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dimanche 11 février 2018

De quoi je me mêle?

La femme de ménage de l'école est du genre très bavarde et très curieuse. J'évite au maximum de rester coincée avec elle car une fois qu'elle tient sa proie, elle ne la lâche plus. Depuis qu'elle a réussi à obtenir le prénom de Pâquerette, elle ne me manque pas de me demander comment elle va à chaque fois qu'on se croise. Et j'ai beau lui répondre de la manière la plus laconique possible, elle ne comprend pas que je n'ai pas la moindre envie de discuter avec elle...
Elle m’empêche de me concentrer, souvent je suis obligée d'aller me cacher en salle des maîtres, à faire des photocopies, le temps qu'elle ait terminé de nettoyer ma salle de classe. Vraiment, elle me fatigue, d'autant plus que quand je reste travailler tard à l'école, c'est pour être efficace et vite rentrer chez moi, pas pour raconter ma vie à une inconnue. Et alors vendredi soir, clairement, ça a été le pompon...

- Ça lui fait quel âge à Pâquerette? 
- 3 ans.
- Ah, bientôt l'école?
- Oui, bientôt. 
- Ce qui faudrait maintenant, c'est un petit frère! 
Ça y est, la phrase est lâchée. Et sa violence me transperce. Je ne m'y attendais pas, pas déjà, au bout de deux phrases échangées sur le sujet... Je suis prise au dépourvu, et la colère m'envahit. 
IL FAUT lui faire un petit frère. Maintenant. Vous savez, 3 ans, le fameux écart idéal qu'on est tenus de respecter. Et puis, évidement, si on a déjà la fille,  IL FAUT le garçon. C'est marqué où? Je ne sais pas, mais IL FAUT.

- On ne fait pas toujours ce qu'on veut. (Je ne relève même pas la tête de mon classeur, mais elle ne comprend pas que la discussion doit s'arrêter là, et continue son laïus.)

- Ah ça oui. Bah moi, j'ai deux enfants. Je les ai pas eu facilement. Mais je les ai eu naturellement! 
Alors là, les insultes les plus monstrueuses me sont passées par la tête. C'est une fierté, donc, de procréer naturellement? Elle veut quoi, une médaille pour ses enfants conçus en batifolant sous la couette? C'est une tare de faire ses enfants avec l'aide de la science?
Sous le coup de la colère, j'ai eu envie de lui demander si ma fille conçue artificiellement valait moins que les autres... mais je me suis abstenue. Elle aurait été trop contente de connaitre des détails croustillants de ma vie.

Je me suis tue, et elle a continué de parler toute seule, pendant que je ne répondais pas, faisant mine d'être très absorbée à mon bureau... elle a dû comprendre le malaise et a fini par conclure:

- L'essentiel, c'est qu'elle soit en bonne santé! 
Le coup de grâce quand on sait que ma fille a cumulé les soucis depuis sa naissance et qu'on vient de lui diagnostiquer une maladie chronique. Bien sûr, tout ça, elle ne le sait pas, mais elle n'a qu'à se la fermer!!! De quel droit se mêle-t-elle de la vie des autres?

Les gens sont toujours aussi cons, et moi toujours aussi peu blindée finalement... sur la route du retour, je n'ai pas pu retenir mes larmes...

lundi 2 février 2015

Jour J

Tandis que la vague de bonheur se fait attendre, les coups de fils et textos pleuvent. "Alors, elle n'est toujours pas née?" Les gens m'insupportent à me harceler comme ça. Si elle était née, on vous l'aurait dit! Ils sont impatients soit disant. Ah bon? C'est leur bébé qui va naître? Ça fait 4 ans qu'ils l'attendent, eux aussi? 

Ce qui m'agace tout particulièrement, ce sont ceux qui n'ont pas été là pendant nos années de galère. Qui tout à coup se sont mis à être plus présents pendant la grossesse. Et qui maintenant me demandent tous les deux jours si Pâquerette est arrivée. Comme s'ils avaient un rôle à jouer dans cette affaire! Comme s'ils allaient prendre part à cette naissance!

Ce bonheur tant attendu, c'est d'abord le nôtre. Ça nous concerne, nous, d'abord. Et ensuite, les proches qui savent ce qu'on a traversé pour l'obtenir. Qui ont su nous soutenir quand on était au fond du gouffre. Les autres, j'ai envie de leur dire... de l'air! Vous ne faites pas partie de l'histoire!

lundi 28 avril 2014

Dans le flou (monito #4)

Retour à la PMA ce matin.

J'ai toujours 4 follicules à l'ovaire gauche.

J'ai toujours, selon eux, un kyste d'endométriose à l'ovaire droit.

(C'était une autre échographe, qui a confirmé le diagnostique du gars de vendredi.)

Et ce qui est merveilleux dans tout ça, c'est qu'ils font comme si de rien n'était. Et ça, c'est insupportable. On me balance une bombe, mais on ne m'en dit pas plus. On me laisse dans le flou. On élude mes questions. On m'en dit le moins possible. Je vois bien que mes questions dérangent et que les sages femmes préfèrent ne pas se mouiller.

- Alors vous confirmez que j'ai de l'endométriose?
- Ça ressemble en tout point à un kyste d'endométriose.
- Bon, et y'en a peut-être ailleurs, dans l'utérus, dans les ovaires?
- A l'écho je ne vois que ça. (Oui mais le reste est peut-être AILLEURS!!!)
- Et donc c'est quoi la suite, on fait des examens?
- Pour l'instant, on surveille. (Okkkkkkk, en gros on fait rien, quoi!)

J'ai peut-être de l'endométriose. Endométriose qui pourrait être une explication au fait que ça ne marche pas. Mais on continue la FIV sans se poser de questions. Super.

A part ça je suis pleine de confiance et de sérénité. Si, si.

dimanche 20 avril 2014

Stupid girl

Ah, qu'il est loin le temps de la première insémination, où je lisais et relisais attentivement les ordonnances et les notices, craignant sans cesse de louper une étape du traitement, de faire une bêtise. Avec le temps, et l'accumulation des tentatives, tout ça est devenu tellement habituel, tellement routinier, que j'ai moins fait attention. Je me suis relâchée. Et j'ai fait une belle boulette. Qui va peut-être faire foirer la FIV. Bravo.

Stupid girl.

