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jeudi 9 octobre 2025

J'ai retrouvé Charlie!

Enfin, j'ai retrouvé mon petit garçon, ouf! Bien sûr il n'est pas toujours d'accord, il y a encore des colères, ce qui est normal à son âge, mais le démon est parti. Nous n'avons plus 10 crises par jour avec hurlements, je ne me fais plus taper dessus pour un oui pour un non, il est redevenu bien plus coopérant, et je le sens mieux dans ses baskets.

Il commence à prendre le rythme de l'école. Il lui aura fallu quelques semaines d'adaptation, ce qui est somme toute assez peu, mais que cela m'a semblé long! Nous ne passions plus aucun moment agréable ensemble, c'était crises, punitions, hurlements et pétage de plomb tous les soirs... usant! Bref je savoure le calme retrouvé.

De son côté, Pâquerette m'épate chaque jour par son autonomie grandissante (et elle partait de loin!). Elle ne craint pas les grands troisièmes, prendre le car seule matin et soir est devenue une formalité, elle s'organise bien pour les devoirs. Je suis très fière d'elle. Elle aime le collège, avoir des profs spécialisés chacun dans leur matière, le self, la liberté. Elle était prête pour la sixième.

Le rythme est pris, Charlie apprend chaque jour à être élève de petite section, et Pâquerette est déjà une vraie collégienne. Avec tout ça les vacances se profilent, et nous avons tous hâte car la fatigue se fait ressentir. 

vendredi 26 septembre 2025

Démon

Il faut admettre qu'au bout d'un mois de Petite Section, Charlie a déjà appris plein de nouvelles choses à l'école. Taper dès qu'il n'est pas d'accord. Postillonner partout et exprès. Jeter des objets à travers la pièce à la moindre frustration. Hurler à vous défoncer les tympans.

Je ne reconnais plus mon petit garçon. Certes il a toujours eu du caractère, mais ça restait quand même très gérable. Là clairement il s'est métamorphosé en démon. 

Je sais qu'il prend beaucoup sur lui à l'école, pas facile de rester assis, d'écouter la maitresse, de suivre les consignes. Pas facile de cohabiter soudain avec 26 camarades de 3 et 4 ans, bruyants et survoltés. Pas facile d'avoir son compte de sommeil à la sieste dans un dortoir bondé. 

Donc il est crevé, et moi je morfle. Il décharge tout en rentrant à la maison. Je ne lâche pas mais c'est dur! La moindre demande provoque des crises bruyantes voir violentes. Il est beaucoup puni au coin. Ce qui ne résout rien. J'essaie d'instaurer des routines, de lui faire verbaliser ses émotions, de passer du temps avec lui car il a besoin de sa maman. Mais ce n'est pas magique. 

Bref ce premier mois d'école est très compliqué... Mon moral n'est pas au beau fixe et je ronge mon frein en attendant une amélioration...

J'aimerais retrouver mon petit garçon.

lundi 1 septembre 2025

Jour J

Cette journée spéciale était si attendue et redoutée à la fois!

Il y a un an encore, quand on me parlait du collège, j'étais au bord de la syncope. Mon bébé? Au collège? Avec ces bâtiments où l'on se perd, ces grands gaillards boutonneux, ces filles maquillées, ces profs pas tous sympas, ces sacs à dos pesant une tonne... cet univers me semblait tellement hostile... Et puis Pâquerette a grandi, a mûri. L'année de CM2 nous a bien préparé toutes les deux. Il y a eu une rencontre sportive, la visite du collège, on a lu plein de bouquins sur le sujet aussi. Et cette entrée en 6ème m'a semblé une évidence. C'était le moment, elle était prête. Et moi aussi. 

Quant à Charlie, il était prêt depuis bien longtemps, attendant impatiemment d'aller à l'école pour retrouver son copain de chez nounou, et - je cite - jouer au toboggan et faire du vélo dans la cour. Etant moins nostalgique pour mon deuxième que pour ma première, je me réjouissais plutôt de cette rentrée. Mon quotidien en allait être simplifié. Et c'était signe qu'il grandissait, que le "dur" était derrière nous. J'étais sereine, connaissant le caractère de Charlie, je savais que ça se passerait bien. 

J'ai en plus eu l'immense chance de pouvoir faire un échange avec une collègue également à temps partiel dans mon école, et ainsi de pouvoir les accompagner tous les deux ce matin.

Dès que Pâquerette a vu sur les listes qu'elle était dans la même classe que sa copine de toujours, la tension est retombée. J'ai respiré. Tout allait bien se passer. C'est avec un grand sourire qu'elle est allée se ranger avec ses camarades de classe. Une nouvelle aventure va pouvoir commencer.

Charlie qui avait sagement attendu dans la cour du collège de sa sœur n'en pouvait plus d'impatience quand nous sommes arrivés devant son école. A l'entrée en classe, son copain de nounou lui est tombé dans les bras et lui a fait un gros câlin. Il a rapidement été vivre sa vie dans la classe et tester tous les coins jeux, sans un regard pour ses parents. Et c'est très bien comme ça!

Bref ce fut une rentrée sereine. Maintenant j'ai hâte de les retrouver ce soir pour qu'ils me racontent tout.

dimanche 3 août 2025

3 ans!

Notre petit Charlie a soufflé ses 3 bougies le mois dernier. Il sort officiellement de la toute petite enfance. Il y a quelques jours, nous avons dit aurevoir à sa nounou, non sans émotion j'avoue. Mais en même temps, quelle joie de le voir grandir et faire de nouvelles choses chaque jour! A nous l'école maternelle dans quelques semaines! 

Il est si différent de Pâquerette que j'ai prévenu la maitresse : ça ne sera pas le même modèle.
Sa sœur était si posée, si sage, et avait tellement soif d'apprendre. A l'entrée en petite section (avec 6 mois de plus que lui c'est vrai, car elle est de début d'année), elle connaissait toutes les lettres de l'alphabet, savait compter et dénombrer jusqu'à 15, reconnaitre et écrire son prénom... sans que je n'y sois pour grand chose. J'avais juste répondu à ses demandes.
Elle enchainait les jeux de société et les puzzles, sans bouger de sa petite chaise, sagement, ou passait de longs moments à regarder des livres. Et elle adorait ça! Ça surprenait tout le monde, moi ça me semblait normal, je n'avais pas de point de comparaison dans mon entourage proche. Elle était si calme, si réfléchie, et parlait comme un livre. Elle a toujours fait plus que son âge, et le saut de classe a achevé de la faire grandir trop vite.

