mercredi 4 mars 2026
11 ans
jeudi 9 octobre 2025
J'ai retrouvé Charlie!
Enfin, j'ai retrouvé mon petit garçon, ouf! Bien sûr il n'est pas toujours d'accord, il y a encore des colères, ce qui est normal à son âge, mais le démon est parti. Nous n'avons plus 10 crises par jour avec hurlements, je ne me fais plus taper dessus pour un oui pour un non, il est redevenu bien plus coopérant, et je le sens mieux dans ses baskets.
Il commence à prendre le rythme de l'école. Il lui aura fallu quelques semaines d'adaptation, ce qui est somme toute assez peu, mais que cela m'a semblé long! Nous ne passions plus aucun moment agréable ensemble, c'était crises, punitions, hurlements et pétage de plomb tous les soirs... usant! Bref je savoure le calme retrouvé.
De son côté, Pâquerette m'épate chaque jour par son autonomie grandissante (et elle partait de loin!). Elle ne craint pas les grands troisièmes, prendre le car seule matin et soir est devenue une formalité, elle s'organise bien pour les devoirs. Je suis très fière d'elle. Elle aime le collège, avoir des profs spécialisés chacun dans leur matière, le self, la liberté. Elle était prête pour la sixième.
Le rythme est pris, Charlie apprend chaque jour à être élève de petite section, et Pâquerette est déjà une vraie collégienne. Avec tout ça les vacances se profilent, et nous avons tous hâte car la fatigue se fait ressentir.
vendredi 26 septembre 2025
Démon
lundi 1 septembre 2025
Jour J
Cette journée spéciale était si attendue et redoutée à la fois!
Il y a un an encore, quand on me parlait du collège, j'étais au bord de la syncope. Mon bébé? Au collège? Avec ces bâtiments où l'on se perd, ces grands gaillards boutonneux, ces filles maquillées, ces profs pas tous sympas, ces sacs à dos pesant une tonne... cet univers me semblait tellement hostile... Et puis Pâquerette a grandi, a mûri. L'année de CM2 nous a bien préparé toutes les deux. Il y a eu une rencontre sportive, la visite du collège, on a lu plein de bouquins sur le sujet aussi. Et cette entrée en 6ème m'a semblé une évidence. C'était le moment, elle était prête. Et moi aussi.
Quant à Charlie, il était prêt depuis bien longtemps, attendant impatiemment d'aller à l'école pour retrouver son copain de chez nounou, et - je cite - jouer au toboggan et faire du vélo dans la cour. Etant moins nostalgique pour mon deuxième que pour ma première, je me réjouissais plutôt de cette rentrée. Mon quotidien en allait être simplifié. Et c'était signe qu'il grandissait, que le "dur" était derrière nous. J'étais sereine, connaissant le caractère de Charlie, je savais que ça se passerait bien.
J'ai en plus eu l'immense chance de pouvoir faire un échange avec une collègue également à temps partiel dans mon école, et ainsi de pouvoir les accompagner tous les deux ce matin.
Dès que Pâquerette a vu sur les listes qu'elle était dans la même classe que sa copine de toujours, la tension est retombée. J'ai respiré. Tout allait bien se passer. C'est avec un grand sourire qu'elle est allée se ranger avec ses camarades de classe. Une nouvelle aventure va pouvoir commencer.
Charlie qui avait sagement attendu dans la cour du collège de sa sœur n'en pouvait plus d'impatience quand nous sommes arrivés devant son école. A l'entrée en classe, son copain de nounou lui est tombé dans les bras et lui a fait un gros câlin. Il a rapidement été vivre sa vie dans la classe et tester tous les coins jeux, sans un regard pour ses parents. Et c'est très bien comme ça!
Bref ce fut une rentrée sereine. Maintenant j'ai hâte de les retrouver ce soir pour qu'ils me racontent tout.
dimanche 3 août 2025
3 ans!
mardi 4 mars 2025
6 mois encore
Les mois défilent à toute allure. J'ai tenté de venir écrire, plusieurs fois. J'ai rédigé des début d'article sur divers sujets : mes accouchements traumatiques qui me hantent encore parfois, mon couple qui bat de l'aile... mais je ne suis jamais arrivée au bout. Et puis aujourd'hui je n'ai pas envie de parler du négatif, alors ces débuts de billets resteront dans les cartons, pour le moment. Mes accouchement sont loin, et mon couple va un chouia mieux, alors je préfère me tourner vers le soleil, qui est arrivé depuis quelques semaines. Et que ça fait du bien!
Il s'en est passé des choses depuis mai dernier!
Cet été, Pâquerette a poussé d'un coup, comme un champignon. Et elle ne s'est pas arrêtée depuis. Il va falloir refaire toute sa garde robe pour le printemps qui arrive. Elle ne fait plus petite fille du tout, même si on est loin de l'adolescence encore. C'est aujourd'hui une grande fille qui a fêté ses 10 ans le mois dernier. Qui pour l'instant, joue encore un peu (avec ses figurines de chevaux surtout), continue à lire beaucoup, à s'amuser dans le jardin avec son petit frère et à s'occuper de ses escargots avec la petite voisine. Elle n'est pas branchée "écrans" du tout, et de toute façon on freine pour qu'elle ait accès à tout ça le plus tard possible, tout en faisant de la prévention à gogo.
Le collège se profile. Grand chamboulement en perspective, après sept ans passés dans notre petite école de campagne. Et elle va devoir prendre le car toute seule tous les matins et tous les soirs. Je ne suis pas totalement sereine j'avoue, comment l'être dans le monde dans lequel on vit? Mais je me réjouie malgré tout de cette nouvelle étape. Elle va gagner en indépendance, et moi je vais moins courir.
Comme elle tient bien de sa maman, elle angoisse énormément, alors on essaie de la préparer en douceur. Elle est également très attristée de ne pas pouvoir partager au moins un an d'école primaire avec son petit frère. Elle aurait aimé pouvoir être là pour lui, pour le consoler s'il pleure, le relever s'il tombe... Mais il faut apprendre à le laisser grandir lui aussi.
Car en septembre, grande étape pour petit Charlie, qui entrera en petite section. Je sais déjà que je vais pleurer, mais quel confort de ne plus devoir arriver pile à l'heure chez nounou le soir, de ne pas stresser dès qu'une réunion me tombe sur la tête (merci la garderie!), de ne plus avoir de panier repas à préparer (merci la cantine!).
