Mercredi, je suis retournée au CHU du coin. Objectif : réaliser la prise de sang pour le caryotype (et le CMV aussi). C'est avec un certain stress que je me suis garée sur le parking. Pourtant les prises de sang "normales" (1 ou 2 petits tubes) se passent beaucoup mieux maintenant. Je gère. Mais le malaise est plus profond. J'espérais tant ne plus mettre un pied dans cet hôpital avant longtemps. C'est enceinte que je ne m'étais imaginée y retourner, pour une écho de routine. Et non pas le ventre vide pour une prise de sang...
Mes pieds ont retrouvé tout seuls le chemin de la salle de prélèvement. Je suis passée rapidement, ouf, pas le temps de stresser. L'infirmière a commencé à sortir tout son petit matériel. Je n'ai pas trop regardé, mais les tubes ne m'ont pas semblés comme d’habitude. En plus, il y en avait quatre! Vite, inspirer, expirer, vite penser à autre chose.
L'infirmière installe le garrot. Vite, chanter une chanson dans sa tête. n'importe quoi. Elle me pique. Inspirer, expirer. Elle commence à prélever le sang. Je ne trouve aucune chanson dans ma tête, pourtant j'en avait préparé une. Vite, je m'absorbe dans la contemplation du tableau au mur. Tableau que je connais par coeur. Je compte les maisons du tableau. Puis les fenêtres. Ça duuuuure. Enfin, elle change de tube.
"Ça va madame?" Euh, ça pourrait aller mieux. Moi qui était gelée, je commence à avoir bien chaud. Vite, penser à autre chose. Mais mon cerveau est vide. J'ai déjà compté plusieurs fois les maisons et les fenêtres du tableau. Je commence à me sentir toute molle. Et la torture continue. Enfin, elle change de tube.
"Ce sont de gros tubes" dit-elle comme pour s'excuser. C'est bien ce qui me semblait!! Alors qu'elle commence tout juste à remplir le 3ème gros tube, je sens petit à petit le malaise monter. J'ai chaud, chaud, chaud. Je transpire. Ma vue commence à se brouiller. J'entends l'infirmière au loin, comme à travers un voile de coton. Et j'ai l'impression que le temps ne passe pas. Vite, vite!! Que ça se termine! Enfin, voilà le quatrième tube.
"C'est le dernier. Ça va aller?" J'ai des sueurs froides, comme des bourdonnements d'oreille, des papillons devant les yeux et la nausée qui monte. Je m'excuse "Pourtant, à force, je devrais être habituée." Je crois que je ne m'y ferai jamais. Quand cette torture va-t-elle s'achever? Enfin, ça s'arrête.
"Vous voulez un jus d'orange?" J'essaie d'articuler non sans mal "Non merci" à la forme floue devant moi. Trop envie de vomir. "Je vais rester un peu assise par contre." Je me tiens la tête et j'attends que ça passe. Mon front est moite. Mon cœur bat la chamade. Enfin, après quelques minutes qui me paraissent des heures le malaise s’apaise.
Vite, fuir la salle de prélèvement. Courir manger une barre chocolatée de la machine à cochonneries. Il y a certaines habitudes qui ont la vie dure, régime ou pas!
Mais là j'avais une bonne excuse. Non?