C'est ce matin, en faisant mon pchiiit de Synarel, que je me suis rendu compte que quelque chose n'allait pas. Comme si le flacon était obstrué, et que le produit ne pouvait plus en sortir. Ou comme s'il était... VIDE! Mais non, c'est impossible. Je reprends mon beau planning et compte le nombre de doses utilisées. 43. Normalement, le flacon délivre 60 doses, donc je suis large. Mais comment se fait-il alors qu'il semble déjà vide? Pour ma dernière FIV avec Synarel, j'avais dû aller chercher un autre flacon bien plus tard... Et là mon cerveau se met en route. Et soudain, je réalise.

Stupid girl.

Au lieu de faire un pchiiit dans une narine le matin et un pchiiit dans l'autre narine le soir. J'ai fait un pchiiit dans chaque narine matin et soir. J'ai doublé la dose. Et ce depuis le début!

Stupid girl.

Ce n'est pas 43 doses que j'ai utilisées. Mais 86! Soit bien plus que les 60 prévues! Bien sûr, il reste du produit après les 60 doses, mais ils précisent bien dans la notice qu'il ne faut pas essayer de terminer le flacon parce que les quantitées administrées risqueraient d'être trop faibles. Nous sommes dimanche. Demain c'est férié. Je n'aurai pas de nouveau flacon avant mardi. Et là le monde s'écroule autour de moi. La FIV va foirer. Par ma faute. Je suis tellement idiote que j'ai même pas été capable de faire une FIV en mode facile.

Stupid girl.

C'est dans un état second que j'ai appelé mon chéri et que je me suis effondrée dans ses bras. Tremblante de tous mes membres, je lui ai expliqué la situation entre deux sanglots. Notre premier reflexe a été de contacter des pharmacies de garde, en vain, personne n'a de Synarel. Puis j'ai appelé la PMA, certaine que personne ne me répondrait un dimanche (dans mon ancien centre en tout cas, c'était fermé). Mais heureuse surprise, l'infirmière était là!

L'infirmière n'a pas de Synarel mais me propose une injection de déca si on a la possibilité de se déplacer jusqu'au centre. Nous étions chez mes beaux parents* pour le week-end, à 2h20 de la PMA. Mais j'ai dit qu'on pouvait le faire. J'aurais été au bout du monde fabriquer le Synarel de mes mains si elle me l'avait proposé. Tout plutôt que de faire foirer la FIV. "On pourrait aussi tenter le coup d'attendre jusqu'à mardi car votre ovulation n'est pas prête de se produire, et puis après tout vous avez eu du produit ce matin?" Oui mais très peu. "Bon, je vois avec le médecin et je vous rappelle."

Au terme d'une heure d'angoisse où l'on s'est préparés à un départ en catastrophe, elle a rappelé, ouf.

Et s'est montrée très rassurante. Je peux attendre mardi avec mon fond de produit. Comme je viens juste de commencer le puregon, mon taux d'oestradiol est bien trop bas pour une possible ovulation. Donc même si le Synarel fait moins effet (voire plus du tout d'effet) aujourd'hui et demain ce n'est pas dramatique. Normalement, si dès mardi matin (voire midi, le temps que la pharmacie le commande) je recommence le Synarel, ça ne devrait - a priori - pas poser de problèmes. Pour plus de sécurité, ils doseront aussi la LH à mes prochains monito, histoire de voir si c'est toujours bloqué. "Et puis avec les très fortes doses que vous avez prises depuis 15 jours, vous avez dû quand même bien bloquer tout ça." Tu m'étonnes que j'avais encore plus d'effets secondaires que la dernière fois, je prenais le double de la dose!

Donc voilà, je ne suis qu'à moitié rassurée malgré tout. Et surtout je m'en veux d'avoir merdé sur un truc aussi simple. La FIV en mode facile, décidément, c'est pas pour moi. J'aime compliquer les choses.

Reste un mystère à éclaircir. Pourquoi n'étais-je pas bloquée completement mercredi à la première écho alors que j'ai doublé les doses par rapport à la FIV précédente?


* Article à venir...

mercredi 16 avril 2014

La FIV en mode facile, ça se gâte... (monito #1)

Exit la belle organisation! A la poubelle le joli planning!

Comme d'habitude, c'est DNLP qui décide. Et nous, nous sommes des pions.

Ce matin, c'était le premier monito de contrôle. Pour vérifier que mes ovaires étaient bloqués correctement. Va savoir pourquoi, j'y allais la boule au ventre, sûrement un pressentiment. Au labo, l'infirmière m'a fait mal en me piquant, ça commençait bien, tiens...
Puis, au cabinet d'échographie, l'assistante me demande de me mettre en slip et soutien-gorge. Euh... je suis obligée d'enlever le haut? Oui, oui c'est mieux pour le gel. Non mais LOL c'est une écho endovaginale que je fais! Mais elle a insisté ou n'a pas voulu comprendre, et c'est ainsi que je me suis retrouvée en chaussettes, sous-tif et sans culotte bien sûr devant le gynéco. Alors que d'habitude avec mon long débardeur pour me cacher le ventre, je garde un semblant de dignité. Surtout que mon épilation commençait à dater. Bref. On n'est plus à ça près.

De toute façon, je ne la sentais pas cette journée. Réveillée avec un bon mal de crâne, même pas requinquée par mes 8h de sommeil, merci le Synarel! Ce petit pschiit de rien du tout reste - pour le moment - le produit qui me colle le plus d'effets secondaires. Je me sens complètement remplie d'hormones. A ras bord. Genre si t'appuie sur mes pommettes ça me ressort par les yeux. Depuis le début de la semaine, je me traine comme une mamie. Je suis une loque. Et depuis aujourd'hui, le mal de tête en prime, youpi!

C'est ainsi que de retour de ma virée labo-écho-courses (car il faut bien se nourrir), j'ai accompli la tâche herculéenne de ranger tout ça dans les placards (vitesse tortue), (mais j'ai pas défait les packs de lait, faut pas pousser, déjà que je les avais portés!), j'ai avalé un truc vite-fait, et je suis allée rejoindre mon lit qui me tendait les bras. Il était 13h15, je devais téléphoner à l'infirmière de la PMA avant 15h. J'étais laaaarge, j'allais quand même pas dormir 2h!

14h50, je me suis réveillée en sursaut. Zut et zut et zut.

Vite, les yeux à peine ouverts, je m'empresse d'appeller l'infirmière.

- Ah, Madame G, malheureusement le blocage n'a pas fonctionné totalement.
- ...
- Vous avez ovulé. Vous ne pouvez pas commencer le traitement.
- ...
- Vous continuez bien le Synarel, et dès que vous avez vos règles, vous me rappellez, d'accord?
- ... Euh oui d'accord.