Au contraire de sa grande sœur, lui est très impatient d'aller à l'école pour "jouer au ballon avec mes copains". Bon, on essaie de lui expliquer que l'école, ce n'est pas que ça, même si c'est ce qu'il voit quand il passe devant la grille pendant la récréation. La propreté est en bonne voie, il parle de mieux en mieux, il adore la compagnie d'autres enfants, je pense qu'il sera prêt pour la rentrée. Surtout qu'il reste encore 6 mois!
Une double grosse étape à venir donc, j'avoue que j'ai hâte de chercher et préparer avec les enfants leurs cartables, fournitures et toutes les petites affaires...
Mais je profite aussi des derniers mois où ma grande fille n'est pas encore une collégienne, où mon petit garçon n'est pas encore un petit écolier.
6 mois encore. 6 mois seulement.
lundi 13 mai 2024
La chance
Je me sens bien. Alignée. Je ne suis plus dépassée. J'ai l'impression, à nouveau, de maitriser le cours de ma vie.
Alors oui, depuis presque deux ans, il a fallu revoir les priorités. Lâcher sur certaines choses. L'équilibre des repas notamment. Le bazar dans la maison aussi. Responsabiliser davantage ma grande fille de 9 ans, tout en lui lâchant la grappe sur d'autres points. Ce qui était de toute façon nécessaire.
Mon côté perfectionniste en a pris un coup. Mais je relativise. Après tout, le monde ne s'écroulera pas si Pâquerette porte les mêmes chaussettes dépareillées depuis trois jours.
Donc on enjambe continuellement des jouets (et on marche dessus parfois, aïe!). On mange des pâtes au thon. Des pâtes au gruyère. Des pâtes à la sauce tomate. Des pâtes bolo. Parfois je récupère l'unique pantalon de jogging qui va encore à Pâquerette au fond du panier à linge car zut, aujourd'hui elle a sport à l'école, et j'ai oublié de le laver. Certains matins, je débarbouille bébé Charlie dans la voiture, en catastrophe, à l'arrivée chez Nounou. Avec un mouchoir en papier et un peu de salive. Bref je suis une maman hautement imparfaite. Et j'accepte cette idée.
L'essentiel est ailleurs. Dans les parties de chatouille endiablées, les câlins du matin, les courses poursuite dans la maison. Leurs sourires, leurs rires. Profiter du moment présent.
Il sera toujours temps, cet été, de reprendre les rennes des repas, planifier des menus, faire un grand tri dans le bazar ambiant, et de briquer la salle de bain...
Pendant les dernières vacances, j'ai ressorti plein de livres de Pâquerette, notamment ses Popi, qu'elle adorait. Et que Charlie adore à son tour. C'est avec émotion que je lui ai lu certains épisodes de Marcel ou de Lili Souris. J'avais l'impression que c'était hier que je racontais ces histoires à ma grande. Je pouvais encore les réciter par cœur...
Et à cet instant précis je me suis dis que j'avais vraiment de la chance. De l'avoir lui. De les avoir tous les deux.
jeudi 18 avril 2024
Petit garçon
mardi 19 mars 2024
Renouveau
mardi 12 mars 2024
La fatigue
Pourtant, je fais des nuits complètes la plupart du temps maintenant. Mais avec la reprise du boulot, la course perpétuelle, le soir je suis complètement hors service, avec juste la force de m'écrouler sur le canapé, téléphone à la main. Exactement ce que j'avais dit vouloir éviter!
C'était bien facile de prendre de bonnes résolutions pendant les vacances!
Alors oui, c'est dur de les tenir ces bonnes résolutions, mais je m'accroche, et m'efforce, par petites touches, de lâcher le smartphone le soir et de faire des petites choses pour moi.
La semaine dernière, j'ai fait un peu de puzzle. Bon, il est terminé maintenant. La prochaine fois que je vais à la médiathèque avec les enfants, faut que je m'octroie cinq minutes pour penser à moi et me trouver quelques bouquins. Plutôt des livres genre développement personnel, et pas des romans. Car je suis tout simplement incapable de m'arrêter si l'histoire me captive. Et le but n'est pas non plus de me coucher à 1h du matin, quand le réveil sonne 5h plus tard...
Et puis faut vraiment que je me mette un coup de pied aux fesses pour recommencer à tricoter. Je suis débutante donc je ne sais faire que les écharpes et couvertures. Mais une petite couverture pour poupon, ça me remettrait le pied à l'étrier. Et une fois lancée je pourrais m'y mettre devant la télé, ça serait plus intelligent que le téléphone. Mais c'est l'avant qui le freine. Ça va me demander une énergie folle de réapprendre les points avec mon ami Youtube... pas sûre que ça soit comme le vélo!
mercredi 28 février 2024
Du temps intelligent
J'ai pris la décision de me remettre à écrire plus régulièrement.
De prendre le temps de le faire, au lieu de céder à la facilité de scroller sur le smartphone. Il est toujours à portée de main, ce satané téléphone. Toujours allumé. Toujours prêt. Moi qui prend beaucoup de photos, je suis contente de pouvoir immortaliser sur le vif une scène de la vie de mes enfants. Et c'est vrai que c'est pratique pour connaitre rapidement la météo du lendemain, les horaires de la médiathèque, pour rhabiller les enfants (merci Vinted)... Mais il prend trop de place. Et pourtant je ne suis pas une des plus accro. Mais quand je compare avec ma consommation d'écrans d'il y a quelques années, j'ai quand même énormément augmenté. C'est trop. Trop pour ce qu'il m'apporte réellement. Alors j'ai décidé de remplacer le smartphone par du temps intelligent, qui m'apporte vraiment quelque chose.
Par exemple, le temps de coucher noir sur blanc mes états d'âme. Comme une auto thérapie.
Du temps pour moi, je n'en ai pas beaucoup (voir l'article précédent). Mais j'en ai un peu. Surtout depuis quelques semaines, car petit Charlie, du haut de ses 19 mois, a décidé qu'il était temps pour lui de s'endormir seul le soir sans pleurer et rappeler maman 248 fois. Il y a des ratés bien sûr, mais dans l'ensemble ça va beaucoup mieux, et je bénéficie ainsi, très souvent, d'une paix royale à partir de 20h30.