Charlie est très différent.
Une boule d'énergie qui court, qui saute, qui crie, qui tombe, qui repart...
Il a soif d'apprendre lui aussi, mais pas les lettres ou les chiffres, ça il s'en fiche complètement. Lui il est dans la vraie vie. Il veut apprendre à jardiner, à bricoler, à faire ses tartines tout seul.
Il est très autonome et débrouillard, sort ses vêtements du placard, s'habille sans aide, enfile ses chaussures... (quand il l'a décidé hein, parce qu'il sait aussi très bien s'opposer...)
Alors que ma grande vit beaucoup dans sa bulle, avec ses bouquins, Charlie est très observateur de la vie de la maison et très aidant. Il aime assister maman dans les gestes du quotidien, dresser la table du petit déjeuner, sortir les vêtements de la machine à laver... Il a toujours une passion pour le bricolage, et sait même utiliser un vrai tournevis. Changer les piles d'un jouet est une de ses occupations favorites!
Il m'épate un peu plus chaque jour par ses idées et ses initiatives.
Il se montre également très sociable, va facilement discuter et jouer avec des enfants, comme des adultes. Il est d'ailleurs très pressé d'aller à l'école pour se faire plein de nouveaux copains. 
Tout le contraire de sa sœur.

Bref, les opposés. Qui sont pourtant si proches et qui rigolent tellement bien ensemble. 

Avoir des enfants si différents a bouleversé plusieurs de mes croyances. Dans un premier temps, ça m'a aidé à relativiser l'influence que nous avons sur nos enfants en tant que parent et à moins culpabiliser. Par exemple, si Pâquerette manquait d'autonomie, ce n'était pas seulement parce que je l'ai couvée comme la maman poule que je suis. C'est aussi parce qu'elle n'a jamais été demandeuse. Enfiler son manteau seule ou mettre ses chaussettes comme une grande, ça ne l'intéressait pas le moins du monde. J'ai été la première surprise de voir Charlie essayer encore et encore de faire seul, sans jamais que ça ne vienne de moi et sans jamais se décourager.

Ce petit Charlie, si plein de vie, si bruyant et si remuant m'a aussi fait devenir plus empathique et plus compréhensive envers les autres parents. Passé la période "nourrisson", Pâquerette a été si facile à vivre, nous avons eu très peu d'opposition, quasiment aucune crise de colère. C'était simple pour moi de croire que notre éducation plutôt "positive", mon attitude bienveillante et à l'écoute avait fait des miracles. Quelle arrogance quand on y pense! C'est sûr que c'est facile d'éduquer un enfant que le moindre froncement de sourcil suffit à faire pleurer. Avec son frère, c'est une autre paire de manches. Je fronce les sourcils, il se marre. J'explique, il s'en fiche. Je me fâche, il continue. Alors il va au coin. Pâquerette n'y a jamais été de sa vie...

Je suis également devenue une meilleure maitresse grâce à lui. J'avoue que malgré moi, j'avais un peu tendance à juger intérieurement certains parents d'élèves. J'avais la croyance chevillée au corps qu'il suffisait de s'occuper correctement de son enfant pour qu'il sache faire ci ou ça. La preuve, ça avait très bien marché avec Pâquerette. Je faisais de ma fille une généralité. 
Sauf que... j'ai essayé de faire avec Charlie tout ce que j'avais fait avec Pâquerette et... ça n'a pas donné le même résultat!

A 2 ans tout pile, j'ai sorti le premier jeu de société estampillé spécial tout petit. Il n'a pas suivi les règles du tout bien-sûr, il n'était pas prêt! Il n'était pas plus prêt à 2 ans et demi d'ailleurs. 
Je lui ai laissé à disposition tous les puzzles que Pâquerette adorait, notamment celui des lettres qu'elle connaissait par cœur à son âge. Il n'a jamais placé plus de 3 lettres, ça ne l'intéressait pas. Je lui ai acheté des crayons, des feuilles, un tableau... il s'en moque. Il fait trois gribouillis et c'est terminé. Sa bibliothèque est tout aussi remplie que celle de sa sœur, pour autant, il n'a pas remarqué que T'choupi s'écrivait avec un T comme Tata. Et c'est normal! Il suit son rythme (qui est plus proche de la norme que celui de sa sœur d'ailleurs...), il a son caractère, ses passions, ses envies. Il n'est pas Pâquerette. Et c'est très bien ainsi.

Contrairement à ce que j'ai souvent cru, il ne suffit pas de créer un environnement propice pour qu'un enfant s'intéresse à la lecture, aux puzzles, ou sache rester assis à écouter sagement la consigne. Chaque enfant est différent. Je le savais en théorie mais là je le vis en pratique. Et ça remet bien les pendules à l'heure. 

Bref, mon fils fait de moi une meilleure personne. 
Et surtout, il comble mon cœur de maman chaque jour.

Joyeux Anniversaire petit Charlie!

jeudi 18 avril 2024

Petit garçon

C'est fou comme je ne vis pas du tout la petite enfance de Charlie comme j'ai vécu celle de Pâquerette.

Mon ainée a poussé tellement vite! En taille, en maturité. Les inconnus la prenaient toujours pour plus âgée qu'elle n'était. Et plus elle grandissait, plus elle faisait grande, et plus j'avais envie d'arrêter le temps. Je savais que ça irait vite et je voulais vraiment profiter de chaque seconde, tellement consciente qu'il n'y aurait peut-être jamais de petit deuxième. A chaque nouvelle étape, chaque nouvel apprentissage, ma joie se teintait de nostalgie... c'était un peu de mon bébé qui partait...

Petit Charlie grandit lui aussi. Moins vite que sa sœur en taille, ça c'est sûr, mais depuis quelques semaines, il a beaucoup évolué, et ressemble de moins en moins à un bébé. Ses premiers mois ont été tellement difficiles, que je savoure pleinement toutes ces nouvelles choses qu'on peut maintenant faire avec lui. Il comprend tout et parle de plus en plus. Et surtout, nous on le comprend!

