bien usant... Heureusement qu'il y a des blogs comme le tient. ça fait du bien de savoir que vous ressentez la même chose. Merci pour toi Gribouillette et pour toutes les filles qui laissent des commentaires :) JUJU

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  7. C'est bien normal de douter, d'avoir peur...
    Pourquoi la FIV marcherait alors que les IAC n'ont pas fonctionné? Il y a de très nombreuses raisons possibles à cela, et oui les chances que ça marche en FIV sont bien plus élevées (de mon côté jamais un seul +++ en de (très très) nombreuses années d'essai, aucun non plus en 6 IAC, puis un +++ dès la première FIV, certes suivi d'une FC, mais ensuite à nouveau un +++ à la seconde - donc IAC et FIV, ce n'est vraiment pas la même chose - même si bien sûr, impossible malheureusement de savoir à l'avance si oui ou non ça peut marcher...). Le "bon côté" d'avoir fait les IAC avant la FIV, c'est que tes médecins savent comment ton corps réagit aux injections, ton corps s'est déjà un peu habitué à toutes ces piqûres, et puis il y a un peu moins d'appréhension, en tout cas pour les étapes de piqûre.
    Envisager les échecs, oui pourquoi pas, mais une fois envisagés, tu peux tourner la page et passer au chapitre suivant - et surtout prendre les choses étape par étape, avec d'abord la première FIV. Et celle-ci peut être la bonne.
    Bises

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    1. Merci.

      C'est vrai que les FIV on un meilleur taux de réussite que les IAC, mais ça ne m'empêche pas de flipper...

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  8. Je vois que nous avons des pensées communes en ce moment ;)
    D'accord, les IAC n'ont pas remporté un franc succès. Mais peut être que la FIV sera un succès. Peut être même dès la première!
    Malheureusement on ne peut rien prévoir, mais je suis sûre que vous êtes bien armés pour cette première tentative! Allez, on avance à l'aveuglette mais on y croit!

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  9. Je pense que c'est normal d'avoir peur, en même temps on sait très bien que tous les couples ne parviennent pas à réaliser leur rêve. C'est dur de se dire qu'on fera peut-être partie de ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un bébé. Mais il faut garder l'espoir jusqu'à la dernière tentative... Parfois j'essaie de me dire qu'on peut vivre sans enfant...même si au fond de moi je n'y crois pas du tout et que je serai extrêment "malheureuse" (le mot est faible) si je ne suis pas enceinte/maman un jour.
    En tout cas, à chaque tentative de FIV j'y crois et c'est vraiment important d'y croire.
    Alors "avoir peur de l'echec" oui, mais envisager le bonheur c'est mieux, ça aide à avancer et se battre....
    Bises
    Boupe

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    1. Moi j'arrive pas à me dire qu'on peut vivre sans enfant. Ça me parait tellement impossible. Je ne vis que pour ça depuis toujours!

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  10. Je fais sans doute de la psychologie de comptoir et je m'excuse à l'avance si ça te paraît idiot/blessant/à côté de la plaque. Mais est-ce que la pilule que le protocole pré-FIV t'impose ne serait pas un peu pour quelque chose dans ce moral en berne?
    C'est normal d'avoir des doutes, des peurs de l'échec. Je te connais seulement via ce blog et EDP, mais je sais ta générosité, ta gentillesse et aussi ton courage et ta détermination. Je suis convaincue que tu vas très bientôt devenir maman, tu le mérites tout simplement. Et ce bébé aura une chance extraordinaire d'avoir des parents si aimants.
    Et moi, comme j'aime beaucoup te lire, j'ai hâte que tu commences un nouveau blog sur cette belle aventure.

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    1. Chacun peut donner son avis, ne t'excuse pas! Et tu n'as pas tort, la prise de la pilule n'arrange pas mon moral. Jusqu'à présent, j'espérais encore un miracle. C'est bête mais vu qu'on est en infertilité inexpliquée, je n'arrive pas à faire totalement le deuil du bébé couette. C'est sûr que prendre la pilule me donne un coup au moral. Je sais qu'il n'y aura pas de miracle d'ici la FIV et donc la FIV est notre seule chance. Ça mets une sacré pression, d'où ma peur de l'échec. Il n'y en aura que 4...

      Merci beaucoup pour ton gentil message. <3

      (PS : C'est kiiiiiii?)

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    2. Juste une collègue du sud-ouest... qui t'envoie des ondes positives...

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  11. On a toutes ces questions en tête. Mais, la plupart du temps, elles n'arrivent pas toutes au même moment !! J'imagine que, à quelques semaines de ta FIV, il est normal de s'interroger comme tu le fais. Epuisant, mais normal. Non ? Mais je te souhaite qu'une grande vague de motivation / espoir / enthousiasme / énergie t'emporte lorsque viendra le moment de commencer le protocole. En tous cas, on sera là pour te booster, si besoin !! ;) Des Bises et du courage.

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  12. Pour ma part nous n'avons pas encore commencé le traitement que la peur de l'echec est là chez moi, violente.
    Mon chéri a eu un cancer ado avec tous les dégâts que peuvent causer une chimio sur le corps humain, notamment au niveau de la reproduction. Chez moi, c'est l'endométriose.
    Le plus horrible en fait pour moi c'est l'espoir.
    Je n'ai clairement pas fait le deuil d'un bébé dodo, et même si je m'oblige à me raisonner, lorsque je me retrouve seule dans mes wc avec mes lunes, chaque fois c'est la descente aux enfers, une descente que je vis seule parce que je suis fatiguée d'entendre qu'il faut que j'arrête, que j'espère pour rien.
    Alors la peur de l'échec me fait peur

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