Et qu'est-ce que je fais? Le plus souvent, je m'écroule devant la télévision, souvent avec le smartphone en plus (nouvelle très mauvaise habitude que j'aimerais changer). Au mieux, je plie du linge, toujours devant l'écran. Mais c'est tout. Alors que ces deux précieuses heures avant d'aller dormir sont les seules que j'ai pour moi, de toute la journée.
Elles devraient être bien mieux employées!
Alors je reprends mon clavier, je ressors mon cahier. Un peu d'introspection, d'organisation.
Et pour commencer, faire une liste d'occupations réellement ressourçantes, qui pourraient occuper mes soirées.
Regarder un film ou une émission à la télé OK, mais le regarder en entier, du début à la fin (maintenant que je peux, sans bébé qui pleure) et SANS le smartphone.
Recommencer à lire peut-être? Mon problème étant que je ne sais pas lire par petit bout. Quand j'aime, je ne m'arrête pas. Et me retrouve à terminer mon bouquin à 1h du mat', alors que je bosse le lendemain...
Me remettre au tricot pour un tout petit projet facile (une couverture pour le bébé de Charlie?) Le démarrage sera difficile, mais une fois lancée, je sais que ça peut aller tout seul.
Ressortir mes puzzles, qui ont l'avantage de me vider la tête, et qu'on peut avancer par ci par là dès qu'on a 5 minutes. Et avec Pâquerette aussi, ce qui est plutôt chouette.
Ecrire plus régulièrement, me fixer peut-être un objectif pour le blog. Par exemple, un article par semaine.
Voici déjà quelques pistes, maintenant, il n'y a plus qu'à!
vendredi 5 janvier 2024
Magna
Le temps file entre mes doigts, mais je prends le temps, aujourd'hui, de laisser une petite trace de notre quotidien.
Le temps libre est un luxe rare quand on gère une maison et des enfants quasiment en solo. Les vacances ne sont que peu reposantes car mon homme travaille tout le temps, et j'ai presque toujours Pâquerette et Charlie avec moi. Heureusement, mon ainée part souvent quelques jours chez les grands-parents, ce qui me fait un semi-repos. Quand bébé fait la sieste, j'ai alors du temps pour me reposer, sans ma grande fille demandeuse de faire des activités et donc sans culpabilité. Le lundi, c'est mon jour "off", et bébé va chez nounou la demi-journée. Ce qui me permets de caser mes propres rdv médicaux, de travailler pour ma classe, et de me reposer un peu.
Une ou deux heures très précieuses pour conserver un semblant d'équilibre dans cette course infernale qu'est devenue ma vie. Je l'ai voulue, je l'ai souhaitée, je l'ai rêvée, cette vie bien remplie. Je l'avoue, je n'imaginais pas que ça serait si dur. Tout était tellement calme et tranquille quand nous n'étions que trois, avec une Pâquerette grande et raisonnable. Si calme que je commençais à m'ennuyer et me sentir inutile... et bien là je peux vous le garantir, je ne me sens pas inutile!
Deux fois plus de tâches pour faire tourner la maison, deux fois moins de temps pour le faire avec un bébé très demandeur, et deux fois moins d'énergie à cause des nuits pourries, ça donne une maman épuisée et qui court tout le temps. Le linge, le ménage, les courses, les repas, les devoirs de la grande, les bêtises du petit, les rdv médicaux multipliés par deux, les virées à la pharmacie multipliées par deux aussi... Oui car je n'ai pas choisi la facilité, avec des enfants qui ont tous les deux un suivi médical et des traitements à renouveler très régulièrement. Et avec un conjoint qui ne peut pas beaucoup m'épauler.
Ajoutez le boulot par là-dessus, avec le travail de préparation à la maison, et un directeur qui me presse comme un citron... et vous obtenez une maman toujours sur le fil. Il suffit alors d'un rien, une chambre en désordre, un bébé qui ne veut pas dormir (ça, c'est souvent le déclencheur) pour que la maman patiente et souriante se transforme en dragon... Je crie. Je m'en veux d'avoir crié. Je me sens mauvaise maman. La spirale...
Heureusement, il n'y a pas que les coups de mou. Il y a aussi tous les bons moments, le bonheur de voir mes enfants grandir ensemble, rire ensemble, devenir chaque jour plus complices. Pâquerette qui se métamorphose en grande fille (bientôt 9 ans!), qui est tellement patiente et mignonne avec son petit frère. Charlie qui a fêté ses 18 mois hier, et qui fait une chose nouvelle par jour ou presque! Depuis Noël, il galope fièrement sur ses deux jambes, et il cause de plus en plus. Même s'il aura tout oublié l'an prochain, il a très bien compris le principe du Père Noël et des "cacos", c'était adorable de le voir déballer ses paquets et s'émerveiller devant les lumières. Il est toujours aussi fan de sa sœur, qu'il appelle "Magna", on ne sait pas pourquoi. J'ai vu qu'en espagnol, ça signifiait "grande" et "importante". J'ai trouvé ça chouette.
Je prends des photos, j'essaie de prendre des notes, je compile toutes ces premières fois, qui deviendront de précieux souvenirs. Comme je l'ai fait pour Pâquerette quand elle était bébé, même si j'ai moins de temps. Je sais que même si je cours partout, ce sont de belles années, et qu'il faut en profiter. Alors je m'y emploie chaque jour, entre deux panières de linge à plier et une table à débarrasser. Je laisse tout en plan, et je m'assois par terre pour jouer avec mes enfants. Parce que c'est ça le plus important.
mardi 15 août 2023
Petits morceaux de bonheur
Avant que le tourbillon de la rentrée ne m'emporte, il faut que je prenne le temps de venir poser par écrit tout ce que je ne veux pas oublier. Les joies comme les peines. La vie. Notre vie à 4.
Au début de l'été, nous avons fêté les 1 an de bébé Charlie. Depuis, il n'a cessé de faire de nouvelles choses. Se mettre assis, puis debout, dans la même semaine! Le quatre pattes est ensuite arrivé, et il passe son temps à grimper partout. Les premiers mots s'esquissent, timides, les fameux "Papa" et "Maman" tant attendus. Bébé se fait maintenant clairement comprendre, en pointant du doigt et à grand renfort de cris et de mimiques. Il fait aussi quelques signes, comme "manger", "écoute", "musique"... Petit Charlie a plusieurs passion : les clés, qu'il utilise comme tournevis (on l'appelle Jo la Bricole!), et sa grande sœur, qui a droit à d'innombrables câlins et aux plus beaux sourires.