Avec le recul je m'aperçois que je suis incapable de me sentir totalement sereine avec un nourrisson. Cette incapacité à le comprendre, ces pleurs indéchiffrables, cette impuissance à les calmer, me plongeaient dans une angoisse perpétuelle. Pour mettre un peu d'ordre dans tout ce chaos, je respectait à la lettre une routine, qui pouvait très bien se révéler inefficace, alors qu'elle avait été fructueuse la veille... D'où un sentiment immense de frustration... 
Et cette hyper dépendance, qui me rendait totalement esclave... Je veux tellement ce qu'il y a de mieux pour mes enfants. Et longtemps le mieux, pour bébé Charlie, ça a été d'être collé H24 sur maman. Sauf que ça, ça ne me convenait pas à moi. Mais c'était ce dont il avait besoin. Alors je faisais de mon mieux. Mais punaise que c'était dur!

Aujourd'hui, Charlie passe son temps à causer et à rigoler, un vrai rayon de soleil. Et quand il pleure ou se met en colère, je le comprends, je sais pourquoi, et je sais répondre à ses besoins. Je suis toujours là quand il a besoin d'un câlin, et j'adore ça. Mais j'adore aussi jouer aux Duplo, faire des bulles, des puzzles, lire des histoires, cuisiner... et toutes ces choses nouvelles qu'on peut faire ensemble. Partager des moments privilégiés tous les deux, ou à trois avec Pâquerette, c'est tellement chouette.

Et là je sais que je réponds à ses besoins, mais sans que ça n'empiète (de trop) sur les miens. Aujourd'hui je dors (à peu près...) bien la nuit. Je peux manger mon repas assise du début à la fin. Je peux (parfois, ça ne marche pas à tous les coups) m'accorder une pause de 10 minutes dans le canapé, pendant que Charlie joue à côté de moi. Il est capable de patienter quelques instants, le temps que je termine quelque chose. Et pour rien au monde je ne reviendrai en arrière, c'est tellement mieux maintenant! 

Et, loin de vouloir arrêter le temps, je m'émerveille chaque jour de ses progrès.

Bref, du haut de ses 21 mois, petit Charlie devient un petit garçon. Et ça, c'est le bonheur!

vendredi 5 janvier 2024

Magna

Le temps file entre mes doigts, mais je prends le temps, aujourd'hui, de laisser une petite trace de notre quotidien.

Le temps libre est un luxe rare quand on gère une maison et des enfants quasiment en solo. Les vacances ne sont que peu reposantes car mon homme travaille tout le temps, et j'ai presque toujours Pâquerette et Charlie avec moi. Heureusement, mon ainée part souvent quelques jours chez les grands-parents, ce qui me fait un semi-repos. Quand bébé fait la sieste, j'ai alors du temps pour me reposer, sans ma grande fille demandeuse de faire des activités et donc sans culpabilité. Le lundi, c'est mon jour "off", et bébé va chez nounou la demi-journée. Ce qui me permets de caser mes propres rdv médicaux, de travailler pour ma classe, et de me reposer un peu.

Une ou deux heures très précieuses pour conserver un semblant d'équilibre dans cette course infernale qu'est devenue ma vie. Je l'ai voulue, je l'ai souhaitée, je l'ai rêvée, cette vie bien remplie. Je l'avoue, je n'imaginais pas que ça serait si dur. Tout était tellement calme et tranquille quand nous n'étions que trois, avec une Pâquerette grande et raisonnable. Si calme que je commençais à m'ennuyer et me sentir inutile... et bien là je peux vous le garantir, je ne me sens pas inutile!

Deux fois plus de tâches pour faire tourner la maison, deux fois moins de temps pour le faire avec un bébé très demandeur, et deux fois moins d'énergie à cause des nuits pourries, ça donne une maman épuisée et qui court tout le temps. Le linge, le ménage, les courses, les repas, les devoirs de la grande, les bêtises du petit, les rdv médicaux multipliés par deux, les virées à la pharmacie multipliées par deux aussi... Oui car je n'ai pas choisi la facilité, avec des enfants qui ont tous les deux un suivi médical et des traitements à renouveler très régulièrement. Et avec un conjoint qui ne peut pas beaucoup m'épauler.

Ajoutez le boulot par là-dessus, avec le travail de préparation à la maison, et un directeur qui me presse comme un citron... et vous obtenez une maman toujours sur le fil. Il suffit alors d'un rien, une chambre en désordre, un bébé qui ne veut pas dormir (ça, c'est souvent le déclencheur) pour que la maman patiente et souriante se transforme en dragon... Je crie. Je m'en veux d'avoir crié. Je me sens mauvaise maman. La spirale... 

Heureusement, il n'y a pas que les coups de mou. Il y a aussi tous les bons moments, le bonheur de voir mes enfants grandir ensemble, rire ensemble, devenir chaque jour plus complices. Pâquerette qui se métamorphose en grande fille (bientôt 9 ans!), qui est tellement patiente et mignonne avec son petit frère. Charlie qui a fêté ses 18 mois hier, et qui fait une chose nouvelle par jour ou presque! Depuis Noël, il galope fièrement sur ses deux jambes, et il cause de plus en plus. Même s'il aura tout oublié l'an prochain, il a très bien compris le principe du Père Noël et des "cacos", c'était adorable de le voir déballer ses paquets et s'émerveiller devant les lumières. Il est toujours aussi fan de sa sœur, qu'il appelle "Magna", on ne sait pas pourquoi. J'ai vu qu'en espagnol, ça signifiait "grande" et "importante". J'ai trouvé ça chouette.

Je prends des photos, j'essaie de prendre des notes, je compile toutes ces premières fois, qui deviendront de précieux souvenirs. Comme je l'ai fait pour Pâquerette quand elle était bébé, même si j'ai moins de temps. Je sais que même si je cours partout, ce sont de belles années, et qu'il faut en profiter. Alors je m'y emploie chaque jour, entre deux panières de linge à plier et une table à débarrasser. Je laisse tout en plan, et je m'assois par terre pour jouer avec mes enfants. Parce que c'est ça le plus important.

mardi 15 août 2023

Petits morceaux de bonheur

Avant que le tourbillon de la rentrée ne m'emporte, il faut que je prenne le temps de venir poser par écrit tout ce que je ne veux pas oublier. Les joies comme les peines. La vie. Notre vie à 4.