Sonnée. Agarde. FIV décalée. Plein de rdv à annuler. Plein de rdv à caler à la dernière minute. Il n'y aura plus de place. Galères en perspective. Empiétage sur l'école en vue. Mon chéri se fait opérer le 12 mai. Il va peut-être devoir annuler. Je vais me taper une semaine de plus de Synarel. Joie et bonheur.

Mon cerveau a buggué. Ca m'a pris pas mal de temps à le reprogrammer.

Maintenant je me suis faite à l'idée. Même si ça me fait suer, c'est pas non plus dramatique. Je vais rater de l'école, et alors? La dernière période est très longue, bah pour moi elle sera plus courte. Mon chéri va devoir décaler son opération, et alors? Ca fait bientôt 10 ans qu'il a mal aux dents de sagesse, on n'est plus à quelques mois près. J'espère juste pouvoir réussir à recaler rapidement des rdv à côté de chez moi. Sachant que généralement, mes fofos mettent des millénaires (environ) à pousser, pas envie d'aller courir à la PMA dès le début. Quant au Synarel, je ne suis plus à ça près. Et comme je vais être en vacances, je vais pouvoir siester tous les après-midi. Super comme programme.

J'ai l'air fine maintenant, avec mon belle organisation et mon joli planning.

J'avais juste oublié la règle numéro 1 en PMA : Ne jamais rien prévoir!

dimanche 2 février 2014

Que la vie est mal faite

J'ai écrit cet article il y a bien longtemps, un soir de révolte, sans jamais oser le publier. Trop noir, trop triste. Pourtant, ce n'est que la réalité de plusieurs de mes élèves. A la campagne, on n'a pas de ZEP. Mais on a aussi de la misère sociale...

Le plus triste dans tout ça, c'est que des gamins malheureux, y'en a à la pelle. Avant d'entrer dans l'éducation nationale, je n'imaginais pas à quel point. Mais la misère, la négligence, la maltraitance parfois, sont là, si près de nous. On les côtoie tous les jours, dans nos classes. 

Tous les jours.

Ces enfants, qui poussent n'importe comment, sans tuteur pour les soutenir. 
Ces enfants à qui personne ne donne de limites, et qui sont en permanence en recherche de l'autorité. 
Qui retournent la classe, frappent leurs camarades, et qu'il faut sans cesse rappeler à l'ordre. 
Ou qui se font tranquillement oublier, tout au fond de la classe.
Ces enfants à qui on ne prête pas attention à la maison, et qui sont tellement en manque d'affection que c'est douloureux de les repousser. 
Ces enfants à qui personne ne parle, à part pour leur aboyer dessus. 
Ces enfants, ballottés d'écoles en école, de maisons en foyers d'accueil.
Ces enfants, ça se lit dans leurs yeux, ne sont pas heureux. 

Pas de blouson alors qu'il gèle dehors.
Pas de fournitures scolaires, même pas un stylo.
Des chaussures trop petites qui font mal, ou trop grandes de 2 pointures, celles du grand frère.
Certaines familles ne peuvent vraiment pas. N'ont pas de sous, n'arrivent pas à joindre les deux bouts.
Mais ce qui est le plus révoltant, ce sont ces Iphone rutilants dans les mains de certaines mamans.
Ce sont ces écrans plats achetés en septembre. Quand l'allocation de rentrée tombe.
Alors que leur gosse a un trou gros comme ça dans sa chaussure.

Et nous, candides enseignants, on essaie de faire entrer dans le système scolaire des enfants qui vivent dans un autre monde.

On leur demande des respecter de règles, alors que chez eux il n'y a aucune limite.
On leur apprend que "putain" est un gros mot, alors que pour eux c'est un mot courant.
On leur interdit de taper quand à la maison la règle c'est oeil pour oeil, dent pour dent.
On leur demande d'arrêter de rêver et de se mettre au travail, alors qu'ils se sont couchés bien trop tard la veille.
On leur demande de progresser, mais personne ne les aide à faire leurs devoirs le soir.
On leur demande de se concentrer, mais c'est pas facile le ventre vide.
On leur demande d'écouter, mais eux, qui les écoute?
On leur demande d'apprendre, mais leur tête est tellement pleine des soucis de la maison, le poids est tellement lourd sur leurs petites épaules, comment pourraient-ils apprendre dans de bonnes conditions?

Pourtant, à force de persévérance, quelques-uns s'en sortiront. Mais on ne pourra pas tous les sauver. On en est conscient, et ce dès la maternelle. 

Egalité des chances à l'école, mon oeil.

Faut pas se leurrer, il n'y a aucune égalité. 

Et nous, pauvres enseignants, sommes bien impuissants. On fait de notre mieux mais au final, on ne peut que se résigner. 
"Tiens, Mme Tuyau-de-poêle est enceinte. De son 5ème gosse." 
Quand on sait qu'elle ne s'occupe déjà pas des 4 premiers...

Bon sang que la vie est mal faite.

dimanche 22 septembre 2013

Club privé

L'infertilité et la PMA sont comme des clubs privés. Tant qu'on ne fait pas partie du club, on n'a qu'un aperçu extérieur et donc une vision très édulcorée de la situation. Les autres ne peuvent pas comprendre. Certaines personnes qu'on croyait proches ne réalisent que de très loin ce que l'on traverse. On en a toutes fait l'expérience, et je me croyais blasée de ce côté-là. Mais j'ai à nouveau été déçue hier soir. La preuve, une fois encore, que j'en attends trop de mon entourage. 

Pourtant, je sais quelles sont les personnes sur qui je peux compter. Et qui se comptent d'ailleurs sur les doigts d'une main. Ma mère. Mes deux potes Mme Lapin et Mme Gourmande. Et ma super collègue Gégé. On a à peu près fait le tour des proches qui me soutiennent vraiment. Aucune ne connaissait le monde de l'infertilité ou de la PMA avant, elles ont découvert sur le tard, avec mes explications et mes péripéties. Elles se sont intéressé. Elles ont écouté. Et mêmes si elles n'appartiennent pas au club, elles font tout leur possible pour essayer de comprendre, pour éviter les phrases qui tuent, et je les en remercie.

Ce n'est pas le cas de tout le monde. Certaines personnes, j'ai beau leur réexpliquer en long, en large et en travers. Elles ne comprennent pas. Et j'ai parfois l'impression qu'elles ne font pas l'effort de comprendre, d'écouter vraiment ce que je suis en train de leur raconter. Elles posent la question, mais écoutent à peine la réponse, et sortent une phrase toute faite, une banalité pour faire style "je te soutiens", mais en fait c'est du vent. C'est le cas de Mme Lachance.