Côté santé, l'asthme est toujours là donc on continue le Seretide en aérosol, et les traitements pour le RGO. On réintroduit petit à petit les PLV, et ça se passe bien. Les couchers sont dans l'ensemble, plus apaisés. Et les nuits, entières, que ça fait du bien! En journée, nous avons un bébé souriant, qui explore son monde et rigole beaucoup. Un petit rayon de soleil!
Pâquerette est une grande sœur aux petits soins, et qui adore faire le clown pour entendre son petit frère rire aux éclats. Sa maladie est toujours stabilisée, elle n'a plus de douleurs. C'est aujourd'hui une grande fille de 8 ans et demi en pleine forme, toujours le nez dans les bouquins, passionnée d'animaux et qui ne cesse de parler, tout le temps tout le temps tout le temps. Elle entre en CM1 à la rentrée. Déjà!
On ressort pour bébé des jouets qui étaient à elle, et c'est génial de les voir jouer ensemble. J'ai tellement cru que tout ça ne resservirait jamais!
Seule grosse ombre au tableau, l'état de santé de mon homme, qui ne cesse de se dégrader. A de très fortes douleurs s'ajoute une impossibilité grandissante d'utiliser son bras droit. J'attendais qu'il aille mieux pour qu'il puisse prendre parfois le relais avec Charlie. Je n'attends plus, ce n'est plus du tout à l'ordre du jour. Porter un bébé asticot, l'habiller, le changer, le nourrir, avec un seul bras et des douleurs intenses, c'est très compliqué. Et je ne parle même pas de plier la poussette ou le lit parapluie puis de les porter dans le coffre. Alors je gère. Le quotidien est parfois lourd, dans tous les sens du terme, mais je n'ai pas le choix.
J'ai la chance de ne pas souffrir 24h sur 24, ce qui est malheureusement le cas de mon homme. Travailler, même depuis la maison, est devenu extrêmement difficile pour lui. Il est actuellement en arrêt maladie. Forcément, le moral n'y est pas. La peur de l'avenir flotte autour de nous. Mais on essaie de vivre le moment présent.
Prendre chaque jour les petits morceaux de bonheur.
mardi 4 avril 2023
9 mois
J'ai touché le fond fin janvier, quand mon homme est parti à l'hôpital pour se faire opérer. 15 jours d'hospitalisation suivis de mois de rééducation l'attendaient. J'étais déjà sur le fil depuis la naissance de Charlie, naviguant à vue dans un état d'épuisement physique et émotionnel avancé. Et je me suis retrouvée seule à tout gérer. Pendant cette période, bébé me faisait 6, 7, 8 réveils par nuit... je cumulais les nuits blanches, m'épuisant à le bercer. La journée je faisais des aller retour à l'hôpital, morte d'inquiétude, et faisant la forte pour soutenir mon homme, qui n'allait pas bien. Le soir il fallait encore plaquer un sourire sur mon visage pour rassurer Pâquerette. Assurer la bonne marche de la maison. Les courses, les repas, le rangement, avec un bébé malade continuellement et qui ne me laissait aucun répit. La reprise de l'école se profilait, je n'arrivais pas du tout à préparer ma classe. Je passais mon temps à pleurer, au bout du rouleau. J'ai fini par faire une mastite carabinée et un soir à 23h, je n'arrivais plus à me lever de mon lit. Du tout. Et là je me suis sentie très seule. J'ai appelé ma mère au secours pour qu'elle vienne m'aider à gérer la nuit avec Charlie.
Mon médecin m'a retrouvée dans un état déplorable. J'avais 9 de tension, des palpitations, et je ne tenais pas debout. Dépression Post Partum. Il n'était pas question que je reprenne le travail dans ces conditions. Elle m'a mise en arrêt maladie. L'objectif était de mettre Pâquerette à l'école, Charlie chez nounou, et de DORMIR. Ce que j'ai fait. Au début, je faisais même des siestes matin et après-midi, pour éponger toute cette fatigue nerveuse et physique.
Depuis, je remonte la pente tout doucement. Charlie grandit, et même s'il est constamment malade, il dort mieux. Les journées au calme me permettent de souffler, et je suis beaucoup plus disponible pour mon bébé le soir, beaucoup plus détendue, beaucoup plus apaisée. J'ai quand même réussi à me faire une tendinite à force de porter mon bébé patate. Car mon homme ne peux toujours pas le porter et donc quasiment rien faire avec lui. Ce qui signifie beaucoup de pression pour moi, mais heureusement quand il est chez nounou je peux souffler.
Peu à peu on trouve un nouvel équilibre à quatre. Bébé Charlie a pris sa place. Quand le RGO le laisse tranquille, c'est un bébé souriant et qui aime rigoler. Il commence à babiller, et se déplace en rampant. Il tisse chaque jour une relation plus forte avec sa grande sœur qu'il adore. Les voir jouer et rire tous les deux, c'est ma plus belle récompense.
Mais que cette dernière année aura été compliquée! Entre ma fin de grossesse difficile, l'accouchement cata, l'opération de mon homme et les premiers mois avec bébé, un vrai tsunami!
Aujourd'hui, Charlie est avec nous depuis 9 mois! Joyeux moisiversaire mon bébé!
lundi 16 janvier 2023
Pour une petite cuillère
mercredi 7 décembre 2022
La vérité vraie (2)
A cet abîme de fatigue dans lequel je suis tombée il y a cinq mois, s'ajoute une pression immense que je n'avais pas anticipée le moins du monde. A avoir tant attendu ce petit bout, à m'être tant battue pour obtenir cette grossesse, je pensais naïvement qu'une fois l'accouchement derrière moi, le plus dur serait passé, et que j'allais tout gérer d'une main de maître.
Sans prise de tête. Tout en décontraction. Je m'imaginais très bien, donnant la tétée tout en jouant avec Pâquerette, préparant le repas avec bébé en écharpe, allant me promener avec ma grande en trimballant bébé partout. C'était un deuxième, il allait suivre le mouvement voilà tout. Tant pis si bébé a une sieste ou un repas décalé après tout. Je m'étais bien trop pris la tête pour Pâquerette. Je m'imaginais en mère bohème et décontractée.
