lundi 10 juin 2019

Vous voulez continuer?

La question est arrivée très brutalement, sans emballage psychologique. Sans l'ombre d'une parole compatissante à propos de cette récolte si décevante. Je devine pourquoi. Elle ne voulait pas que je pleure, elle ne voulait pas gérer ça. Elle est gynéco, après tout, pas psy... Pourtant j'attendais autre chose de ce rendez-vous post FIV foirée. 

"Bonjour, Mme Gribouillette, asseyez-vous. Bon, la FIV ne s'est pas déroulée tout à fait comme prévu... Du coup, faut que je vous pose la question. Etant donné que vous avez déjà une petite fille... Vous voulez continuer quand même?"

Comment ça, "quand même"? Alors même qu'elle m'avait expliqué au téléphone qu'il pouvait s'agir "juste" d'un mauvais cycle. Elle me condamnait déjà? La douche froide.

J'ai dû respirer à fond pour ne pas laisser mes larmes déborder. Bien sûr qu'on veut continuer, on n'est pas prêts du tout à faire le deuil du 2ème. On n'a même pas envisagé une seule seconde d'arrêter la PMA! Et puis, si on ne retente pas le coup, comment savoir si c'était juste une erreur de parcours, ou si mes ovaires sont vraiment hors service?

Elle a dit OK, qu'effectivement c'était défendable, d'autant que j'avais bien mieux réagit à la FIV précédente, qu'elle allait défendre notre dossier en commission, mais que ça devrait passer. 

J'ai abordé le sujet du don d'ovocyte, elle s'est montrée surprise. Chaque chose en son temps, on va déjà refaire une FIV. Euh, y'a pas 5 minutes tu me condamnais, excuse-moi de me renseigner... Donc la bonne nouvelle c'est que les délais ont raccourci depuis quelques temps, on est passé de 4 ans à 2 ans et demi. Moins si je trouve une donneuse bien sûr. Bref, ce n'est pas encore d'actualité, mais ça me rassure d'avoir un plan B.

Si tout se passe comme prévu, ça sera une FIV d'octobre, avec un protocole court pour changer (comme pour ma toute première FIV dans mon premier centre). Elle sera décisive. Soit ça passe : j'obtiens assez de follicules, puis d'ovocytes, et on pourra continuer le parcours. Soit ça casse : mes ovaires ne répondent plus, mes ovaires sont rabougris comme de vieux raisins secs. Et alors ça sera sans doute la dernière FIV. J'ai quelques mois pour m'y préparer psychologiquement. Je me rends compte en l’écrivant que j'ai un travail à faire sur moi car je ne suis pas du tout prête à accepter cette idée. Cette idée que mes ovaires sont ceux d'une vieille mamie. A 32 ans et demi. 

Ça sera ma FIV2 bis. Comme pour Pâquerette.
Nous en serons à 3 ans et demi d'essais. Comme pour Pâquerette.

Moi qui suis pourtant peu superstitieuse, j'essaie d'y voir un signe du destin.

2 commentaires:

  1. C'est terriblement violent comme question. Je t'admire d'avoir su garder ton sang froid et pu ainsi argumenter. Et tu as bien raison, bien sûr qu'il faut continuer pour en avoir le cœur net sur tes ovaires ! Tout peut encore basculer dans le bon sens.
    Gros bisous, Gribouillette <3

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  2. Tu as eu du cran de ne pas t' effondrer ! Bravo ! Tu as raison d avoir encore de l espoir, rien n est encore perdu en effet. Que cette fiv2bis soit la bonne !

    Mimo

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