Mme Lachance, pourtant, était remontée dans mon estime récemment. On avait réussi à avoir de belles conversations, sur plein de sujets et sur l'infertilité et elle m'avait semblé plus ouverte, sincèrement intéressée. Du coup, hier soir, quand je suis arrivée chez les Lachance avec ma FIV en bandoulière, j'avais des attentes. Trop d'attentes. Forcément, j'ai été bien déçue.

Bien que ça soit elle qui ait amené le sujet, j'ai eu l'impression que pendant toute la conversation, Mme Lachance ne m'a écoutée que d'une oreille. Mes 15 jours de stimulations quotidiennes et leurs conséquences sur ma fatigue, sur ma vie sociale. Mes 6 contrôles au CHU et leurs conséquences sur ma vie professionnelle. Ma ponction douloureuse et tellement décevante. L'unique embryon. L'impossibilité de faire des TEC, et par conséquent, d'avoir une 2ème chance. L'attente si difficile et les conséquences sur mon couple. Non, elle n'a pas écouté. Sinon, comment aurait-elle pu me sortir autant de bêtises?

- Oh mais vous êtes jeunes, vous avez encore le temps. C'est pas comme si vous aviez passé les 35 ans. Ma collègue, elle, elle avait 38 ans quand elle a fait sa FIV, blablabla...
Ah, l'argument de la jeunesse, ça faisait longtemps qu'on ne me l'avait pas sorti celui-là! Sous prétexte qu'on est jeunes, on ne souffre pas? 
- De toute façon, y'a pas de raison que ça ne marche pas!
Ah, j'adore cette phrase toute faite qui ne sert à rien et qui ne veut rien dire! 
Et le clou du spectacle...
- Eh bah, si ça marche pas, vous ferez une autre FIV!
Et dit sur un ton badin, avec une telle désinvolture que j'en suis restée comme 2 ronds de flanc! Bah oui, de quoi je me plaint, si ça ne marche pas, il suffira d'en faire une autre! C'est vrai que c'est une promenade de santé de faire une FIV...

Bref, tant pis. Elle ne comprends pas. Et je pense qu'elle ne changera pas. Ils ne changeront pas, car je rappelle que M. est du même genre. Finalement, ils vont plutôt bien ensemble, M. et Mme Lachance, dans le genre tournés sur eux-mêmes et pas attentifs aux autres. On comprends mieux pourquoi ils ont si peu d'amis... Ça reste un couple de potes avec lequel on passe de bonnes soirées, on se marre bien. Mais maintenant je n'en attendrai rien de plus.

dimanche 28 juillet 2013

lundi 22 juillet 2013

Royal Baby + EDIT

Pourrait-on parler d'autre chose, please? C'est terrible, on est harcelés de tout part! On ne peut même plus regarder le journal en paix! C'était un des seuls programme TV ou j'étais encore sûre de ne pas croiser de Areuh Areuh. Jusqu'à ce que le ce bébé royal s'en mêle. Maintenant, pas un jour ne passe sans que les journalistes ne fassent un Point Spécial Royal Baby! Et pas seulement dans le 13h de Jean-Pierre Pernaut, hein, même mon cher Laurent Delahousse m'a trahi! J'attendais pourtant beaucoup plus de classe de sa part, et de la part de sa mèche rebelle. Allez, qu'il naisse au plus vite ce bébé royal, que Kate et William puissent aller pouponner loin des caméras... et loin de moi!


EDIT : Il est né le divin enfant petit prince. Mais on va y avoir droit encore un peu à mon avis, au moins le temps que le prénom soit dévoilé et que la photo officielle paraisse...

dimanche 14 juillet 2013

Grain de sable

Grain de sable car nous rentrons tout juste d'un week-end en amoureux à La Rochelle. Entre plage et Franco-folies, nous avons passé deux jours très agréables sous le soleil et en musique.

Grain de sable car dans la voiture, sur le chemin du retour, mon chéri m'a annoncé qu'il avait un déplacement professionnel important à la rentrée, pendant la semaine de la FIV... Je précise qu'il ne quitte jamais son entreprise en temps normal. Mais comme de par hasard, la seule fois où il a dû partir une semaine... c'est tombé au moment où on voulait caser une IAC 4 bis. Et on n'a pas pu. Et encore une fois, ce 2ème déplacement, il tombe quand? Pendant la FIV! A croire que le sort s'acharne!

On s'est un peu pris de bec car pour moi il est évident que la FIV passe AVANT le boulot, mais pas pour lui apparament... Et lui qui me reproche de ne pas être plus précise sur les dates de ponction et de transfert, pour pouvoir caser son déplacement de 2 jours. Mais tu crois que je suis devin et que je sais comment mes ovaires vont répondre au traitement? Tssssss

Alors bien sûr, si jamais par malchance la ponction ou le transfert viennent à tomber en même temps que ce déplacement, mon chéri annulera. Mais il s'en voudra de planter l'entreprise comme ça, il culpabilisera, il me fera indirectement culpabiliser, il sera d'avantage stressé et moi aussi, bref les conditions idéales seront loin d'être réunies...

Grain de sable car dans ma quête de zenitude pré-FIV, ce rdv professionnel de la plus haute importance n'était pas prévu au programme...

samedi 27 avril 2013

Incompréhensions

Hier, j'ai annulé le déjeuner prévu pour aujourd’hui avec les Lachance. Je n'avais pas la force de voir des gens, et encore moins des enfants en bas âge. J'ai envoyé un bref texto en expliquant qu'après une semaine de traitements et d'aller-retours au CHU, la 4ème IAC avait été annulée, et que je n'avais pas le moral. C'est rare que je m'ouvre comme ça avec eux. Il faut dire que ça fait un moment qu'ils ne nous posent plus de questions. Et que je préfère ne pas lancer le sujet, de peur d'entendre des âneries. C'était un peu un test aussi, ce texto. Pour voir comment ils allaient réagir et répondre. Bah ils ont raté le test.

Pas de soucis on comprends que vous aillez besoin de vous retrouver tous les deux. Ça commençait bien pourtant!
Gardez le moral. Bon, là ça se gâte. J'aime pas trop qu'on m'ordonne d'aller bien, surtout quand la personne ne se rend pas du tout compte des épreuves que l'on traverse.
Ça finira par marcher quand vous vous y attendrez le moins. BIP! FATAL ERROR! Et voilà. Ils n'ont toujours pas compris. Qu'on ne faisait pas un enfant en faisant crac-crac sous la couette. Que pour nous faire un enfant, c'était des contraintes, des piqûres, des sondes dans le vagin, des prises de sang, des couloirs glacés d’hôpitaux. Et que forcément, quand on fait tout ça, bah on s'attend un minimum à ce que ça marche!