Au début de l'été, nous avons fêté les 1 an de bébé Charlie. Depuis, il n'a cessé de faire de nouvelles choses. Se mettre assis, puis debout, dans la même semaine! Le quatre pattes est ensuite arrivé, et il passe son temps à grimper partout. Les premiers mots s'esquissent, timides, les fameux "Papa" et "Maman" tant attendus. Bébé se fait maintenant clairement comprendre, en pointant du doigt et à grand renfort de cris et de mimiques. Il fait aussi quelques signes, comme "manger", "écoute", "musique"... Petit Charlie a plusieurs passion : les clés, qu'il utilise comme tournevis (on l'appelle Jo la Bricole!), et sa grande sœur, qui a droit à d'innombrables câlins et aux plus beaux sourires. 

Côté santé, l'asthme est toujours là donc on continue le Seretide en aérosol, et les traitements pour le RGO. On réintroduit petit à petit les PLV, et ça se passe bien. Les couchers sont dans l'ensemble, plus apaisés. Et les nuits, entières, que ça fait du bien! En journée, nous avons un bébé souriant, qui explore son monde et rigole beaucoup. Un petit rayon de soleil! 

Pâquerette est une grande sœur aux petits soins, et qui adore faire le clown pour entendre son petit frère rire aux éclats. Sa maladie est toujours stabilisée, elle n'a plus de douleurs. C'est aujourd'hui une grande fille de 8 ans et demi en pleine forme, toujours le nez dans les bouquins, passionnée d'animaux et qui ne cesse de parler, tout le temps tout le temps tout le temps. Elle entre en CM1 à la rentrée. Déjà! 

On ressort pour bébé des jouets qui étaient à elle, et c'est génial de les voir jouer ensemble. J'ai tellement cru que tout ça ne resservirait jamais!

Seule grosse ombre au tableau, l'état de santé de mon homme, qui ne cesse de se dégrader. A de très fortes douleurs s'ajoute une impossibilité grandissante d'utiliser son bras droit. J'attendais qu'il aille mieux pour qu'il puisse prendre parfois le relais avec Charlie. Je n'attends plus, ce n'est plus du tout à l'ordre du jour. Porter un bébé asticot, l'habiller, le changer, le nourrir, avec un seul bras et des douleurs intenses, c'est très compliqué. Et je ne parle même pas de plier la poussette ou le lit parapluie puis de les porter dans le coffre. Alors je gère. Le quotidien est parfois lourd, dans tous les sens du terme, mais je n'ai pas le choix. 

J'ai la chance de ne pas souffrir 24h sur 24, ce qui est malheureusement le cas de mon homme. Travailler, même depuis la maison, est devenu extrêmement difficile pour lui. Il est actuellement en arrêt maladie. Forcément, le moral n'y est pas. La peur de l'avenir flotte autour de nous. Mais on essaie de vivre le moment présent. 

Prendre chaque jour les petits morceaux de bonheur.

mardi 4 avril 2023

9 mois

J'ai touché le fond fin janvier, quand mon homme est parti à l'hôpital pour se faire opérer. 15 jours d'hospitalisation suivis de mois de rééducation l'attendaient. J'étais déjà sur le fil depuis la naissance de Charlie, naviguant à vue dans un état d'épuisement physique et émotionnel avancé. Et je me suis retrouvée seule à tout gérer. Pendant cette période, bébé me faisait 6, 7, 8 réveils par nuit... je cumulais les nuits blanches, m'épuisant à le bercer. La journée je faisais des aller retour à l'hôpital, morte d'inquiétude, et faisant la forte pour soutenir mon homme, qui n'allait pas bien. Le soir il fallait encore plaquer un sourire sur mon visage pour rassurer Pâquerette. Assurer la bonne marche de la maison. Les courses, les repas, le rangement, avec un bébé malade continuellement et qui ne me laissait aucun répit. La reprise de l'école se profilait, je n'arrivais pas du tout à préparer ma classe. Je passais mon temps à pleurer, au bout du rouleau. J'ai fini par faire une mastite carabinée et un soir à 23h, je n'arrivais plus à me lever de mon lit. Du tout. Et là je me suis sentie très seule. J'ai appelé ma mère au secours pour qu'elle vienne m'aider à gérer la nuit avec Charlie. 

Mon médecin m'a retrouvée dans un état déplorable. J'avais 9 de tension, des palpitations, et je ne tenais pas debout. Dépression Post Partum. Il n'était pas question que je reprenne le travail dans ces conditions. Elle m'a mise en arrêt maladie. L'objectif était de mettre Pâquerette à l'école, Charlie chez nounou, et de DORMIR. Ce que j'ai fait. Au début, je faisais même des siestes matin et après-midi, pour éponger toute cette fatigue nerveuse et physique.

Depuis, je remonte la pente tout doucement. Charlie grandit, et même s'il est constamment malade, il dort mieux. Les journées au calme me permettent de souffler, et je suis beaucoup plus disponible pour mon bébé le soir, beaucoup plus détendue, beaucoup plus apaisée. J'ai quand même réussi à me faire une tendinite à force de porter mon bébé patate. Car mon homme ne peux toujours pas le porter et donc quasiment rien faire avec lui. Ce qui signifie beaucoup de pression pour moi, mais heureusement quand il est chez nounou je peux souffler.

Peu à peu on trouve un nouvel équilibre à quatre. Bébé Charlie a pris sa place. Quand le RGO le laisse tranquille, c'est un bébé souriant et qui aime rigoler. Il commence à babiller, et se déplace en rampant. Il tisse chaque jour une relation plus forte avec sa grande sœur qu'il adore. Les voir jouer et rire tous les deux, c'est ma plus belle récompense. 

Mais que cette dernière année aura été compliquée! Entre ma fin de grossesse difficile, l'accouchement cata, l'opération de mon homme et les premiers mois avec bébé, un vrai tsunami! 

Aujourd'hui, Charlie est avec nous depuis 9 mois! Joyeux moisiversaire mon bébé!

lundi 16 janvier 2023

Pour une petite cuillère

On ne fait pas un deuxième enfant pour "réparer" ce qu'on n'a pas vécu ou mal vécu avec le premier.
Mais quand même.
Naïvement, j'espérais que l'arrivée de petit Charlie serait plus douce que celle de Pâquerette. 
Raté. 