Exactement ce que je ne suis pas. En analysant un peu mes difficultés, je me suis aperçue que je me collais la pression toute seule. Et que c'était plus fort que moi, on ne me referait pas. Qu'il fallait l'accepter. Quand j'endosse le rôle de maman, c'est tellement à 100%, qu'à chaque minute, chaque seconde, je veux que bébé soit bien. Qu'il n'ait pas faim. Ou chaud. Ou froid. Qu'il ne pleure jamais. Qu'il soit toujours soit en train de dormir paisiblement, soit en train de manger tranquillement, soit en train d'être en éveil de qualité, c'est à dire avec quelqu'un (le plus souvent moi) qui le couve du regard, lui parle, joue avec lui...
Or, je vais l'écrire en gras pour bien me mettre ça dans la tête, c'est impossible. Il y a forcément des instants au cours de la journée où bébé est inconfortable, et je n'y peux rien. Avec Pâquerette, ces moments étaient forcément limités car je n'avais qu'elle à m'occuper. Je me douchais en trois secondes chrono, avec le transat dans la salle de bain bien sûr, et sans cesser de lui parler. J'avalais une tranche de jambon et une banane le midi et hop le repas était fait. Je ne me posais jamais, ne pensais qu'à elle, toujours.
Et même si maintenant elle est grande, j'ai toujours fait en sorte, depuis presque 8 ans, d'être cette mère ultra disponible. Sans en avoir conscience particulièrement. C'était ça pour moi, être maman.
Sauf que l'arrivée de bébé Charlie a complètement changé la donne. Je ne peux pas me dévouer à 100% pour lui et en même temps, à 100% pour Pâquerette, c'est mathématiquement impossible. Il y en a toujours un qui doit renoncer (souvent ma grande fille) ou patienter. Et que c'est dur, mais que c'est dur!
La première fois que Pâquerette a eu un chagrin et que j'étais en pleine tétée, je n'ai pas pu la prendre dans mes bras. C'était pour une broutille, mais ça a été d'une violence inouïe pour mon cœur de maman. Elle s'est blottie contre moi, mais ce n'était pas pareil, le coussin d'allaitement nous séparait.
Je m'étais imaginé tout ce que je pourrais faire avec elle en même temps que donner la tétée, mais je n'avais pas pensé à tout ce que je ne pourrais pas faire. Lui faire sa couette le matin. Remplir et découper le billet d'absence pour l'école. Jouer à de nombreux jeux de société. L'aider à chercher ce bricolage super important qu'elle a égaré. Aller admirer sa construction en Lego dans sa chambre. C'est un fait, je ne peux plus être la même maman pour Pâquerette.
Comme je ne peux pas être, pour Charlie, la même maman que j'ai été pour Pâquerette. Je dois interrompre sa sieste pour aller chercher sa grande sœur à l'école. Il doit patienter pendant que je prépare à manger, car je ne peux pas juste servir une tranche de jambon et une banane à une grande fille en pleine croissance. Des fois il râle un peu sur son tapis d'éveil, parce que je prends le temps de passer un moment de qualité avec Pâquerette.
Bref, on dit que l'arrivée du deuxième enfant est plus facile à gérer que le premier. Me concernant, je ne suis pas du tout d'accord. Car avoir deux enfants, c'est devoir choisir sans arrêt, à qui on va donner de l'attention en premier, et qui on va faire patienter. Ce n'est pas forcément négatif. Pâquerette a l'âge d'être autonome sur beaucoup de choses maintenant, elle ne pourra pas être tout le temps dans les jupes de maman. Et Charlie va apprendre dès le début à partager.
C'est pour moi que c'est difficile en fait, c'est moi qui doit apprendre cette nouvelle façon d'être maman. Et sans m'oublier complètement sinon je ne tiendrai jamais le choc. Vaste programme!
vendredi 25 novembre 2022
La vérité vraie (1)
mercredi 21 septembre 2022
RGO
vendredi 9 septembre 2022
1,566 kg
dimanche 4 septembre 2022
Baby blues
dimanche 28 août 2022
L'accouchement (2)
Après un passage en salle de réveil, j'ai pu rejoindre mon homme et petit Charlie dans notre chambre d'hôpital. Le plus dur était passé, ne restait plus qu'à faire connaissance avec ce petit bout tant attendu. Enfin, c'est ce que je croyais...
Mais il était écrit qu'aucun de mes accouchement ne pourrait se passer simplement...
J'ai eu des douleurs abdominales assez fortes dans la nuit, puis toute la matinée du mardi, sans trop m'alarmer, me demandant si j'étais trop douillette. "C'est normal que vous ayez mal madame, vous avez eu une césarienne." Certes.
En début d'après-midi, ça s'est aggravé rapidement, je souffrais énormément. J'ai passé plusieurs heures à pleurer, accrochée à la barrière du lit... Honnêtement j'ai eu plus mal durant cette journée-là que pour mon accouchement entier pour Pâquerette... et pourtant ça n'avait déjà pas été une partie de plaisir... J'étais incapable de m'occuper de mon bébé, je ne le voyais même plus, gardant les yeux fermés, complètement coupée du monde par la douleur qui m'irradiait.
Enfin on a pris mes douleurs au sérieux, et envoyée passer un scanner aux urgences. Qu'il était loin ce scanner, le trajet en lit d'hôpital m'a semblé infini, j'essayais de rester digne, mais je grimaçais de douleur à chaque secousse. Je ne parle même pas du moment où ils m'ont transféré de mon lit à la table, et inversement...
Le scanner a révélé que j'avais un gros hématome au niveau du muscle péritoine. Ils avaient sectionné un vaisseau sanguin en me faisant la césarienne, et depuis un jour et demi, ça saignait dans mon ventre... Il fallait me rouvrir...
Je suis donc repassée sur le billard en urgence, sous anesthésie générale. Mon passage en salle de réveil a été très long et je ne suis remontée dans ma chambre qu'à 23h. Mon homme s'est fait un sang d'encre. Je n'avais pas vu mon bébé depuis si longtemps, je rêvais de m'en occuper, mais j'en étais encore incapable, perfusée de partout, sous oxygène, et surtout complètement amorphe. J'avais perdu tellement de sang qu'on a du me transfuser...