Et c'est pas le pire. Parce que eux, encore, qu'ils ne comprennent pas, tant pis.

Mais que mon chéri ne me comprenne pas non plus, sur ce coup-là, ça fait mal.

Il est arrivé tout pimpant à 18h hier soir, alors que j'avais pleuré toute la journée. Que je l'attendais pour partager ma peine. J'avais besoin de réconfort. Qu'il me prenne dans ses bras. D'une parole gentille. Au lieu de ça, il m'a sorti : Bah de toute façon on devait attendre septembre pour la FIV, donc on a le temps de refaire une IAC, ça change rien.

Ça change rien??? Ah oui, pour lui en effet, ça ne change rien. Cette semaine, il a été au boulot, comme d'habitude. Et n'a rien vu ou presque des contraintes que j'ai subies. Moi cette semaine j'ai été entièrement tournée vers l'IAC. Les piqûres. Les aller-retour à la PMA qui me bouffent ma matinée à chaque fois. Les échos. Les prises de sang. Et le soir, quand il arrivait, j'étais pimpante et souriante. Parce que je sais qu'il n'aime pas me voir triste. Parce que je sais que je dois être joyeuse. Alors je prend sur moi, et je raconte ma journée comme si tout ça, c'était de la rigolade. Mais c'est pas le cas.

Et hier soir, il me reproche de pleurer, parce que ça ne sert à rien. Ah, ça faisait longtemps, celle-là!
Il faut rebondir. 
Rebondir? Ça faisait seulement quelques heures que j'avais eu la confirmation que l'IAC serait annulée. J'étais effondrée. Je l'attendais depuis des heures pour pour partager ma peine. Et non, j'ai pas le droit d'aller mal, je dois tout de suite rebondir?

Comment rebondir sans avoir eu le temps d'encaisser, de toucher le fond?

Je croyais qu'il me comprenait mieux ces derniers temps. Je me suis plantée sur toute la ligne.

lundi 15 avril 2013

Oui mais non

Je croyais naïvement que ce mois de pause entre deux IAC allait faire du bien à notre intimité, nous permettre de faire crac-crac en tout liberté, et surtout pas sur commande. Retrouver un peu de naturel, enfin, et laisser tomber les calculs.
Oui mais non.
Car la spermoculture de mon chéri datait (déjà!) de 6 mois et qu'il fallait la refaire. Et spermoculture veut dire, rapports entre 3 et 5 jours avant. Pas plus. Pas moins. Bon, on ressort le calendrier? Oui, moi non plus chéri, pas trop envie, mais bon là on doit, alors à cheval... 
So glamour.

Je croyais naïvement que j'allais pouvoir profiter de mes premiers jours de vacances, et du soleil qui a enfin pointé le bout de son nez. Nuits réparatrices, grasse mat', jardinage, ballades à vélo...
Oui mais non.
Car j'ai eu la bonne idée de développer depuis vendredi soir, un urticaire géant à la cause non-identifiée. Et bien je ne vous le conseille pas. Je suis couverte sur tout le corps de plaques et de boutons rouges qui me brûlent et me démangent, je ne supporte pas les vêtements, et encore moins de bouger d'un pouce, et je passe d'atroces nuits à me gratter. 
Adieu grasses mat' et vacances actives! Bonjour lever au aurores, cris d'effroi devant la glace (c'est moi, ça??), rdv en urgence chez le médecin et glandage en pyjama devant l'ordinateur.
So glamour.

mardi 9 avril 2013

Le retour du Vautour

Je savais déjà que le Vautour n'avait pas une once d'empathie, pas un soupçon de compréhension, pas un poil d'humanité.

J'ai découvert qu'en plus de tout ça, le Vautour est une garce. Une garce rapporteuse qui n'a pas hésité à aller déballer ma vie et mes problèmes à l'ATSEM de l'école (que nous appellerons Josette si vous le voulez bien). Or, Josette, en plus de ne pas être très futée, est de loin la pire commère du village. Et ça, ma directrice (alias le Vautour) le sait très bien. Je suis sûre qu'elle l'a fait exprès, mauvaise comme elle est!

Retour sur une journée pourrie.

Ce matin, avant l'arrivée des élèves, je prépare tranquillement ma classe comme d’habitude. Telle une proie innocente, ne me doutant pas du danger qui me guette.

Je traverse la salle de la garderie pour aller faire mes photocopies. Oui, cette école est très mal conçue. Comme d'habitude, il n'y a qu'une poignée d'enfants attablés à une table en train de dessiner, et Josette est en train de papoter avec la fille de la garderie. Je salue tout le monde, et m'apprête à sortir, quand Josette me retiens en claironnant à la ronde:
- Au fait, ça se passe comment?
Gros blanc. Les gamins me regardent, la fille de la garderie me regarde, Josette me regarde. Tous attendent une réponse. Une réponse que je ne peux pas donner. Je refuse de comprendre de quoi elle parle. C'est impossible qu'elle soit au courant. Et même si elle est au courant, c'est impossible qu'elle balance une bombe comme ça au beau milieu de la garderie, devant les gamins! Dont trois de mes élèves de CM!

J'écarquille les yeux pour faire celle qui ne comprends pas. J'espère d'ailleurs mal comprendre. Elle insiste :
- Bah, pour le bébé!
Deuxième gros blanc. J'avais donc bien compris!! Les bras m'en tombent. je suis comme anesthésiée. 
Sept paires d'yeux braquées vers moi. Silence de mort. Trouver une réponse. Trouver une réponse. Trouver une réponse.

Je bredouille : 
- Euh là pour l'instant je n'ai pas très envie d'en parler. Et surtout à toi pauvre idiote. Surtout devant MES élèves! J'en ai la nausée. Je n'arrive pas à croire que cette scène surréaliste vient de se passer. C'est juste hallucinant!

Mais avant que j'ai eu le temps de sortir, Josette m'assène le coup de grâce:
- Oui, parce que pour Lila (la fille de la garderie) c'est bon." 
Sous entendu elle est enceinte. Super. J'adore me recevoir ce genre d'annonce à 8h du mat, au travail, devant mes élèves. 
J'ai bredouillé je ne sais quoi et j'ai fuit, j'ai monté l'escalier 4 à 4. La photocopieuse a accueilli ma stupeur et ma colère. 