L'accouchement a été tout aussi catastrophique, dire que certaines parlent du plus beau jour de leur vie. Erreur médicale dans les deux cas, énormément de souffrances, d'angoisses, et à chaque fois je n'ai pas pu m'occuper de mes bébés comme j'aurais aimé pouvoir le faire. Ça restera un éternel regret, car il n'y aura jamais d'autre accouchement. Et tant mieux, je suis traumatisée.

La première année de Pâquerette avait été si compliquée, entre son RGO, son angiome ulcéré, les opérations, les médicaments, un bébé très inquiet qui ne dormait que sur moi... Je me disais que ça ne pourrait pas être pire avec Charlie.

Effectivement ce n'est pas pire. Mais ce n'est pas mieux. Mise en place de l'allaitement difficile, torticolis donc suivi kiné, gros RGO pour lui aussi (comique de répétition) puis quand j'ai enfin récupéré un bébé apaisé, bronchiolite n°1 suivie de bronchiolite n°2, et pour finir un diagnostique d'asthme du nourrisson. Un traitement de fond (un de plus!) mis en place, bonjour le Flexotide! 

Nous avons découvert ce week-end un des effets secondaires de ce médicament... un bébé très très énervé, surtout le soir. Les nuits n'étaient déjà pas faciles, en gros ça fait 6 mois que je n'ai pas fait une nuit complète, mais au moins depuis quelques temps les réveils étaient plus courts, et bébé plus facile à rendormir. Dix petites minutes de bercements, ou une tétée de 20/30 minutes et hop au dodo. Maintenant c'est jusqu'à deux heures qu'il nous faut pour rendormir notre petit insomniaque! Complètement agité, il pose sa tête contre nous comme pour s'endormir, mais très vite la retire, bat l'air de ses mains, nous agrippe, nous griffe... complètement surexcité. 

Nous sommes censés lui donner ce traitement tout l'hiver. Joie.

Et moi je suis à la limite de l'hôpital psychiatrique. Ou de la prison, c'est selon, tellement j'ai envie de le jeter par la fenêtre. 

La nuit de vendredi à samedi a été particulièrement horrible, avec un bébé qui a dormi par tranches de 30 minutes jusqu'à 2h30. Puis plus du tout pendant 2h. En me recouchant à 4h30, j'étais tellement épuisée et à bout de nerf que je n'ai pas réussi à me rendormir, préférant me tourner, me retourner, et broyer du noir. Dire que la reprise du boulot approchait, mais comment j'allais faire pour survivre? Puis je me suis mise à avoir faim, n'ayant pas mangé grand chose la veille au soir.

A 5h30, je me suis dit que je n'arriverais pas à dormir un tant soit peu si je ne mangeais pas quelque chose. Je me suis donc levée et, à tâtons, et surtout en faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Charlie enfin endormi, j'ai grignoté quelques amandes, et sorti un yaourt du frigo. Mais j'avais beau fouiller et farfouiller dans le tiroir le plus doucement possible, pas moyen de trouver une petite cuillère. J'ai allumé la lumière pour m'apercevoir qu'il n'y en avait plus.

Et c'est bête, mais j'ai fondu en larmes. Pour une petite cuillère. Ou plutôt pour tout ce que je viens de vous raconter. J'ai sangloté toute seule, en mangeant mon yaourt avec une cuillère à soupe, au milieu de la nuit. 

Dormir. J'ai juste besoin de dormir.

Oui, un jour ça passera. Mais pour le moment, franchement, c'est dur.

mercredi 7 décembre 2022

La vérité vraie (2)

A cet abîme de fatigue dans lequel je suis tombée il y a cinq mois, s'ajoute une pression immense que je n'avais pas anticipée le moins du monde. A avoir tant attendu ce petit bout, à m'être tant battue pour obtenir cette grossesse, je pensais naïvement qu'une fois l'accouchement derrière moi, le plus dur serait passé, et que j'allais tout gérer d'une main de maître. 

Sans prise de tête. Tout en décontraction. Je m'imaginais très bien, donnant la tétée tout en jouant avec Pâquerette, préparant le repas avec bébé en écharpe, allant me promener avec ma grande en trimballant bébé partout. C'était un deuxième, il allait suivre le mouvement voilà tout. Tant pis si bébé a une sieste ou un repas décalé après tout. Je m'étais bien trop pris la tête pour Pâquerette. Je m'imaginais en mère bohème et décontractée. 

Exactement ce que je ne suis pas. En analysant un peu mes difficultés, je me suis aperçue que je me collais la pression toute seule. Et que c'était plus fort que moi, on ne me referait pas. Qu'il fallait l'accepter. Quand j'endosse le rôle de maman, c'est tellement à 100%, qu'à chaque minute, chaque seconde, je veux que bébé soit bien. Qu'il n'ait pas faim. Ou chaud. Ou froid. Qu'il ne pleure jamais. Qu'il soit toujours soit en train de dormir paisiblement, soit en train de manger tranquillement, soit en train d'être en éveil de qualité, c'est à dire avec quelqu'un (le plus souvent moi) qui le couve du regard, lui parle, joue avec lui... 

Or, je vais l'écrire en gras pour bien me mettre ça dans la tête, c'est impossible. Il y a forcément des instants au cours de la journée où bébé est inconfortable, et je n'y peux rien. Avec Pâquerette, ces moments étaient forcément limités car je n'avais qu'elle à m'occuper. Je me douchais en trois secondes chrono, avec le transat dans la salle de bain bien sûr, et sans cesser de lui parler. J'avalais une tranche de jambon et une banane le midi et hop le repas était fait. Je ne me posais jamais, ne pensais qu'à elle, toujours.

Et même si maintenant elle est grande, j'ai toujours fait en sorte, depuis presque 8 ans, d'être cette mère ultra disponible. Sans en avoir conscience particulièrement. C'était ça pour moi, être maman.

Sauf que l'arrivée de bébé Charlie a complètement changé la donne. Je ne peux pas me dévouer à 100% pour lui et en même temps, à 100% pour Pâquerette, c'est mathématiquement impossible. Il y en a toujours un qui doit renoncer (souvent ma grande fille) ou patienter. Et que c'est dur, mais que c'est dur! 