J'ai mis plusieurs jours à m'en remettre. Heureusement mon homme a assuré, ainsi que le personnel soignant. Ils géraient les couches, l'habillage de bébé, et me le passaient dans mon lit pour la tétée. Avec toutes ces péripéties, l'allaitement a mis longtemps à se mettre en place, et bébé a perdu beaucoup de poids. Il fallait que je le mette au sein un maximum. Il se fatiguait vite, les tétées duraient une heure et il fallait beaucoup le stimuler. Après la tétée on lui donnait un complément de lait industriel avec un DAL. Puis je devais tirer mon lait, le plus possible, nuit comprise. Et ça toutes les 2 à 3 heures. J'étais complètement exténuée...
Je suis restée plus longtemps à la maternité, une semaine sans voir Pâquerette, que ça a été difficile. Le samedi, comme j'allais un peu mieux, son papi l'a amenée sur le parking devant l'hôpital pour qu'on puisse se voir. J'étais si impatiente, mais me trainer dans les couloirs a été bien difficile, je me suis assise plusieurs fois. Et enfin je l'ai vue, et j'ai fondu en larmes. Ma grande fille. Qu'est-ce qu'elle m'avait manqué.
Je ne savais pas encore que je rentrerai le lendemain. La vie à 4 allait pouvoir commencer...
vendredi 29 juillet 2022
L'accouchement (1)
lundi 11 juillet 2022
Petit Charlie
Notre petit Charlie si attendu est venu rejoindre la famille il y a une semaine déjà, le 4 juillet. Son arrivée parmi nous a été quelque peu mouvementée... surtout pour moi...
Mais l'essentiel est que depuis hier, nous sommes réunis à la maison tous ensemble.
Une nouvelle vie à quatre commence! Nous prenons nos marques tout doucement. Et comme je m'y attendais, ce n'est pas si facile à vivre pour ma grande Pâquerette. Il va falloir du temps.
La canicule fait que nous nous apprêtons à vivre les quinze prochains jours enfermés dans le noir pour garder un peu de "fraicheur". Heureusement, mon homme sera là pour me relayer auprès de bébé et de Pâquerette.
Charlie est un amour de bébé, pour l'instant beaucoup plus zen que sa sœur. J'ai quand même ressorti l'écharpe de portage car je commençais à souffrir du dos à force de le bercer... quel bonheur j'avais oublié ces sensations. Par contre avec la chaleur je ne pense pas autant porter bébé Charlie que je l'ai fait pour Pâquerette, surtout les prochaines semaines. On dégouline vite tous les deux!
Bref, c'est parti pour la période nouveau né, et même si ça va être crevant, je compte bien profiter car je sais à quel point ça passe vite!
Le rêve est devenu réalité, notre famille est au complet.
dimanche 3 juillet 2022
Demain
Tout s'est accéléré ces derniers jours, et finalement c'est par césarienne que naitra notre petit Charlie. Demain, si tout se passe comme prévu. Demain nous allons rencontrer notre deuxième petit miracle.
Et je ne peux pas m'empêcher de pleurer. C'est trop d'émotions.
La ligne d'arrivée après 12 ans de course. J'ai arrêté la pilule à 24 ans, et dans deux mois je passerai les 36. Un tiers de ma vie consacré à fonder notre famille. Ce parcours du combattant, qui est sur le point de prendre fin. Une page qui se tourne, je dirais même un livre qui se ferme. Un nouveau va commencer. Celui de notre nouvelle vie, à quatre. Sans PMA. Plus jamais.
Avec Pâquerette, on s'est fait notre dernier câlin avec Charlie dans mon ventre. C'était très émouvant. Je n'ai pas pu retenir mes larmes quand elle est partie avec Papi et Mamie ce soir. Elle qui ne se retourne pas d'habitude n'arrêtait pas de demander un dernier bisou, un dernier câlin, réclamait maman... C'est beaucoup d'émotions pour elle aussi. Mon bébé va devenir une grande sœur.
Certes, on n'a pas lâché, on s'est battus. Mais on a aussi eu énormément de chance, et j'en suis pleinement consciente. Et en ces heures si particulières je pense forcément à tous ceux qui ne pourront jamais devenir parents. A tout ceux qui ne pourront jamais agrandir la famille. Et je me sens infiniment reconnaissante aux donneurs qui nous ont permis de réaliser notre rêve.
Toutes les émotions se bousculent, la joie bien sûr, un peu d'appréhension évidemment, de tristesse de devoir laisser Pâquerette plus longtemps (au moins 5 jours avec la césarienne), l'excitation aussi bien sûr, c'est tellement fou de se dire que demain, nous tiendrons notre bébé dans nos bras!
Demain.
dimanche 26 juin 2022
39 SA
mercredi 1 juin 2022
Petits maux et grands bonheurs
Le temps file, et nous sommes déjà au mois de juin!
Faire des machines n'a jamais été aussi plaisant. Laver de minuscules vêtements de bébé, les plier soigneusement, les ranger dans la commode... c'est quand même bien différent de la corvée de linge habituelle.
La chambre de petit Charlie prend forme, et enfin la déco que j'avais dans la tête depuis des mois apparait sous mes yeux. Je suis très contente du résultat, c'est très doux et apaisant, exactement ce que je voulais. Il me faut encore un peu de patience pour récupérer les derniers éléments. Les rideaux que j'ai fait recouper, le fauteuil que mon gentil beau-père est en train de galérer à poncer (me suis aperçue seulement après achat sur Le bon coin qu'il était en bois vernis et que ça jurait un peu avec le reste de la chambre...) et quelques étagères à fixer. Je suis impatiente de tout finaliser.
Avec Pâquerette, nous sommes allées faire les magasins. C'est quelque chose de rare chez nous car depuis plusieurs années j'essaie de limiter notre consommation et d'acheter un maximum d'occasion. Mais après avoir fait un stock de petits vêtements Vinted, j'avais très envie d'acheter quelques pièces neuves, choisies avec ma grande puce. Du coup, cette sortie exceptionnelle a pris des allures de fête. Pâquerette a été très fière de choisir le doudou de bébé, ainsi que quelques pyjamas. Un joli moment entre mère et fille.