Bien sûr, les enfants de la garderie se sont empressés d'aller raconter ça à leurs copains, c'est ainsi que j'ai eu droit quinze fois dans la journée, à la question "Maitresse, c'est vrai que tu vas avoir un bébé?". Super.

Et en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, la rumeur va se propager dans toute l'école, puis dans tout le village. Joie.

Je ne trouve même pas de mot pour dépeindre ma colère. Josette a beau être limitée, quand même faut pas exagérer! Et l'autre pomme de Vautour qui a été lui raconter tout ça. Je les trouve écœurantes. Je sais que j'aurais dû lui voler dans les plumes, à la Josette. Que j'aurais dû prendre ma directrice entre 4 yeux. Mais c'est pas dans mon tempérament. J'y arrive pas. Je me suis écrasée. Encore. Je rêve de ne plus remettre un pied dans cette école.

samedi 16 mars 2013

Le danger n'est pas toujours là où on l'attends

Alors que je stressais beaucoup pour cette soirée, au final, ça s'est plutôt bien passé. Papa Pomme et Maman Pomme étant invités à manger, ils n'ont fait qu'une brève apparition et sont partis très tôt, ouf!! Maman Pomme a cru être gentille en me collant le Pépin dans les bras à peine mon manteau enlevé. "Mais ça t'as pas fait plaisir?" m'a demandé mon chéri ensuite. Euh, comment te dire... Si j'avais pu me barrer avec le bébé je l'aurais fait, quoi!

Au final, le danger n'était pas là où je l'attendais. Pas du tout.

J'ai une copine, appelons-là Barbie si vous le voulez-bien, parce que je pense que je n'ai pas fini de parler d'elle sur mon blog alors il faut bien que je lui trouve une nom. Barbie, donc, 1m70 au garrot et taille mannequin qui se nourrit par intermittence de soupe au choux matin - midi - soir ou de chips et de pizza, c'est selon. Nous étions très amies à la fac, à cette époque-là, elle n'était pas encore Barbie, c'était une étudiante comme nous et on formait une bonne bande de copines, qu'on forme toujours plus ou moins. Mais Barbie a changé au contact de son Ken, elle est devenue plus superficielle, et énormément centrée sur elle-même. Et les autres copines sont du même avis que moi. Petit à petit, on s'est éloignées, sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte, puisque tout tourne autour de son nombril. On ne lui fait pas la tête non plus, mais disons qu'on a pris nos distances.

Il faut savoir aussi que Barbie a arrêté sa pilule il y a un an pour faire plaisir à Ken, qui a très envie d'être père. Elle, non, elle n'était pas prête du tout à être mère et me l'avait clairement dit. Un bébé, ça braille, faut s'en occuper tout le temps, et en plus ça fait caca, quelle horreur! Sans compter qu'il faudrait dire adieu à sa taille 34... Elle semblait tellement peu motivée que je la soupçonne d'avoir calculé pour éviter de tomber enceinte rapidement. 

Aujourd'hui, elle m'appelle. Ça faisait un bail, pourtant, je ne flaire pas l'embrouille. Elle me demande comment ça va et tout et là je sens le vent tourner, je ne sais pas pourquoi. Une intuition. Puis elle me demande où j'en suis côté bébé, je lui raconte ma 3ème IAC. Et là, elle me sort:
"J'espère que ça va marcher bientôt pour toi... parce que je ne veux pas être toute seule!" 

Oui, elle est enceinte!!

Puis elle s'est mise à me raconter par le menu...
- qu'elle s'en était rendu compte par hasard, au bout d'1 mois 1/2, alors qu'elle ne s'y attendais pas du tout (c'est vrai que quand t'arrête ta pilule, tu t'attends pas du tout à tomber enceinte...)
- que Ken était super heureux (mais elle, elle n'en avait pas l'air)
- que c'est trop chiant quand t'es pas immunisée contre la toxo, faut pas que tu manges ci et ça (sans blagues? Tu veux que je te plaigne aussi?)

A aucun moment elle n'a semblé attristée par ma situation, ou n'a montré de signe d'empathie à mon égard. Limite c'était à moi de la soutenir dans cette difficile épreuve!!

J'ai fait la forte, je l'ai écouté, j'ai formulé les félicitations d'usage. Puis j'ai raccroché. Et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps dans les bras de mon chéri, qui heureusement n'était pas loin.

Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal. Le fait qu'elle tombe enceinte alors qu'elle n'en voulais pas, ou qu'elle m'annonce ça avec la délicatesse d'un éléphant?


jeudi 14 mars 2013

Cool?

Ce week-end, on le passe sur les terres natales de mon chéri. Au programme, des journées avec mes beau-parents (joie) et des soirées avec les potes de mon chéri et leurs copines (double joie). Vous n'êtes pas sans savoir que c'est pas le grand amour entre elles et moi. Mais bon, ça fait un moment qu'on y a pas été, et pour mon homme, je suis prête à faire un effort. Surtout que le samedi soir, c'est soirée dansante dans une salle des fêtes, avec bonne bouffe et DJ, pendant que les autres picoleront je vais pouvoir danser. Danser, j'adore ça! Bon là je vais y aller mollo quand même, parce que hein, on ne sait jamais. C'est pas trop le moment de se casser le cou sur Antisocial, tu perds ton sang-froid!! Mais le samedi soir, ça va être plutôt sympa.

Le vendredi soir, c'est une autre paire de manche. Déjà, le vendredi, avec ma semaine dans les pattes et ma journée en maternelle pour m'achever, je suis généralement bonne à ramasser à la petite cuillère. Le plus souvent, à 22h, je m'endors dans le canapé. Alors, voir des gens, sourire, faire des efforts, se coucher à 1h du mat, je vous l'avoue, ça me coûte. Surtout que là c'est un apéro dînatoire en petit comité, alors il va falloir parler, et décidément, ces filles, je n'ai rien à leur dire! En plus elles risquent de me questionner sur le sujet qui fâche, toujours avec leur délicatesse habituelle... Je vous jure, si l'autre andouille me demande encore "Alors, j’espère que t'as une bonne nouvelle à nous annoncer cette fois-ci!!", je la plante avec mon pic à saucisses knakis!

Mais c'est pas le pire. Y'aura aussi Papa Pomme, Maman Pomme... et le Pépin! J'en ai eu la confirmation au téléphone tout à l'heure:
 "Ah, vous emmenez le petit! s'est exclamé mon chéri, on va pouvoir le voir, c'est cool."

Cool?