La première fois que Pâquerette a eu un chagrin et que j'étais en pleine tétée, je n'ai pas pu la prendre dans mes bras. C'était pour une broutille, mais ça a été d'une violence inouïe pour mon cœur de maman. Elle s'est blottie contre moi, mais ce n'était pas pareil, le coussin d'allaitement nous séparait. 

Je m'étais imaginé tout ce que je pourrais faire avec elle en même temps que donner la tétée, mais je n'avais pas pensé à tout ce que je ne pourrais pas faire. Lui faire sa couette le matin. Remplir et découper le billet d'absence pour l'école. Jouer à de nombreux jeux de société. L'aider à chercher ce bricolage super important qu'elle a égaré. Aller admirer sa construction en Lego dans sa chambre. C'est un fait, je ne peux plus être la même maman pour Pâquerette. 

Comme je ne peux pas être, pour Charlie, la même maman que j'ai été pour Pâquerette. Je dois interrompre sa sieste pour aller chercher sa grande sœur à l'école. Il doit patienter pendant que je prépare à manger, car je ne peux pas juste servir une tranche de jambon et une banane à une grande fille en pleine croissance. Des fois il râle un peu sur son tapis d'éveil, parce que je prends le temps de passer un moment de qualité avec Pâquerette. 

Bref, on dit que l'arrivée du deuxième enfant est plus facile à gérer que le premier. Me concernant, je ne suis pas du tout d'accord. Car avoir deux enfants, c'est devoir choisir sans arrêt, à qui on va donner de l'attention en premier, et qui on va faire patienter. Ce n'est pas forcément négatif. Pâquerette a l'âge d'être autonome sur beaucoup de choses maintenant, elle ne pourra pas être tout le temps dans les jupes de maman. Et Charlie va apprendre dès le début à partager.

C'est pour moi que c'est difficile en fait, c'est moi qui doit apprendre cette nouvelle façon d'être maman. Et sans m'oublier complètement sinon je ne tiendrai jamais le choc. Vaste programme!

vendredi 25 novembre 2022

La vérité vraie (1)

Deux mois que je n'ai pas écrit. Par manque de temps d'abord, mais aussi par gêne. Les dix ans consacrés à fonder notre famille et cette chance immense d'y être parvenue, me retenaient de dire le fond de ma pensée. A l'heure où tant de copines d'infortune rêvent de tenir enfin leur bébé dans les bras, je trouvais ça déplacé, et même irrespectueux de raconter la réalité de ce qui se passe dans ma vie, dans mon corps, dans ma tête.
Or sur ce blog j'ai toujours été très honnête, je n'ai jamais joué un rôle. Alors se pose à moi un dilemme. Soit je joue le rôle de celle pour qui tout va bien et qui nage dans le bonheur au sein de sa famille au complet. Et ce blog n'est plus qu'une coquille vide. Soit je dis la vérité. Comme je ne suis plus tellement lue, et que mes écrits me servent surtout à vider mon sac et à mettre un peu d'ordre dans mes pensées, aujourd'hui j'ai choisi la deuxième option. En espérant ne froisser personne.

Bébé Charlie a 4 mois et demi. C'est un bébé tout en rondeur, très potelé et, forcément, très mignon. Je fonds à chacun de ses sourire, je deviens guimauve quand je vois la relation qu'ils tissent avec sa grande sœur, je suis complètement gaga dès qu'il fait quelque chose de nouveau. Mais ce n'est pas de ça dont je vais vous parler aujourd'hui. 

Aujourd'hui, je veux vous parler de cet épuisement, cet abime de fatigue dans lequel je suis plongée depuis sa naissance. Je n'avais jamais connu ça. Jamais. Pourtant ça n'avait pas été tout rose avec Pâquerette, mais j'avais davantage d'énergie à l'époque. Je suis maintenant plus vieille de 8 ans, et j'ai un passé de PMette qui a énormément puisé dans mes réserves. 
Et puis il y a eu ma grossesse difficile, la césarienne ratée, l'anémie qui a suivie, la mise en place de l'allaitement très compliqué, et un retour à la maison sous canicule, avec un bébé qui tétait presque non stop.

A l'heure actuelle, mon corps ne s'est pas remis de tout ça. Bébé Charlie est très lourd (presque 8 kilos à 4 mois) et, avec son reflux, très demandeur forcément. En journée, il dort exclusivement en poussette ou en écharpe de portage, je peux passer cinq à six heures par jour à le porter, c'est un sport à temps plein. Je suis lessivée. J'avais pris 15 kilos pour ma grossesse, à l'heure actuelle, j'en ai reperdu 18... Jusqu'à il y a peu, bébé ne faisait pas ses nuits, et dormir par tranches de 2 ou 3h (au mieux!) ne me permettait pas de récupérer. J'étais littéralement à bout de force, il y a des jours où je me demandais comment j'allais continuer. Comment j'allais faire pour ne pas le lâcher, le laisser tomber, tellement mes bras réclamaient une pause. Comment j'allais survivre une journée, une nuit de plus. J'étais passée en mode survie. 

Et puis, il y a une quinzaine de jours, miracle, Charlie s'est mis à enchainer 6, 7, voir parfois 8h heures de sommeil. Ses nuits sont encore anarchiques, il peut faire un réveil une nuit, trois réveils le lendemain, puis aucun le surlendemain. Mais déjà, ça va un peu mieux. Et j'ai eu l'impression de redevenir un être humain. Car je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Devant les gens, je donnais le change, mais à l'intérieur, j'étais en miettes. Physiquement et émotionnellement. J'avais mal partout, j'étais incapable de me concentrer, à tout heure du jour et de la nuit, je ne rêvais que d'une chose : me rouler en boule dans mon lit et dormir. Dormir, dormir... Le manque de sommeil, c'est une réelle torture. 