Mais je dois avouer que tout n'est pas simple. Mon premier trimestre a été éprouvant, entre progestérone à haute dose qui me shootait et pertes de sang qui m'affolaient. Le deuxième a été sportif et fatigant, avec la reprise de l'école et le Covid qui m'a filé de la tachycardie pendant des semaines... Et le troisième a été marqué par l'arrivée des œdèmes. Autant pour les jambes, je m'y attendais et c'est franchement gérable (les bas de contention sont mes amis!) autant pour les mains c'est une surprise... et fortement désagréable. Mes mains gonflent la nuit et me font mal au point de me réveiller. Le matin, je ne peux pas les utiliser, le moindre geste est douloureux. J'ai dû renoncer à tricoter une petite couverture pour Charlie car il faut que j'évite les mouvements répétitifs. J'ai essayé de dormir les mains surélevées pour limiter l'œdème, non seulement ça ne fonctionne pas mais j'ai dû prendre une mauvaise position, et depuis j'ai le bras droit bloqué, du mal à faire certains gestes...
Bref, toutes ces petits maux ne sont pas bien graves, mais comme l'œdème peut se poursuivre quelques temps après la naissance, j'espère que je parviendrai à pouponner bébé Charlie comme je le souhaite. Car s'occuper d'un bébé sans utiliser ses mains me semble quelque peu compliqué!
mardi 24 mai 2022
Dernière écho, derniers préparatifs
mercredi 4 mai 2022
Le droit au bonheur
Finalement... après une semaine au fond de mon lit, suivie d'une semaine pour m'en remettre, j'ai enfin été guérie. Plus de palpitations, la forme retrouvée. Le Covid était reparti sur la pointe des pieds. Bon débarras!
J'ai pu reprendre une vie normale, et me consacrer à la venue de notre petit Charlie. Du bonheur en barre. Les peintures, les achats, tout ce dont je rêvais de faire depuis si longtemps. Enfin, cette "troisième chambre" qui était à la fois chambre d'amis, salle de jeux, et surtout "pièce à bazar" il faut bien l'avouer est en train de se métamorphoser!
Il ne nous reste plus beaucoup de gros achats à faire, mis à part le cosy et le fauteuil. Au programme prochainement, laver tous les petits vêtements dégotés sur Vinted, et refaire un inventaire. Emmener Pâquerette en virée shopping pour trouver un ou deux beaux pyjamas et surtout l'indispensable doudou. Et d'ici quelques semaines, commencer à préparer la valise, déjà! Dans quelques jours, j'attaque mon huitième mois!
Alors, tout n'est pas rose, sinon ça serait trop simple. Je ne vais pas m'attarder sur la belle-mère qui recommence à faire des siennes. Non, ce qui m'inquiète le plus, c'est la maladie de mon homme, qui devient au fil du temps de plus en plus douloureuse et handicapante. Nous avons eu un rendez-vous avec sa neurologue il y a quelques jours, et j'avoue en être ressortie démoralisée. Je suis tellement triste de le voir subir ça, et j'ai peur pour l'avenir...
On ne sait pas de quoi demain sera fait, on ne sait pas ce qui va nous tomber sur la tête... alors on va d'autant plus profiter de chaque jour. Vivre pleinement le moment présent. Et le moment présent, c'est l'arrivée imminente de notre petit miracle. Alors je me concentre là-dessus. Notre petit bonheur en préparation.
jeudi 28 avril 2022
C'est un Covid!
Quand la sage-femme m'a confirmé que je pourrai être en arrêt de travail, puis en congé pathologique suite à mes vacances, j'ai ressenti un immense soulagement. En un mot, je ne retournerai pas à l'école après les vacances d'avril. J'avais tenu la période, qui s'était révélée très longue et difficile, et enfin j'entrevoyais la récompense, après des semaines à alterner boulot et canapé pour tenir le choc. J'allais enfin pouvoir me reposer, et surtout me consacrer à la venue de Charlie, me concentrer sur lui, préparer sa chambre. En un mot : profiter. Le meilleur moment allait arriver.
Mes petits élèves ont été très déçu quand je leur ai annoncé que je partais à la fin de la semaine. Moi pas, j'étais sur un petit nuage. J'ai fait la dernière semaine d'école la tête complètement ailleurs, j'avais hâte de passer à la suite. Le dernier jour a été un peu surréaliste, je n'arrivais pas à croire que je quittais l'école pour 10 mois! J'ai eu plein de dessins, de cadeaux, de petits mots de mes mignons élèves, c'était chouette. Et émouvant...
Et puis le premier jour des vacances est arrivé. J'avais mal à la gorge, ce qui ne m'a pas affolé étant donné mes allergies qui vont qui viennent. J'étais fatiguée mais quoi de plus normal après une période scolaire? Le lendemain, ça s'est gâté. Mon cœur s'est emballé, jusqu'à plafonner à 130 battements par minute, et pas moyen de l'arrêter! Après un coup de fil au 15, nous avons déposé Pâquerette chez mamie et avons foncé aux urgences... 6h sur un brancard, ils m'ont fait la totale: test PCR, électrocardiogramme, prise de sang, analyse d'urine, gaz du sang (Une belle séance de torture ce truc. Les infirmières s'y sont reprises à 4 fois!! J'ai encore les poignets bleus...)
"C'est un Covid!" m'a annoncé l'infirmière. Chouette. J'avais tenu la période à ne pas choper cette merde, en faisant hyper attention tout le temps, je pensais être passée au travers! Raté! La bonne nouvelle c'est que mes analyses étaient normales, mes poumons se portaient bien, bébé Charlie gigotait dans mon bidon comme un bienheureux, je pouvais rentrer chez moi. La mauvaise c'est que mon cœur ne s'était pas calmé, malgré la journée allongée... "Ça va passer, il faut être patiente."
De retour à la maison, les symptômes "classiques" du Covid sont arrivés eux aussi, fièvre, toux, rhume, courbatures et immense fatigue... J'ai passé la semaine au lit, à broyer du noir devant l'absence d'amélioration. Moi qui suis quelqu'un de plutôt actif, j'étais déprimée de ne pouvoir rien faire. Pâquerette passait des vacances pourries, je ne la voyais pas de la journée, ça me pesait. Cette tachycardie incessante m'inquiétaient. Je ne pouvais rien faire. Attraper un verre dans le placard ou enfiler mon gilet me collait des palpitations. J'étais hyper frustrée. Normalement, c'était le moment de profiter et de faire des choses pour Charlie. Au lieu de ça, je me trainait comme une mamie. J'avais l'impression d'être punie, malgré mes trois doses de vaccins et toutes les précautions que j'avais prises.