Toutes les filles vont tourner autour du bébé, s'extasier qu'il est trop choupi, se battre pour le prendre, poser 1000 questions à Maman Pomme et ça va parler bébé toute la soirée. Méga cool en effet.

J'ai hâte.

vendredi 8 mars 2013

Le congé parental

C'est quelque chose qui me tient particulièrement à coeur. Aussi quand j'ai entendu que notre président prévoyait de le réformer, j'ai tendu l'oreille... et ce que j'ai entendu ne m'a pas forcément plut! 
Au nom de la parité, une partie du congé (6 mois) sera obligatoirement réservé au 2ème parent (souvent le père). La femme ne pourra donc prendre que 2 ans 1/2 au maximum.

Alors déjà, qu'on se permette de légiférer et d'imposer un quota homme / femme, ça me dérange. Puisqu'après tout, c'est une décision de couple, et l'Etat n'a rien à y faire. Mais en plus, le coup de la parité, c'est juste un bel emballage, hein. Parce que d'une part, on donne à l'homme seulement 6 mois. Si on voulait vraiment imposer l'égalité, on mettrait 18 mois chacun, non? Et d'autre part, la prestation du 2ème parent, le père le plus souvent, sera "bonifiée" quand il prendra son congé. C'est à dire que, en congé parental, un homme touchera plus qu'une femme. Vive l'égalité!!
Cette réforme revient tout simplement à réduire le congé parental des femmes (économies économies) sous couvert d'égalité. Car dans les faits, soyons réalistes, les hommes ne vont pour la plupart pas prendre ce congé. 

L'autre argument avancé c'est de permettre aux femmes un retour plus facile au travail. Mais bien sûr! C'est vrai que reprendre au bout de 2 ans 1/2 au lieu de 3 ans, ça change tout. Par contre, que faire de l'enfant à 2 ans 1/2, s'il ne peut entrer à l'école qu'à 3 ans? Trouver une nounou pour seulement 6 mois? Alors ça c'est une réforme qui vraiment améliorer le quotidien des couples, c'est sûr...

Ou comment inventer des problèmes là où il n'y en avait pas! L'égalité existe déjà puisque l'homme et la femme ont tous les deux le droit de prendre ce congé parental. Oui, dans les faits, ce sont majoritairement les mères qui le prennent. Pourquoi? Soit pour une question économique. La mère gagne moins que le père, et dans ce cas-là, c'est plutôt du côté des emplois et des rémunérations qu'il faut regarder, non? Soit parce que c'est un choix. Et que même si les deux parents sont aussi importants pour l'enfant, il n'empêche que le rôle de la mère n'est pas le même que celui du père. Et que c'est souvent une volonté des mamans de rester à la maison. Et quand c'est une décision de couple, tout le monde y trouve son compte.
Pourquoi ne pas laisser aux couples la liberté de leur choix, au lieu de légiférer sur quelque chose d'intime au cercle familial?

Bref, vous l'aurez compris, je suis énervée!

dimanche 13 janvier 2013

Félicitations!

Ce matin, nous avons eu la joie de recevoir ce texto d'un ami de Chéri :
Papa Pomme est heureux de vous annoncer que le petit Pépin est né cette nuit. Il pèse 2,800 kg et mesure 48 cm. Maman Pomme est fatiguée mais tout s'est bien passé. Bébé se porte comme un charme.

Mon chéri était très emballé, moi un peu moins bizarrement... "Il faut leur renvoyer un texto de félicitations!" Certes. Des félicitations sont de rigueur. On se demande bien pourquoi d'ailleurs!

Félicitations d'avoir fait l'amour il y a 9 mois! Fait l'amour parce que vous en aviez envie, pas parce qu'un test d'ovulation vous y forçait. 

Félicitations d'être tombée enceinte au cycle 1! Et ainsi d'avoir évité une longue attente pétrie d'angoisse et de doute.

Félicitations d'avoir vécu une grossesse idyllique, sans la moindre complication!

Félicitation d'être restée insouciante tout du long, inconsciente des risques de fausse-couche et des autres soucis susceptibles d'arriver!

Félicitation d'avoir accouché à terme, d'un bébé en pleine santé!

Est-ce que tout ça mérite des félicitations, vraiment? Est-ce qu'on n'en mériterait pas d'avantage, nous, qui nous battons depuis des mois, des années pour avoir notre bébé? Nous qui fichons en l'air notre libido et qui mettons notre couple à dure épreuve en faisant l'amour sur commande? Nous qui vivons dans l'attente angoissante, et ce doute lancinant : "Vais-je être mère un jour?". Nous qui passons notre temps à l’hôpital et à nous piquer le bide pour nous gaver d'hormones? Nous qui subissons les échecs, les uns après les autres? Nous qui sommes consciente qu'une grossesse peut basculer à tout moment? Nous qui ne serons plus jamais insouciantes?

Réussir à préserver son couple contre vents et marées, ça ça mérite des félicitations! Prendre sur soi pour sourire aux annonces de grossesse des copines, pour aller les voir à la maternité, ça ça mérite des félicitations! Continuer à vivre, à se lever chaque matin avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête, ça ça mérite des félicitations. Se relever et retourner au combat après chaque échec, ça ça mérite des félicitations!

Alors félicitations à toutes les PMette car nous, nous les méritons!


jeudi 10 janvier 2013

La phrase qui tue n°18

Mercredi matin, j'avais une animation pédagogique. (J'explique pour les non-membres de l'éducation nationale : une animation péda, en théorie, ça fait partie de la formation continue, une fois que tu es sur le terrain. Il y en a 6 par an, préparées (ou pas) et animées par les inspecteurs ou conseillers péda. On est sensés y apprendre des choses. En pratique, c'est souvent nullissime, et le seul intérêt c'est de papoter à la pause avec tous les collègues de la circo autour d'un bon café et surtout de petits gâteaux (car je ne bois pas de café). Fin de cette grande parenthèse.)

A la pause, justement, une collègue de l'an dernier, au courant de mon parcours, me demande discrètement ou j'en suis.
- Là je viens de faire ma 2ème IAC, et...
Surgit alors une autre collègue de l'an dernier, Madame J'écoute-aux-portes, allias J'ramène-ma-fraise, qui nous sort:
- Moi je connais quelqu'un qui a fait des IAC, bah elle s'est retrouvée avec des jumeaux! Vous vous rendez compte?
(De quoi, de ta connerie?)
- Bah, c'est le risque, et puis...
Madame J'écoute-aux-portes me coupe la parole:
- Moi j'en aurais pas voulu, des jumeaux.
(Mais elle m'énèèèèèreve!)
- Tu sais quand t'es même pas sûre de pouvoir avoir un enfant un jour, t'es heureuse d'avoir des jumeaux!
Madame J'écoute-aux-portes insiste lourdement:
- Quand même, ça doit être super fatigant, c'est quand même mieux de les faire un par un, c'est l'idéal.
(Mais faites-là taire!!)
- Oui mais la vie ça se passe pas toujours comme dans ton idéal!
(Connasse!)