Bref, depuis quelques jours, ça va mieux. Mais la fatigue cumulée ces derniers mois ne s'est pas envolée comme par magie. Il faudra encore de longs mois pour que je me remette complètement je pense. Surtout qu'à cette fatigue s'ajoute une pression immense... 

mercredi 21 septembre 2022

RGO

Trois petites lettres que j'aurais préféré oublier... On avait déjà assez donné avec Pâquerette. Il faut croire que non puisque cette saloperie de reflux a décidé de venir embêter aussi bébé Charlie. Au programme des réjouissances : un bébé douloureux, qui pleure beaucoup plus, et qu'il devient impossible d'endormir en journée. Des soirées en enfer, à devoir le bercer en marchant pendant des heures. Sachant que du haut de ses 2 mois et demi, il pèse déjà 6,2kg... ça tire sur les bras et le dos de maman. J'ai bien cru que j'allais finir par m'écrouler de fatigue et de douleur, jusqu'à ce qu'une gentille kiné me dise "Ça ressemble bien à un reflux quand même!" Je ne m'étalerais pas sur ma culpabilité de n'avoir rien vu, rien compris. Pour ma défense, le RGO de Charlie ne se manifeste pas de la même façon que pour sa grande sœur à l'époque...

Depuis on est passés en mode anti-reflux. On a tout incliné (lit, parc...), je garde bébé à la verticale le plus possible après les tétées, et en journée je ne cherche même plus à essayer de l'endormir pour le poser allongé. C'est écharpe de portage directement. Elle me sauve mes bras, mon dos, et ma santé mentale cette écharpe. Je fais tout avec. Préparer le repas, manger, faire un jeu avec Pâquerette, faire des siestes semi assise, écrire cet article... Le médecin nous a prescrit du Gavison... Gaviscon mon ami, avec son goût de banane chimique... il ne m'avait pas manqué. Avec tout ça, ça va un peu mieux, mais ça reste très fatigant d'avoir un bébé collé à soit non stop de 7h à 22h... 

J'avoue que je suis au bout du rouleau. Je me suis mise en mode survie, chaque jour passé est un jour de gagné. Je suis impatiente que bébé commence la diversification, commence à s'asseoir, pour que cette saloperie de RGO disparaisse... Et je trouve tellement dommage de ne pas réussir à profiter pleinement des premiers mois...

dimanche 4 septembre 2022

Baby blues

Après bien des aventures et des années d'attente et de sacrifice, mon rêve venait donc de se réaliser. J'étais rentrée à la maison avec petit Charlie, et nous étions enfin réunis tous les quatre. La famille était au complet.

J'aurais dû être la plus heureuse du monde.

Et il n'en était rien. 

J'ai hésité à écrire ces lignes, pétrie de honte et de culpabilité. Mais je me dis d'abord que mon blog n'est presque plus lu, et ensuite que je me dois d'être transparente et sincère...

Je dois avouer que les premières semaines ont été très difficiles. Je pleurais tous les jours. Epuisée par mon accouchement catastrophe et le rythme avec un nouveau né. Et pleine de culpabilité envers Pâquerette, avec qui je ne pouvais plus partager aucun moment. Elle m'avait terriblement manqué pendant cette semaine de séparation et j'avais hâte de la retrouver, de recréer le lien. Or je ressentais comme une cassure. Comme si j'avais perdu ma fille. Elle se montrait très distante, j'avais l'impression qu'elle n'était plus comme avant, que notre lien avait changé et qu'on ne retrouverait jamais notre complicité. Un vrai chamboulement dans notre relation si exclusive et particulière.

Je n'assume pas du tout ce que je vais écrire mais... au fond j'en voulais un peu à bébé Charlie, qui venait chambouler notre vie. Je lui en voulais de me séparer de Pâquerette, de m'accaparer 24h/24 avec ses besoins de téter, d'être bercé, de ne dormir que dans nos bras... Et bien sûr, je culpabilisais de lui en vouloir. Comment en vouloir à ce petit être innocent, qui n'avait rien demandé?

Alors s'ajoutait une troisième culpabilité. L'impression de me trahir moi-même, de trahir la PMette que j'étais et par extension toutes mes copines d'infortune. De quel droit je pouvais être si mal, de quel droit je pouvais me plaindre, alors que j'avais la chance d'avoir eu un petit garçon en pleine santé?

Cette tempête d'émotions et la fatigue cumulée faisait que je n'étais pas patiente pour un sou avec Pâquerette. Et alors que je rêvais qu'on se rapproche toutes les deux, c'est le contraire qui se produisait. Elle-même ne savait plus trop où était sa place je pense, face à ce petit Charlie si accaparant et cette maman dépassée. Heureusement, mon homme compensait, mais c'était douloureux de les voir jouer ensemble, alors que moi j'allaitais 24h/24 ou presque... J'ai beaucoup pleuré, coincée sur mon canapé avec bébé, pendant qu'ils rigolaient tous les deux dans la piscine. Ma fille me manquait.

La canicule n'a clairement pas aidé. Nous sommes restés bloqués à la maison, volets fermés, pendant deux semaines... une éternité. Impossible de prendre la poussette pour aller faire un tour en cas de bébé hurlant. Impossible de se poser sur la terrasse pour prendre l'air (quel air?). Le manque de luminosité ne m'aidait pas à sortir de la déprime dans laquelle je m'enfonçais... J'ai failli lâcher l'allaitement mais j'ai tenu bon, me rappelant à quel point j'avais regretté d'avoir dû arrêter pour Pâquerette. 

J'ai tenu bon et j'ai attendu que la tempête passe. 

Et petit à petit, elle est passée. Bébé Charlie a commencé à dormir un peu plus, téter un peu moins. J'ai été un peu moins crevée, j'ai pu passer quelques moments privilégiés avec Pâquerette. Son petit frère étant de plus en plus éveillé, elle a commencé à s'y intéresser davantage, à jouer de plus en plus son rôle de grande sœur. Tout doucement chacun trouve sa place dans notre nouvelle famille. 

Aujourd'hui, Charlie a 2 mois. Il commence à faire des siestes dans son lit et se réveille moins la nuit. Je revis. J'ai l'impression d'avoir retrouvé ma fille. De m'être retrouvée aussi. Je tisse chaque jour un lien plus fort avec mon bébé si souriant. Et même si ce n'est pas rose tous les jours, nous sommes en train de trouver un nouvel équilibre tous les quatre. 

Et je suis heureuse. 

dimanche 28 août 2022

L'accouchement (2)

Après un passage en salle de réveil, j'ai pu rejoindre mon homme et petit Charlie dans notre chambre d'hôpital. Le plus dur était passé, ne restait plus qu'à faire connaissance avec ce petit bout tant attendu. Enfin, c'est ce que je croyais...