Et surtout... je n'en voyais pas le bout...
dimanche 10 avril 2022
Septième mois
samedi 19 mars 2022
Différente
Il y a quelques semaines, au détour d'une conversation sur la grossesse, une amie a lancé "Ah, ce qui est pénible quand on est enceinte, c'est la prise de sang et l'analyse d'urine tous les mois!"
C'est quand j'entends ce genre de petite phrase, anodine pour le commun des mortels, que je mesure la différence entre les gens normaux et l'infertile que je suis, que je resterai toujours.
Faire pipi dans un gobelet et faire une prise de sang près de chez soi une fois par mois, la belle affaire!
Quand on sait les années d'attente, six ans passés à essayer de tomber enceinte, à voir les fertiles agrandir leur famille en claquant les doigts, à côtoyer les bébés des autres.
Quand on sait les années de PMA, quatre FIV et deux TEC ratés (rien que pour Charlie, beaucoup plus si on compte les tentatives pour Pâquerette), les centaines de piqures, de cachets, les hormones à haute dose avec leurs effets secondaires, les dizaines d'échographies endovaginales, les prises de sang tous les deux jours, les passages au bloc, les heures passées au téléphone à essayer de joindre les infirmières, les coups de stress, les retards au boulot, les virées incessantes à la pharmacie, les aller-retour à la PMA à 100 km de chez nous, la fatigue et la lassitude engendrée par tout ça.
Quand on sait les échecs successifs, l'impression de tomber au fond du gouffre, la difficulté à se relever, à y retourner. Le découragement, le désespoir parfois...
Mon amie sait tout ça pourtant, elle était là pendant toutes ces années. Mais elle ne l'a pas vécu.
A ce moment-là, j'ai compris que toute ma vie, même si j'aurai bientôt la chance d'avoir mon deuxième petit bout, ma famille au complet, toute ma vie, je serai différente. Mon passé d'infertile restera une souffrance, mais en même temps c'est grâce à ce parcours difficile que j'ai conscience de la chance immense qui m'est donnée, que je savoure chaque petit bonheur de la vie.
Les autres ne se rendent pas compte de leur bonheur, moi si!
jeudi 10 mars 2022
Sixième mois
Alors même que certains matins je pense avoir rêvé, et que je pose ma main sur mon ventre pour vérifier qu'il est toujours là, incrédule. Alors même que je n'arrive toujours pas à croire que ce bonheur va nous arriver, à nous, pour de vrai...
Le temps a fini par passer, et j'entame aujourd'hui mon sixième mois de grossesse. Si bébé naissait aujourd'hui, ce qui n'est pas du tout souhaitable, il serait viable, même si rien ne serait gagné. On a passé un cap. Dans quatre mois, il sera dans nos bras!
Je suis en train de vivre les moments dont j'ai tant rêvé. Depuis quelques jours, mon ventre commence à se déformer sous les coups de pieds de petit Charlie. Du bonheur en barre. Mon homme et Pâquerette peuvent maintenant bien le sentir à leur tour. J'ai tellement imaginé cet instant, quand ma grande fille poserait la main sur mon ventre rebondi pour sentir son petit frère ou de sa petite sœur. Magique.
Nous avons acheté la commode à langer, on nous a prêté un couffin, un parc, j'ai (déjà!) presque tous les vêtements en un mois et trois mois pour le début, bref même s'il reste beaucoup à acheter encore, ça commence à devenir concret! Cette troisième chambre, qu'il a été si difficile de vider, est en train de se remplir à nouveau d'affaires de bébé. Quand je passe devant, ce n'est plus la tristesse qui m'envahit mais l'espoir. J'ai hâte que nous puissions nous débarrasser du vieux clic clac pour aménager vraiment, et que mon homme commence la peinture. Petit à petit, la déco se forme dans ma tête. Du blanc, du lin, de l'osier, des couleurs naturelles. J'ai envie d'un cocon de douceur pour petit Charlie.
J'ai fait mon annonce à mes petits élèves, qui se sont montrés très mignons, à poser des questions, m'offrir des dessins "Félicitations maitresse", et même à me proposer des prénoms. J'ai repris le travail depuis presque deux semaines, et sans vouloir me plaindre, c'est difficile. Je suis plus vieille que pour Pâquerette, et ça se sent! Heureusement que ma puce est adorable, et me laisse me reposer une heure tous les soirs en rentrant, je pense que sans ça, je ne tiendrais pas le choc.
J'ai de moins en moins la tête à l'école. Mes collègues me parlent de projets, de fin d'année, etc... mais à l'intérieur de moi, c'est comme si j'étais déjà partie. Encore cinq semaines à tenir pour aller jusqu'aux congés d'avril. En théorie mon congé maternité n'est que fin mai, mais je ne sais pas si je reprendrai après les vacances, on verra selon ma forme. Bébé Charlie reste ma priorité.
Forcément, cette saleté de Covid continue de m'inquiéter. L'arrêt des masques est pour lundi prochain, et je stresse beaucoup, surtout que j'ai déjà un élève positif depuis cette semaine... Je compte bien sûr garder le masque, et continuer d'alterner chirurgical quand je suis loin des élèves, et FFP2 quand je suis proche d'eux. Je ne peux pas malheureusement pas faire classe toute la journée en FFP2 c'est insupportable. Pourtant l'hypersensible que je suis rêve depuis deux ans de retirer ce satané masque qui me pourrit la vie et le moral... Mais l'infertile que je suis a attendu six ans de tomber enceinte, alors il y a des priorités! Et je ne veux prendre aucun risque pour bébé.
L'actualité me rend malade, alors j'évite de regarder les images à la télévision, me contentant de me tenir informée à travers quelques articles. Je fais un peu l'autruche, pour me préserver.
Il me reste quatre mois de grossesse, et malgré mon impatience de tenir Charlie dans mes bras, mon envie d'avancer le temps pour être sûre que tout ira bien, j'essaie de profiter de chaque instant. Car c'est une réelle chance d'être enceinte, et je ne le revivrai pas. Alors je rêve à son arrivée, et je prends tous les petits bonheurs.