Bien sûr, c'est ce genre de greluche qui a eu facilement ses trois enfants, âgées de 9, 6 et 3 ans (bah oui, 3 ans d'écart, c'est l'idéal).
Et qui est enceinte du 4ème.

Grrrrrrrr!

dimanche 6 janvier 2013

En colère

Bien sûr il y a la tristesse, le désespoir, le deuil du bébé couette à faire.
Bien sûr il y a la jalousie, l'envie quand on voit des femmes enceintes.
Bien sûr il y a l'incompréhension, ce "pourquoi nous?" lancinant.
Bien sûr, il y a l'angoisse, la peur de ne jamais être mère.

Mais aussi, et surtout, il y a la colère. 

Depuis quelques temps, j'ai l'impression que la colère m'envahit complètement. Ça bout à l'intérieur de moi, et c'est tout prêt de déborder. Pour une remarque, une phrase anodine, une jeune maman croisée. J'ai envie de tout envoyer valser. Je me visualise en train d'hurler, de jeter les objets, de casser des assiettes.

Tout me met en colère.

Ces gamins à l'avant, pas attachés, dans la voiture à coté de moi. Envie de descendre de ma voiture et d'insulter les parents.

Ce môme, à l'école, avec un trou dans sa chaussure. Au moins 4 cm de diamètre le trou. Quand tu sais que les parents utilisent les allocs pour s'acheter un écran plat! Envie de les incendier.

Ces femmes enceintes jusqu'aux yeux, qui se plaignent dans la salle d'attente de l'écho, au lieu d'être heureuses de leur sort. "C'est long!" Qu'est-ce qu'elles connaissent de la patience? Envie de les frapper.

Ma belle-mère, au téléphone, qui répond "Oh, ils ne sont pas pressée", en parlant de nous, de notre désir d'enfant. Envie de rétablir la vérité, de le crier au monde entier. 

Cette amie, qui fait une fausse-couche, alors qu'elle l'aurait tant mérité, ce bébé. Envie de hurler.

Pourquoi? Pourquoi tant d'injustice? Pourquoi ceux qui font des gamins pour les allocs les pondent comme des petits pains? Et pourquoi nous on y arrive pas? 

Pourquoi?


dimanche 21 octobre 2012

Déceptions


Ce week-end n'a été qu'une succession de déceptions. En fait, je crois que j'en demande trop à mon entourage. J'attends de certaines personnes d'avantage que ce qu'elles peuvent me donner. Moi-même, avant de traverser cette épreuve, est-ce que j'étais capable d'être à l'écoute des problèmes des autres? Je crois que oui, mais pas autant que maintenant, c'est une certitude. J'écoute d'avantage mes amis, j'écoute "mieux" surtout, et je m’investis d'avantage dans la relation. C'est pour ça que je disais, dans un précédent article, que l'infertilité ne m'a pas seulement changée "en mal". Seulement, je suis devenue plus exigeante, non par choix mais par nécessité. J'ai vraiment besoin de parler, d'être écoutée, et cette écoute je la trouve chez bien peu de personnes.


Ce week-end, j'ai revu une amie de longue date : Madame Prof. La distance nous a séparé mais nous nous parlons régulièrement au téléphone, et essayons de nous voir 2 ou 3 fois par an. J'étais enchantée de la voir, mais elle n'avait que peu de temps à me consacrer dans son emploi du temps de ministre. En gros, de 15h30 à 18h. Soit, ce n'est pas grave, on aura le temps de papoter. Et bien je n'ai pas pu en placer une! Je me suis d'abord intéressée à son boulot, puis à son chéri, et à leur maison qu'ils sont en train de construire. Elle m'a montré dans le détail sa future cuisine, m'a expliqué quelles peintures elle choisirais et pourquoi, et je me suis réellement réjouie pour elle.

Mais jamais elle ne m'a retourné les question. Ou alors, quand elle le faisait et que j'essayais de parler, elle me coupait la parole presque immédiatement pour enchainer sur elle. J'avais l'impression de mener un combat pour pouvoir terminer une phrase. Usant. C'est une amie qui a toujours eu ce rôle de "leader" et qui a toujours beaucoup monopolisé l'attention. Mais sachant qu'une amie commune lui avait parlé de mes problèmes, je pensais qu'elle serait un peu plus à l'écoute. Alors que la fin du rendez-vous approchait, j'ai fini par placer, au pas de course, que j'allais commencer les piqures dans 10 jours et j'ai expliqué très brièvement le déroulement et les contraintes de l'IAC. Et rien. Aucun mot d'encouragement, aucune remarque, aucune question. Elle n'a même pas semblé être un tant soit peu touchée, ou ne serait-ce que "concernée" par ma situation. Ça m'a fait l'effet d'une douche froide. Je crois que je ne suis pas prête de la rappeler...


Dans le même week-end, nous avions une soirée avec les amis de mon chéri. J'ai un peu de mal avec les filles de la bande qui, dans ces soirées, ne font que boire, fumer, beugler, et comparer leur vernis à ongle. Seules deux filles sont un peu moins superficielles et un peu plus sympas, je m'entends bien avec elles. Ce ne sont pas des amis, juste des copines. Il n'empêche, j'attendais d'elles un minimum de considération, surtout pour l'une d'entre elles, enceinte jusqu'aux yeux et au courant de notre parcours.

Pendant toute la soirée, je lui ai posé des questions et elle s'est fait un plaisir de me raconter comment ça se passait pour elle au boulot, de me décrire la future chambre de bébé, de me montrer la dernière écho, de se plaindre des prises de sang... et j'ai écouté. Mais à moi elle ne m'a rien demandé. Rien. Et je ne parle même pas de la PMA, c'est vrai que c'est un sujet sensible, mais elle aurait au moins me dire "Alors, comment ça se passe à l'école"? Ce qui fait qu'on n'a parlé que d'elle et de son futur bébé. Moi je m’intéressais à elle, mais ce n'était apparemment pas réciproque...


Est-ce que c'est moi qui fait une fixette ou les autres qui vraiment, ne pense qu'à leur petit nombril??