Mais il était écrit qu'aucun de mes accouchement ne pourrait se passer simplement...

J'ai eu des douleurs abdominales assez fortes dans la nuit, puis toute la matinée du mardi, sans trop m'alarmer, me demandant si j'étais trop douillette. "C'est normal que vous ayez mal madame, vous avez eu une césarienne." Certes.

En début d'après-midi, ça s'est aggravé rapidement, je souffrais énormément. J'ai passé plusieurs heures à pleurer, accrochée à la barrière du lit... Honnêtement j'ai eu plus mal durant cette journée-là que pour mon accouchement entier pour Pâquerette... et pourtant ça n'avait déjà pas été une partie de plaisir... J'étais incapable de m'occuper de mon bébé, je ne le voyais même plus, gardant les yeux fermés, complètement coupée du monde par la douleur qui m'irradiait.

Enfin on a pris mes douleurs au sérieux, et envoyée passer un scanner aux urgences. Qu'il était loin ce scanner, le trajet en lit d'hôpital m'a semblé infini, j'essayais de rester digne, mais je grimaçais de douleur à chaque secousse. Je ne parle même pas du moment où ils m'ont transféré de mon lit à la table, et inversement...

Le scanner a révélé que j'avais un gros hématome au niveau du muscle péritoine. Ils avaient sectionné un vaisseau sanguin en me faisant la césarienne, et depuis un jour et demi, ça saignait dans mon ventre... Il fallait me rouvrir...

Je suis donc repassée sur le billard en urgence, sous anesthésie générale. Mon passage en salle de réveil a été très long et je ne suis remontée dans ma chambre qu'à 23h. Mon homme s'est fait un sang d'encre. Je n'avais pas vu mon bébé depuis si longtemps, je rêvais de m'en occuper, mais j'en étais encore incapable, perfusée de partout, sous oxygène, et surtout complètement amorphe. J'avais perdu tellement de sang qu'on a du me transfuser... 

J'ai mis plusieurs jours à m'en remettre. Heureusement mon homme a assuré, ainsi que le personnel soignant. Ils géraient les couches, l'habillage de bébé, et me le passaient dans mon lit pour la tétée. Avec toutes ces péripéties, l'allaitement a mis longtemps à se mettre en place, et bébé a perdu beaucoup de poids. Il fallait que je le mette au sein un maximum. Il se fatiguait vite, les tétées duraient une heure et il fallait beaucoup le stimuler. Après la tétée on lui donnait un complément de lait industriel avec un DAL. Puis je devais tirer mon lait, le plus possible, nuit comprise. Et ça toutes les 2 à 3 heures. J'étais complètement exténuée... 

Je suis restée plus longtemps à la maternité, une semaine sans voir Pâquerette, que ça a été difficile. Le samedi, comme j'allais un peu mieux, son papi l'a amenée sur le parking devant l'hôpital pour qu'on puisse se voir. J'étais si impatiente, mais me trainer dans les couloirs a été bien difficile, je me suis assise plusieurs fois. Et enfin je l'ai vue, et j'ai fondu en larmes. Ma grande fille. Qu'est-ce qu'elle m'avait manqué.

Je ne savais pas encore que je rentrerai le lendemain. La vie à 4 allait pouvoir commencer...

vendredi 29 juillet 2022

L'accouchement (1)

Nous étions vendredi premier juillet, à quelques jours de mon terme, et je venais encore de faire une virée de contrôle aux urgences pour une suspicion de pré-éclampsie... 
Ce jour-là je suis tombée sur LA toubib. A l'écoute, empathique, qui a pris le temps de lire mon dossier et m'a demandé "Mais, vous accouchez comment?"
Par voie basse, ai-je répondu. 
"Ah, bon? Parce qu'avec ce que vous avez eu à votre premier accouchement, une césarienne programmée aurait tout à fait pu être envisagée. Vous avez quand même eu une déchirure complète du périnée. Vous risquez des séquelles (incontinence... je n'entrerai pas dans les détails...) Mais habituellement une césarienne programmée se fait plutôt 15 jours avant terme, là on est un peu justes sur les délais..."

Sur le coup, j'ai été en colère, car depuis des mois j'avais rencontré plusieurs médecins, justement pour me positionner sur l'accouchement, et aucun n'avait été aussi clair. Je m'étais donc préparée à l'idée d'accoucher par voie basse. Et là, à 10 jours de mon terme, je tombe sur un médecin qui dit clairement les choses. Et ça change tout! 
"Je vous laisse le week-end pour réfléchir, si vous voulez une césarienne vous revenez lundi matin, à jeun. Ça sera moi, je vous la ferai."
Je suis rentrée toute chamboulée, mais rapidement la décision s'est imposée à moi. J'avais trop peur des séquelles. J'étais trop traumatisée par mon premier accouchement catastrophe. Une césarienne programmée, contrôlée, dans la sérénité, sans stress, me semblait être la meilleure option pour bébé et moi.

C'est ainsi que lundi matin, nous sommes partis avec mon homme pour accueillir notre petit Charlie. J'avoue, ça faisait bizarre. En plus, je n'étais pas prévue dans le planning, je n'avais que la parole du médecin de vendredi, il a fallu expliquer, patienter, un peu de stress, mais finalement j'ai rapidement été installée en chambre, puis je suis partie au bloc pour rencontrer notre petit miracle. 

La césarienne s'est très bien passée. Moi qui ai beaucoup de mal avec les gestes médicaux, je suis fière de moi car j'ai réussi à me mettre dans ma bulle, le bloc froid, les instruments alignés soigneusement, la valse des médecins, infirmières et autres... j'ai réussi à faire abstraction de tout ça, me concentrer sur ma respiration, et à faire de cette naissance un joli moment. Mon homme a pu venir auprès de moi me soutenir, et c'était important. Enfin, Charlie a poussé son premier cri, plutôt en colère d'ailleurs, qu'on soit venus le déloger. Il a été placé dans les bras de son papa, et on nous a laissé regarder... "C'est un garçon!" Il est resté longtemps avec nous, très calme et attentif, j'ai pu l'admirer, le caresser, lui parler, tout ce que je n'avais pas pu faire avec Pâquerette. 

Notre petit garçon était en pleine forme, il avait 10 doigts, 10 orteils et c'était le plus beau des bébés.

Bienvenue au monde petit Noé!